Expert Opinion

L’œil de Bernard Rubinstein : « Gabart me fait penser à Cammas »

SAILING - PRE-VENDEE GLOBE 2012 - PENMARCH' (FRA) - 23/09/2012 - PHOTO VINCENT CURUTCHET / DARK FRAME / DPPI / VENDEE GLOBE - ON
© Vincent Curutchet / DPPI

La course
« Il y a plusieurs courses dans la course. Il y a François Gabart et Armel Le Cléac’h qui se livrent un duel. Je touche du bois mais j’espère que ça va bien se terminer et qu’il n’y en a pas un qui va aller au tapis ou casser du matériel parce que le matériel souffre. Quand on fait plus de 540 milles en 24 heures dans ces conditions-là, les voiles souffrent, les structures souffrent. Et puis il y a le peloton de queue qui participe à la course mais à son rythme. »

Le duel Gabart-Le Cléac’h
« Ce qui est impressionnant c’est ce duel. C’est la première fois qu’on voit ça. La course ne devrait pas leur échapper. Ça va se jouer entre François et Armel mais la route est longue. Le Pacifique est un long océan, les bateaux ont souffert, les voiles ont souffert et tout peut arriver. Dans ces régions-là - où j’ai déjà eu la chance d’aller - rien n’est écrit à l’avance. Les vitesses enregistrées sont impressionnantes. Il y a un tel écart entre Gabart et Le Cléac’h d’un côté et Dick de l’autre… Rien n’est joué, il reste encore la moitié du parcours mais ils ont vraiment imprimé leur rythme à la course. »

Info ou intox ?
« Il y a toujours un petit jeu d’intox. Et puis on ne sait pas s’ils ont déjà eu des pépins techniques. Dans le dernier Vendée Globe, on a appris à l’arrivée de Michel Desjoyeaux qu’il avait eu des problèmes de safran et que ça avait failli être très grave. C’est vraiment l’intox, personne ne dit rien parce qu’il ne faut pas dévoiler les armes à l’adversaire. C’est toujours comme ça dans toutes les courses au large. »

Le bizuth François Gabart
« Je l’appelle le Petit Prince. C’est un gamin, il a 29 ans. C’est un mec brillant, il est ingénieur à l’INSA (ndlr : Institut National des Sciences Appliquées), il est passionné de météo, il a fait de la voile olympique, ce qui est quand même le sommet de l’exercice de la voile. C’est quelqu’un de très rigoureux, puis surtout, c’est quelqu’un qui n’a pas froid aux yeux ! C’est un bizuth. Quand vous avez déjà fait le Vendée Globe, vous avez des références. Alors que quand vous y allez pour la première fois, vous n’avez pas de références donc tout est possible. Vous n’avez pas le souvenir d’un grain qui vous a causé des problèmes de mât, par exemple. C’est un avantage et un inconvénient : vous avez l’esprit libre mais vous n’avez pas l’expérience d’un précédent Vendée Globe. Il me fait un petit peu penser à Franck Cammas en plus extraverti. »

Grégoire Duhourcau

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