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Résumé Semaine 7 : Noël au Tison

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par Patrice Carpentier
© MICHEL DESJOYEAUX / FONCIA / Vendée Globe
 
Le dimanche 28 décembre 2008 à 16:13

Tous les navigateurs encore en course dans le Vendée Globe ont essuyé du très mauvais temps ces derniers jours, que ce soit dans l’Océan Indien en queue de la flotte ou dans le Pacifique pour les premiers. Ils ont croisé  à un moment ou un autre de la semaine des conditions extrêmes face auxquelles il n’y a plus grand-chose à faire sinon le dos rond en attendant une relative accalmie. Deux voiliers, BT et Algimousss, culbutés mâts dans l’eau par des déferlantes, ont été sévèrement endommagés. Deux barres de flèche bâbord ont cédé sous la pression sur le mât du voilier canadien. A bord de BT, Sébastien Josse déplorait vendredi des dégâts structurels et, plus grave, un safran hors d’usage. Le Français qui a occupé le devant de la course depuis le départ fait route au nord vers des conditions plus calmes afin d’établir un diagnostic et décider de son avenir dans la course. Quant à Derek Hatefield en route à vitesse lente vers la Tasmanie il devrait signifier son abandon incessamment.

Sébastien a donc disparu de la bande des quatre mousquetaires du peloton de tête toujours emmené par le magistral Michel Desjoyeaux (Foncia), suivi comme son ombre par un Roland Jourdain (Véolia Environnement) déterminé et un Jean Le Cam (VM Matériaux) inoxydable. Entre ces trois là les écarts n’ont quasiment pas varié depuis la semaine dernière et demeurent infimes à l’échelle du chemin parcouru et… qui reste à faire (10 000 milles !). Derrière le trio situé presque à mi-distance entre la Nouvelle Zélande et le Cap Horn, le couple des inséparables, Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) n’a pas non plus perdu un mille sur le premier. Leur objectif est clairement de se maintenir sur les talons des leaders jusqu’au Cap Dur (passage prévu le 4 janvier, dixit Vincent) et si possible plein potentiel afin de jouer leur va tout dans la remontée de l’Atlantique. Ce ne sera plus un tiercé mais un quinté... de la « Vallée des Fous », entendez de Port la Forêt ou de ses environs. 


Deux femmes dans les dix premiers.

Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), lui aussi héros de la première moitié du Vendée avait perdu un temps considérable à remettre en état de fonctionner son safran tribord endommagé lors d’une collision survenue au sud de l’Australie. Il a réussi à en recouvrer l’usage, ce qui lui permet de conserver sa place de septième, et à tenir la distance (environ 1 100 milles de retard sur Desjoyeaux) en dépit des calmes (il est bien le seul) lancinants dans le sud et une réparation qui ne le satisfait pas encore complètement. La britannique Samantha Davies, décidément un ravissement dans cette course par son éternelle bonne humeur et sa cadence sur l’eau digne des « grands » malgré l’âge de son bateau (8 ans), certes un fameux destrier puisqu’il s’agit de l’ancien PRB deux fois vainqueurs du Vendée, s’est rapprochée du « Grand Blond ». Marc Guillemot (Safran), neuvième, a effectué une halte technique hier à Sandy bay dans l’île d’Auckland au sud de la Nouvelle Zélande. Il en est reparti douze heures après avec désormais l’usage de son entière grand-voile. Il ne serait pas étonnant que « Marco » cravache de nouveau à bord de son bolide et rattrape le temps perdu. Au classement de 11h ce matin, Dee Caffari avait ravi la place de dixième à son compatriote Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) qui consacre la majorité de « ses loisirs » à réparer son bateau. Arnaud Boissières (Akena Vérandas) s’est invité au mano-mano britannique et espère bien lui aussi intégrer le Top-Ten. Notons là encore que leur retard sur le premier s’est peu creusé en une semaine. Il est d’environ 2 000 milles. Des 18 bateaux toujours en course, peut-être deux de moins avant longtemps, on note plus en arrière le bon comportement du discret Steve White, 13ème sur sa vieille monture, et les soucis à répétition de Dinelli qui ferme la marche 4 624 milles derrière Desjoyeaux.



Une distance à la hausse.

Vous avez sans doute été surpris de voir la distance au but se rallonger entre le classement d’hier et celui d’aujourd’hui. La raison en est que celle-ci a augmenté avec le déplacement des portes dans le nord pour s’éloigner des glaces à la dérive. En effet, plus vous serrez la corde antarctique en se rapprochant du pole sud plus vous réduisez la route à faire en direction du Cap Horn, car – ne l’oublions pas - la terre est ronde. A contrario plus la route à suivre est nord, plus vous la rallongez. Or donc, il fallait recalculer la route théorique avec le nouveau placement des deux dernières portes « Pacifique ». Le supplément flirte avec les 450 milles, rien de moins. C’est pourquoi nous n’indiquons pas la progression des voiliers… puisque la distance au but a changé en fin de semaine.

Patrice Carpentier