Vendée Globe

L’archipel des Açores

L’archipel des Açores
© ©D.R./Wikipedia
Le 26 janvier 2009

Découvert par un Arabe au service du roi Roger II de Sicile en 1154, l’archipel des Açores a été colonisé par les Portugais au 15ème siècle, après moult passages de tous les marins-explorateurs anglais, hollandais, espagnols, belges, français... essentiellement pour en faire une escale entre l’Amérique et l’Europe. La chasse à la baleine devint rapidement la ressource essentielle des Açoriens qui se firent une réputation dans le monde entier en émigrant ensuite en Californie, au Brésil, aux Bermudes ou à Nantucket, comme le raconte Herman Melville dans Moby Dick.  

Les plus grands navigateurs ont laissé la signature de leur passage à Horta (île de Faïal), et il est devenu une tradition que chaque bateau marque son empreinte d’une peinture sur les quais de la marina. Et tout marin se doit de boire un verre chez Peter, dans le célèbre Café Sport ouvert depuis 1918, qui mélange boîtes aux lettres pour navigateurs, et souvenirs gravés sur des dents de cachalot (scrimshaw). Mais hors de cet accueil chaleureux et de la gentillesse des Açoriens, l’archipel mérite le détour pour ses paysages étonnants, festival floral dû au climat mais aussi aux voyageurs qui ramenèrent l’araucaria chinois, le tulipier de Virginie, le jaracanda du Brésil, le camphrier japonais, le kapokier ou le guinko. C’est un véritable jardin qui sort de l’océan où l’ananas, le tabac, la vigne, la grenade, la banane poussent au milieu des haies d’hortensias et des forêts d’azalées. Plages de sable noir, fumeroles de sources thermales, jaillissements de boue brûlante côtoient les maisons de basalte noir chaulé de blanc, les églises aux frontons de pierres sculptées, les criques bordées de falaises où se nichent de minuscules ports de pêche.

 

Un archipel volcanique

À 800 milles des côtes européennes, l’archipel des Açores marrie des paysages aussi splendides que diversifiés et l’accueil chaleureux d’insulaires pour qui la mer fut autant ressource avec la chasse à la baleine que source de contact avec le continent. Les plaisanciers qui se détournent de leur route pour rallier les Açores sont en effet plus nombreux que les touristes venus par avion visiter cet étrange amalgame d’îles déchiquetées, verdoyantes, dispersées en trois agglomérats aussi éloignés les uns des autres que Brest-Le Havre. Orienté Est-Ouest, l’archipel est formé de pics volcaniques récents (4 millions d’année) et encore en activité, la péninsule de Capelinhos à Faïal ayant émergé de l’océan il y a cinquante ans !



Situé au milieu de l’Atlantique, par des fonds de plus de 3 000 mètres, l’archipel “champignone” littéralement hors de la mer en culminant à 2 352 mètres à Pico. Positionné entre le 37° et le 40° Nord et le 25° et le 31° Ouest, il est caractérisé par un climat doux, humide qui n’est pas sans rappeler la Bretagne avec des températures moyennes minimales de 8° et maximales de 25°. La meilleure saison est donc l’été, où l’anticyclone des Açores est relativement bien installé sur les îles.

 

Au milieu de l’Atlantique

Île la plus à l’Est, Santa Maria fut la première colonisée et servit de plate-forme atlantique pour l’aviation lors de la dernière guerre. Elle se caractérise par ses longues plages de sable fin et ses nombreux fossiles marins enfouis dans les sédiments. La plus grande et la plus peuplée, Sao Miguel est constituée de falaises abruptes, entièrement volcaniques. Ses nombreuses églises décorées de magnifiques azulejos (mosaïques de carrelages à dominante bleue), se cachent derrière les jardins exotiques où les eaux des Sept Cités entretiennent la légende de l’Atlantide avec ses deux lacs jumeaux, l’un vert, l’autre bleu, blottis au fond d’un cratère immense.



L’île lilas, Terceira, raconte l’histoire de l’archipel, ses luttes pour l’indépendance et ses abordages de conquérants. Elle est parsemée d’imperios, ces minuscules chapelles aux couleurs vives qui abritent la nourriture offerte au Saint Esprit, et colonisée par le célèbre vignoble Biscoitos où chaque cep est entouré d’un muret de lave violette. Pico, c’est le grandiose volcan encore en activité qui culmine à 2 352 mètres, mais aussi les anciens ports baleiniers de Lajes do Pico ou de Sao Roque. Sao Jorge est quant à elle, une île en forme de mur sorti de l’eau, long de 25 milles pour seulement 4 milles de large. Graciosa, la gracieuse, égayent ses floraisons aux couleurs vives de moulins à vent peint de blanc aux coupoles rouges.

 

Faïal, l’île bleue couverte d’hortensias, fut depuis toujours un lieu d’escale et de relais : Lindbergh, Slocum, les baleiniers, l’observatoire météorologique, le relais télégraphique entre l’Europe et l’Amérique. Près d’un millier de navires accoste chaque année à Horta, le port principal de Faïal, dotée d’une marina bien équipée, abritée et fort sympathique. Le quotidien local publie d’ailleurs le nom de chaque bateau en escale car l’arrivée d’un voilier aux Açores est toujours un événement pour ces 240 000 Portugais éloignés de toute route commerciale, qui vivent principalement de l’agriculture depuis l’arrêt de la pêche à la baleine.

 

Florès est l’un des plus beaux jardins botaniques avec ses 850 plantes vasculaires dont la cubre jaune qui parsème les chemins. Enfin, Corvo est l’île la plus isolée où seuls 500 personnes vivent en totale autarcie. Les neuf îles préservées des bousculades et des tremblements du monde, conservent leurs traditions et leurs fêtes religieuses, sans manquer de l’esprit d’ouverture qui sied à tous gens de mer.

 

Dominic Bourgeois

 

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