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Retour à la case départ : un peu d'histoire

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par Patrice Carpentier
© DPPI / Vendée Globe
 
Le mercredi 12 novembre 2008 à 12:30

A chaque départ de Vendée Globe ponctué par le mauvais temps, des voiliers ont dû retourner aux Sables. Pour certains ce fut une escale technique et pour d’autres l’abandon. Rétrospective...

1989. Par un froid de canard mais sous un soleil resplendissant, les 13 pionniers traverseront le Golfe de Gascogne comme une lettre à la poste, poussés par un alizé descendu du Grand Nord. Seul retour à la case départ : celui de Jean-François Coste, le skipper de Cacharel (l’ex-Pen Duick III). Son pilote hydraulique pose problème. Il repartira rapidement et cette fois sans oublier ses cartes marines comme cela faillit se produire la veille. Pierre Follenfant sur Charente Maritime aurait pu lui aussi faire demi-tour pour réparer son safran endommagé, mais il choisit de continuer et fit tout le tour ainsi.
 
1992. Des 15 engagés, il en manque un à l’appel, l’Américain Mike Plant. Son bateau, Coyote, fut repéré à l’envers au nord des Açores le jour du départ du deuxième « Vendée ». Mike n’était pas à bord et ne sera jamais retrouvé. La course partit le 22 novembre par un temps printanier mais on savait que ça n’allait pas durer. Les jours qui suivent sont une litanie d’avaries. Jean-Luc Van Den Heede doit rentrer car un de ses haubans joue les filles de l’air, et de l’eau rentre au niveau de la fixation de la quille. Philippe Poupon lui emboîte le pas pour des problèmes de quille également. Quelques heures après, on apprend le démâtage de Cacolac, skippé par Yves Parlier. Le lendemain, Vittorio Malingri fait demi-tour, cloisons de ballasts cassées. Thierry Arnaud s’est fait peur, ses voiles sont endommagées et il rentre également. Plus grave : en fin d’après-midi, mercredi la balise de détresse du Britannique Nigel Burgess est activée. Le lendemain, le corps du skipper de l’ex-Charente Maritime sera retrouvé sans vie non loin de son bateau à la dérive. Le Vendée Globe est dans la tourmente. Tous les éclopés reprendront néanmoins la course inclus Parlier dont le Cacolac a été doté d’un nouvel espar. Tous, sauf Loïck Peyron dont le Fujicolor est délaminé et Thierry Arnaud. Précisons que VDH et Poupon avaient terminé sur le podium de ce Vendée remporté par Alain Gautier.
 
1996. Dans des conditions météo similaires à celles du début de semaine, le Britannique Tony Bullimore, en panne de pilote automatique, avait été le premier à rentrer aux Sables. Puis ce fut le tour du bateau de Nandor Fa, quille défaillante, de Didier Munduteguy bateau démâté, de Thierry Dubois, coque endommagée. Les quatre navigateurs sont repartis, mais le Hongrois, décidément poursuivi par la scoumoune dut rentrer une seconde fois en Vendée en raison d’une collision avec un cargo. Il finira par jeter l’éponge, ainsi que Munduteguy.
 
2000. Le temps était si mauvais que le départ fut retardé de trois jours. Les voiliers « dégolfaient » tranquillement sauf le Groupe 4 de Mike Golding démâté. L’Anglais repartit beaucoup plus tard des Sables et doubla une partie de la flotte pour finir en belle position, comme Yves Parlier huit ans auparavant. Deux autres navigateurs auront fait un bref passage à la case départ : Roland Jourdain, pour soigner une dent cassée et remplacer une drisse de gennaker et le Belge Patrick de Radiguès en raison de problèmes électriques. Le skipper de Sill reviendra rapidement aux avant-postes et finira 3ème. Pour Patrick la course s’achèvera prématurément sur une plage portugaise. 
 
2004. Départ par force 2 et traversée du Golfe de Gascogne à pleine vitesse au portant. Le rêve ! Aucun des 20 engagés ne repasse par la case départ.
 
Patrice Carpentier