Vendée Globe

Résumé semaine 14 : Marc et les Anglais(es)

Résumé semaine 14 : Marc et les Anglais(es)
© JEAN MARIE LIOT / DPPI / Vendée Globe
Le 15 février 2009

La quatorzième semaine du Vendée Globe a démarré par une fort mauvaise nouvelle : lundi, Safran perd sa quille. Du coup, Marc Guillemot qui possédait dimanche une centaine de milles d’avance sur la britannique Samantha à 1280 milles de la ligne d’arrivée et voguait assuré d’une place de troisième, se trouvait confronté à une situation complètement imprévue : celle de tenter de rallier la Vendée sans sa quille. Chemin faisant, Roxy l’a bien évidemment dépassé pour franchir l’arrivée samedi très tôt le matin, mais le navigateur trinitain, désormais talonné par les deux autres britanniques, Brian Thompson et Dee Caffari, faisait le maximum pour atteindre Les Sables avant 3h41 lundi et «sauver» son podium grâce à sa compensation pour être venu au secours de Yann Eliès (Generali). Suspens et arrivée groupée.

Safran perd sa quille
Marc Guillemot signale lundi 9 février une avarie sérieuse à bord de Safran, au niveau de la quille, après avoir remarqué que cette dernière avait du jeu dans sa boîte et était descendue de quelques centimètres.
En fin de matinée, Marc Guillemot téléphone à son équipe technique pour l’avertir qu’il a perdu sa quille. Marc Guillemot a rempli les ballasts de son monocoque pour descendre le centre de gravité au maximum et navigue sous 3 ris et foc de route. Il a décidé de continuer la course coûte que coûte. La cause de la rupture de l’appendice du voilier gris provient vraisemblablement de la collision survenue le 11 décembre avec une baleine alors que le voilier situé du côté des Kerguelen filait à 20 nœuds. En toute fin de la semaine dernière, la quille affichait un jeu inquiétant et était descendue de quelques centimètres. Marc Guillemot avait réussi à sécuriser l’appendice par plusieurs brêlages en textile, reliant la tête de quille au mât et au winch de mât. Et puis la quille s’est cassée en sortie de coque et repose désormais au fond de l’Atlantique.

Un étau qui se resserre
La bonne nouvelle pour Marc est que la mer se calme et que le vent mollit. Il s’oriente toutefois à l’Est obligeant à tirer des bords. Ce qui fait les affaires de Bahrain Team Pindar et Aviva qui reviennent par l’arrière poussés par une brise plus favorable. Pendant ce temps, Samantha Davies qui a dépassé l’infortuné Français dans la soirée de lundi profite de meilleures conditions et se rapproche à belle allure de l’arrivée même si elle doit elle aussi faire un arrondi par le nord. Au moment ou Roxy, 3ème, franchit la ligne le samedi 14 février 2009 à 00:41 TU au terme de  95 jours 4 heures 39 mn et1 sec de navigation - ayant parcouru la distance réelle de 27 470 milles nautiques à la moyenne de 12 nœuds - Safran se situe à environ à 250 milles du but et progresse sur un cap bien loin de la route directe en raison du vent de face. Les deux autres anglais ont continué de se rapprocher mais contre toute attente, le skipper breton, sûrement rivé à la barre de son quillard devenu dériveur et malgré une grand-voile amputée de la moitié de sa surface, arrive à garder ses distances. Au pointage de ce matin 11 heures, à 97 milles des Sables d’Olonne, il possède encore 32 milles d’avance et affiche un cap et une vitesse identique au porte avions bleu de Thompson suivi comme son ombre par le jaune Aviva, 45 milles plus loin. A ce régime là, Marc était donc en mesure de réussir l’exploit de sauver son temps compensé sur Samantha Davies et plus sûrement de précéder les deux autres britanniques.

Bientôt plus que 5 voiliers en course
Demain soir après une arrivée étonnamment serrée entre trois bateaux à l’issue d’un tour du monde qui en sera à son centième jour, il restera cinq voiliers en course. Arnaud Boissières, 7ème, était, au pointage de 11 heures ce matin, encore à 1337 milles de l’arrivée. C’est dire si le skipper d’Akena Verandas qui avait franchi le Cap Horn en compagnie de Thompson et Caffari en aura bavé sur cette remontée de l’Atlantique. Steve White, autre sujet de Sa Majesté, ne devrait pas le menacer car il lui concède 500 milles, quand même 250 de moins que dimanche dernier. L’écart, 1 500 milles, entre le skipper de Toe in the Water et l’Américain Rich Wilson (Great American II), 9ème à 3 386 milles du but n’a pas changé. Quant à Raphael Dinelli, il possède toujours son pécule de 350 milles d’avance sur Sedlacek, 11ème et lanterne rouge de la course, à 4 900 milles de l’arrivée.

Patrice Carpentier

 

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