Arrivées inédites
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par Patrice CarpentierVincent Riou remarquait ce week-end : «Il y a quatre ans, on ne s’attendait pas à une régate aussi acharnée jusqu’au bout (qu’il remporta). A l’inverse, cette fois, on pensait que plusieurs bateaux allaient arriver à vue et bilan, on enregistre les plus grands écarts à l’arrivée pour un podium depuis que le Vendée Globe existe ! Il y a un écart d’une semaine entre le premier et le deuxième…» Et de presque autant entre le second et le troisième. Et puis le lendemain trois voiliers arrivent en moins de 10 heures : ce qui ne s’était jamais produit sur le Vendée Globe ! Une course décidément complètement imprévisible. Retour sur des arrivées inédites.
Le jeu des compensations
Que le jury international de la course octroie une compensation à un concurrent à qui le comité de course a demandé de se dérouter pour porter assistance à un concurrent en difficulté est tout à fait normal. D’ailleurs le fait n’est pas rare en course océanique puisque le navigateur devient le mieux placé pour porter aide à l’un de ses pairs. Au premier Vendée Globe, Loïck Peyron venu au secours de Philippe Poupon dont le voilier s’est retrouvé en fâcheuse posture à l’entrée de l’océan Indien, fut crédité d’une compensation. Celle-ci relança le suspens durant la remontée de l’Atlantique quand le Baulois se rapprocha du leader Titouan Lamazou. Au final l’écart officiel à l’arrivée (déduction faite de la compensation) fut quand même de 16h et 30’
Une place de troisième convoitée
Nous l’avons dit, trois personnes se «partagent» la place de troisième dans ce présent Vendée Globe. Samantha Davies (Roxy) qui fut la troisième à couper la ligne, Marc Guillemot (Safran) qui lui ravit la place sur le podium du fait de sa compensation, avec une avance d’ailleurs infime de 1heure et 20’, et… Vincent Riou (PRB) à qui le jury a octroyé une place de 3ème ex-æquo. La place qu’il occupait sur l’eau au moment du sauvetage de Jean Le Cam, suivi d’un démâtage le condamnant à l’abandon.
47 minutes entre Thiercelin et Laurent en 1997
C’est aussi une compensation qui arbitra l’arrivée du second et du troisième en 1997. Officiellement l’écart séparant Marc Thiercelin et Hervé Laurent dépassait les 32 heures à l’arrivée. En réalité, il était bien moindre : 47 minutes. Un minima historique dans l’histoire de la course… Qui aurait pu être encore réduit. Ces deux navigateurs, en effet, avaient été crédités d’une compensation pour s’être portés à la recherche du Canadien Gerry Roufs disparu dans l’océan Pacifique : 34 heures pour Thiercelin et 2 heures 30’pour Laurent. Sur l’eau, l’écart a toujours été ténu entre les deux voiliers. En approche de la Vendée, Hervé précédait Marc. «La veille de notre arrivée, se souvient Hervé Laurent, Philippe Jeantot nous a demandé de lever le pied car la tempête soufflait sur Les Sables interdisant l’accès au port». L’organisateur avait aussi indiqué à Hervé qu’il serait préférable pour la compréhension du public que Thiercelin soit le second à couper la ligne d’arrivée car il était de toute façon officiellement second du fait de sa compensation. Il se produisit alors un événement unique dans les annales du Vendée. Hervé Laurent franchit une ligne d’arrivée qui n’était pas établie vers 23 heures le 25 février 1997 puis repartit veiller au large en attendant que Crédit Immobilier skippé par Thiercelin pointe son étrave du côté des Barges le lendemain au lever du jour. Hervé Laurent lui emboîta le pas en respectant une distance telle que chaque arrivée puisse être célébrée dans la félicité : un écart de 47’ après 115 jours de mer. En temps compensé au classement officiel, cela devint 32 heures et 17’
D’autres arrivées serrées
Il y en eut dès la première édition du Vendée. Sur 7 voiliers classés, les cinq premiers sont arrivés dans la même semaine, avec moins d’une journée entre Jeantot et Follenfant. En 1993, l’arrivée entre VDH et Philippe Poupon fut un grand moment également. Malgré son démâtage survenu au-delà des Açores, Philou fit de la résistance sous foc de fortune et artimon au point de ne concéder qu’une douzaine d’heures à Jean-Luc qui lui ravit la place de second. En 2001, Dominic Wavre et Thomas Coville arrivèrent roue dans roue, respectivement 5ème et 6ème, avec un écart de seulement 4 heures et 40’. Mais la palme de la proximité revint la même année à Bernard Gallay et Josh Hall, avec une heure de moins entre eux deux, 8ème et 9ème après 111 jours de navigation. En 2005, le trio de tête aurait pu se contenir dans un mouchoir si l’infortuné Mike Golding n’avait pas perdu sa quille à une cinquantaine de milles de l’arrivée.
Patrice Carpentier
Infos précédentes :
- 18/02/09 à 14:07 : Arrivées inédites
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- 12/02/09 à 12:00 : Les femmes du Vendée Globe
- 11/02/09 à 14:00 : Arriver
- 08/02/09 à 15:05 : Résumé semaine 13 : Le passage à niveau des Açores
- 05/02/09 à 16:03 : 2005 : Une arrivée serrée
- 04/02/09 à 14:00 : En revenir
- 03/02/09 à 11:17 : Anatomie d’un bateau vainqueur
- 02/02/09 à 11:00 : Résumé semaine 12 : La joie de Michel et la peine de «Bilou»
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