Aux portes du paradis

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Le 06 mars 2005
Anne Liardet n’est plus, à l’heure où nous écrivons ces lignes qu’à quelques encablures des Sables d’Olonne. Fatiguée, « mais pas autant que le bateau » selon ses dires, la jeune femme a vu tous ses efforts pour arriver avec la dernière marée réduits à néant. La faute aux actions conjuguées d’un vent mal établi en force et en direction et à mille et un soucis techniques bien explicables après un périple de 24 000 milles. Entre pilote, drisses et bosses de ris récalcitrants, Anne a passé une dernière nuit en mer bien occupée. Sans compter les petits contre bords tirés face au vent pour atteindre la latitude des Sables qui ont considérablement entamé la vitesse de progression de Roxy vers la ligne.
«Je n’ai pas réussi à grimper aussi nord que j’espérais. J’ai un gros flux de Nord Est dans le nez et je dois encore tirer des bords. » Le final d’Anne Liardet dans ce Vendée Globe ne sera donc en rien différent de ce qu’auront vécu ses prédécesseurs. Du Nord Est, plus ou moins violent, obligeant des concurrents épuisés à lutter toujours et encore pour passer une ligne bien exigeante. La boîte à outils a de nouveau été, une dernière fois sollicitée. « Il est temps qu’on arrive, Roxy commence à en avoir ras le bol… ». A terre, enfants, famille et amis sont à pied d’œuvre, prêts à accueillir avec chaleur et émotion la première femme de ce Vendée Globe 2004/2005, onzième du classement général, et troisième femme de l’histoire après Catherine Chabaud et Ellen MacArthur à boucler classée cette course.

Raphaël Dinelli (Akena Verandas) navigue par le travers du cap Finisterre. La route très Ouest qu’il a choisie après l’équateur lui offre un bon boulevard vers la latitude des Sables. Problème : comment réduire son décalage en longitude avec la ligne d’arrivée sans risquer de se faire happer par l’immense « langue » anticyclonique qui s’étale de l’Irlande à Madère ? Raphaël continue d’engranger le milles. « Je pense qu’il me faudra traverser la dorsale à hauteur de la Manche pour redescendre avec du Nord Est » explique t’il, en redoutant toutefois le fort ralentissement attendu d’ici 48 heures à l’approche du centre des hautes pressions. Raphaël reste prudent quant à sa date d’arrivée. Il envisage aujourd’hui davantage jeudi prochain…

« Je ne sais pas comment je vais terminer ce dernier tronçon…» Karen Leibovici (Benefic) doit faire face à une nouvelle difficulté technique, bien mal venue au moment où la jeune femme entre dans un fort flux de Sud Est, certes propice à la vitesse, mais suffisamment puissant pour mobiliser toute son énergie et toutes les capacités de son bateau. 35 nœuds de vent, mer croisée, et voilà le pilote principal qui décroche, incapable de reconnaître l’angle de barre. « Une telle réparation est impossible à effectuer en mer » constate Karen avec amertume. A 60 milles par le travers de l’île Santa Maria dans l’Est des Açores, Benefic est ballotté par les éléments. Karen qui souffre toujours stoïquement de fortes douleurs au dos doit à nouveau barrer pour maintenir vitesse et stabilité. Elle a dans le même temps réussi à fixer un petit pilote de rechange, dans l’attente d’une solution concoctée par son équipe à terre.
dvdb
Eléments associés
Skippers Karen Leibovici
Raphael Dinelli
Anne Liardet

Photos

Depart course 3Bapteme Roxy 5Bapteme Roxy 2Liardet et De Villiers et Guedon