Plus que deux…
Après l’arrivée forte en émotions hier d’Anne Liardet (Roxy), onzième du Vendée Globe 2004/2005, ils ne sont plus que deux concurrents à lutter encore dans des conditions difficiles à moins de 900 milles de la ligne d’arrivée. Karen Leibovici, Karen Courage, se bagarre sur tous les fronts à moins de 200 milles dans le Nord Est de l’archipel des Açores pour ramener coûte que coûte son Benefic aux Sables d’Olonne ; sur le front de la météo d’abord, dans du vent fort et sur une mer épouvantable, sur le front des avaries ensuite, qui s’accumulent sur le vaillant voilier après 120 jours de mer, et sur le front de la souffrance physique enfin, que Karen endure avec un stoïcisme qui force l’admiration. Raphaël Dinelli(Akena Verandas) postule avec de plus en plus d’impatience à la douzième place de ce Vendée Globe. Douzième, donc classé. Une belle victoire sur lui même et sur le destin après deux tentatives infructueuses (abandons en1996 et 2000).
A deux reprises cette nuit, la force des vagues arrivant par le travers a couché Benefic à l’horizontal. Karen Leibovici navigue cap vers la pointe occidentale de l’Espagne et le Golfe de Gascogne dans du vent fort, très fort de secteur Sud Est. « Peut-être l’un des plus gros coup de vent que j’ai connu depuis le départ » reconnaît-elle. La vitesse est au rendez-vous pour la jeune femme qui aligne de belles journées vers l’arrivée. Mais le prix à payer semble exorbitant en souffrance et en dureté après 4 mois de mer. Le pilote de secours peine à résister à la force des éléments et la jeune navigatrice doit souvent barrer, sollicitant davantage encore son dos meurtri. Malgré la douleur, malgré les avaries qui se multiplient, Karen continue de réagir en marin, lucide à sa navigation, vigilante aux cargos qui croisent en nombre devant son étrave, et plus décidée que jamais à gagner mille par mille son ticket d’entrée aux Sables d’Olonne. La navigatrice attend un peu de répit ce soir, avant l’arrivée d’une dépression assez musclée en milieu de semaine. A 900 milles de l’arrivée, ce passage de vent fort pourrait propulser Benefic jusqu’à la ligne d’arrivée dimanche prochain…
Raphaël Dinelli ne cache ni son impatience d’arriver ni sa perplexité devant les options de route qui s’offrent à lui ; la première l’incite, à l’instar d’un certain Vincent Riou le mois dernier à remonter le plus nord possible dans le refus de la dorsale anticyclonique qui barre la route de la Vendée. Un choix cher en milles et éloigné de la route directe, mais riche de la promesse d’un long bord travers au vent vers l’arrivée une fois le Nord Est touché. La seconde solution consiste à anticiper et « couper le fromage » en tirant des bords vers l’arrivée dans des vents instables. Une alternative plus courte, mais aussi plus lente. Raphaël puise en attendant l’heure du choix dans ses réserves physiques. Les passages de grains, encore nombreux, l’obligent à multiplier les manœuvres et la proximité des cargos l’incite à beaucoup veiller au radar. Son puits de dérive bâbord continue de faire de l’eau. Raphaël s’astreint à de longues séances d’écopage qui accentuent encore sa fatigue. Akena Verandas, à 500 milles des Sables d’Olonne ; ETA vendredi prochain ?
dvdb
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