Maintenant que les conditions sont devenues plus faciles, on a le droit de se laisser un peu aller. Juste un peu, sans baisser la garde, les sens toujours aux aguets. On perçoit tout à coup les engourdissements, les courbatures et ce besoin de sommeil que l’on avait oublié depuis le départ. Comme si le corps, négligé dans la tempête, se remettait tout d’un coup à exister, avec des exigences toutes simples que l’on redécouvre : manger, dormir. Revient aussi l’envie de penser à soi et de se faire plaisir. Alors rien de mieux qu’un bon poulet au curry avant d’aller faire une petite sieste.
Ce besoin de récupérer est autant dans le corps que dans sa tête. Pour retrouver la paix. Il y a trois jours maintenant, c’était encore la guerre avec les chocs, les coups, la peur de la casse ou de l’accident.
Ainsi l’adrénaline. Si la survie n'est qu'une question de secondes, sa sécrétion instantanée accélère l'enchaînement d'actions vitales gérées en automatique par le cerveau. Les endorphines y anesthésient les sensations douloureuses et paralysantes. Ce n'est que plus tard, avec le retour de la douleur, que l'on comprendra la pertinence de gestes dont on a, souvent, aucun souvenir. Parfois la violence de la réaction de l'organisme est telle qu'on se réveille le lendemain avec une jaunisse ou les cheveux blancs.
Ces hormones naturelles de lutte contre le stress accentuent la résistance au sommeil, améliorent l'assimilation des aliments, apportent plus d’énergie aux muscles et au cerveau, stimulent l’éveil et la clairvoyance. La performance physique est meilleure avec une perception des situations plus claire et plus rapide. Les prises de décisions sont bien adaptées et immédiates.
Car il y a aussi le mauvais, le stress paralysant quand l’anxiété sous-jacente submerge et bloque l’esprit. Habitués à vivre dans des conditions plutôt rudes, les concurrents savent ne prendre que le bon.
Dr Jean-Yves Chauve