A guetter les stratus, à lorgner les nimbus
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Aujourd’hui la météorologie est devenue une donnée fondamentale de la course au large. Les navigateurs ont accès à des banques de données qui leur permettent de négocier au mieux les prochaines heures… Anticiper les trajectoires et ne plus les subir sont devenus les leitmotivs de tous ceux qui se battent pour le podium.
«Tous les navigateurs ne manifestent pas le même intérêt pour la question ». Jean-Yves Bernot, qui intervient comme conseil auprès de plusieurs skippers du Vendée Globe témoigne de la diversité des parcours des solitaires : « Il y a ceux qui se passionnent pour la science météorologique en tant que telle, ceux qui ont un parcours de régatier, ceux qui ont une formation scientifique, ceux qui ont déjà un tour du monde dans les pattes. On ne peut pas faire de classification hâtive. » D’autant que la règle du jeu est claire : il s’agit moins de former des skippers à la météorologie que de leur donner les outils nécessaires pour avoir les analyses stratégiques les plus pertinentes. Le rôle du routeur étant ensuite de s’adapter : « Sur le Vendée Globe, le routage est interdit. Il s’agit donc de leur donner le maximum de clés pour qu’ils puissent décrypter les situations auxquelles ils sont confrontés… Dans ce cas, on s’appuie beaucoup sur ce qu’ils ont vécu. Dans les mers australes, on a pas mal de données constantes, on travaille presque plus sur les situations de transition… » Et pour ceux qui n’y sont jamais allés ? « La principale préoccupation est plutôt d’évacuer les appréhensions légitimes qu’ils peuvent avoir… mais l’expérience est bien évidemment un atout unique. D’autant qu’il ne faut jamais perdre de vue le but ultime : pour chaque navigateur, c’est bien de choisir une route et de faire une évaluation correcte des prises de risques stratégiques. »
Des relations uniques
Pour Jean-Yves Bernot, les relations qu’il entretient avec chaque skipper ont toutes un caractère unique : « On se connaît tellement, depuis si longtemps maintenant… Il y a ceux qui sont très analytiques et ont besoin d’avancer marche par marche. Quand d’autres vont être très synthétiques avec parfois le risque de louper un maillon de la chaîne. C’est à moi de m’adapter… » Il reste que pour celui qui les connaît sur le bout des isobares, certains ont une petite longueur d’avance dans ce domaine… « Des garçons comme Michel Desjoyeaux, Vincent Riou ou Sébastien Josse sont particulièrement performants. Ils ont une grosse rigueur d’analyse et la prise de décision relève chez eux presque de l’automatisme. Quand on commence à avoir quarante ou cinquante jours de mer dans les pattes et que la fatigue commence à se faire sentir, cela peut devenir un atout décisif… »
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