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Résumé semaine 11 : A chacun son vent

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par Patrice Carpentier
© SAM DAVIES / ROXY / Vendée Globe
 
Le dimanche 25 janvier 2009 à 18:40

A l’issue de la 11ème semaine de course, soit 77 jours de navigation, Michel Desjoyeaux est toujours solidement ancré à la première place à bord de Foncia. Il a même profité d’une météo hasardeuse en zone équatoriale pour accentuer encore un peu plus son avance sur Roland Jourdain désormais à égale distance (environ 500 milles) entre le premier et le troisième, Armel Le Cléac’h, skipper de Brit Air.

L’arrivée de Foncia aux Sables d’Olonne est prévue dans une semaine et on voit de moins en moins ce qui pourrait contrarier la victoire promise – la seconde de Michel - sinon un pépin technique. Avec les mêmes réserves on peut penser que l’ordre du podium gagnant est acquis. Seul, Marc Guillemot, auteur d’une navigation audacieuse près des côtes brésiliennes, peut encore inquiéter Le Cléac’h au bénéfice du temps rendu (lire plus loin) mais la grand-voile de son Safran diminuée au second ris ne saurait l’y aider.
 
D’une Anglaise à l’autre
La grande perdante de la semaine a été sans conteste Samantha Davies. Auteur d’un parcours époustouflant dans les mers australes la jeune et charmante skipper de Roxy subit les affres d’un Atlantique Sud décidément imprévisible. Pendant que Marc Guillemot lui faisait l’intérieur en touchant des vents salutaires près des côtes brésiliennes, et que ses compatriotes revenaient à toute vitesse par l’arrière, la blonde Samantha a fait du sur place. De la quatrième place dimanche dernier 330 milles devant le cinquième, Safran, Roxy a non seulement perdu une place durant la semaine mais concédait plus de 80 milles au nouveau quatrième. Surtout elle a vu son avance sur Bahrain Team Pindar et Aviva, respectivement 6ème et 7ème, fondre littéralement. La grande gagnante de la semaine est l’autre Anglaise, Dee Caffari, toujours collée au basque de son compatriote Brian Thompson. Malgré une grand-voile en lambeaux qui nécessite une attention de tous les instants et menace de se délaminer totalement, le jaune Aviva piloté par Dee qui a fêté ses 36 ans vendredi, a connu une progression record. Le plan Owen Clark a été tout simplement le voilier le plus rapide de la semaine. Il a repris respectivement 437 milles à Foncia et …plus de 700 nautiques à Roxy. Dee et Brian qui pilotent des voiliers tout nouveaux et donc plus véloces que le «vétéran» Roxy sont désormais une menace pour Miss Davies. Ajoutons que dans leur envolée Brian et Dee ont abandonné l’infortuné Arnaud Boissières (Akena Vérandas). Le pauvre «Cali» a perdu une place et … près de 500 nautiques en distance au but sur ses deux compagnons de route. Devrait-on en conclure que les vétérans du Vendée, Roxy et Akena ont sensiblement le même âge, ont été les parents pauvres de cet Atlantique Sud ?


Temps rendus
Rappelons que trois concurrents ont été crédités par le jury de la course d’une restitution de temps correspondant à la période portée au secours de concurrents en difficulté. Marc Guillemot et Samantha Davies déroutés par la direction de course pour porter assistance à Yann Eliès gravement blessé à bord de son Generali ont été crédités respectivement de 82 et 32 heures et Armel Le Cléac’h qui est intervenu au sauvetage de Jean Le Cam a été crédité de 11 heures. Ce temps rendu sera soustrait de leur temps de course à l’arrivée aux Sables d’Olonne mais peut d’ores et déjà se comptabiliser dans les écarts qui séparent les compétiteurs. Certes avec prudence, car la distance équivalant à une heure de course est sacrément variable. Disons que Marc Guillemot et Samantha Davies sont concernés au premier chef, l’un vis-à-vis d’Armel Le Cléac’h, l’autre vis-à-vis des ses deux compatriotes de plus en plus pressants.

Statistiques
Durant la semaine écoulée, Foncia a parcouru 1513 milles en rapprochement au but à 9 nds de moyenne contre 1 950 milles a porter au crédit d’Aviva. Il aura fallu 15 jours et deux heures à Michel Desjoyeaux pour rallier l’équateur depuis le cap Horn, soit 21 heures de moins que le temps – record – effectué par Vincent Riou voici quatre ans. Au moment de pénétrer l’hémisphère nord, il restait à Foncia 14 jours pour atteindre la ligne d’arrivée (soit le 4 février en fin de journée) en avance sur le temps réalisé par le skipper de PRB en 2005. Tout porte donc à croire que le record va être battu… par un bateau parti avec presque deux jours de retard des Sables d’Olonne et qui aura parcouru une distance théorique plus longue de 1 100 nautiques. Pour la seconde semaine consécutive, le Vendée Globe n’a connu aucun abandon. Ils sont toujours douze solitaires en compétition. Steve White, neuvième, a franchi le cap Horn lundi en fin de journée. L’Américain et vétéran de l’épreuve, Rich Wilson, devrait en faire de même demain, alors qu’au même moment Dinelli et Sedlacek, toujours ensemble, franchiront la dernière porte du parcours dans le Pacifique austral à 7 000 milles du tableau arrière de Foncia. 

Patrice Carpentier