04 Mars 2014 - 10h49 • 34235 vues

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Il nous avait déjà surpris il y a deux ans en se mettant debout sur la quille de son bateau en navigation. A Cadix, Alex Thomson vient de faire encore plus fort : une montée pour le moins spectaculaire… en tête de mât de son 60 pieds IMOCA Hugo Boss – sans s’assurer ! Troisième du dernier Vendée Globe après 80 jours de mer, le skipper britannique n’a pas failli à sa réputation de casse-cou en plongeant du haut de son mat. Retour sur ce pari fou.

Le nouvel exploit d'Alex Thomson© HUGO BOSS Sailing Team« Honnêtement, c’est la chose la plus stupide que j’aie jamais faite dans toute ma vie ! », a déclaré Alex Thomson, soulagé après la réussite de son incroyable ascension. Pas sûr qu’il réitère un jour l’expérience… Et pour cause, les chiffres donnent le vertige : le mât d’Hugo Boss culmine à 30 mètres de haut. Au moment où Alex a sauté dans l’eau, le bateau affichait un angle de gîte d’environ 60 degrés et progressait à 10 nœuds, dans un vent de 18 nœuds. Hauteur du saut : 12 mètres. En tout, 45 secondes se sont écoulées entre le moment où le skipper britannique a commencé sa montée et celui où il a touché l’eau. 45 secondes qui ont dû lui paraître bien longues tant le défi était osé.



Le nouvel exploit d'Alex Thomson© HUGO BOSS Sailing TeamUn exercice de haute voltige
En 2012, les images d’Alex Thomson debout sur la quille de son bateau, très chic en costume Hugo Boss, avaient fait le buzz. Fort de ce succès, le skipper britannique voulait à nouveau marquer les esprits. C’est ainsi qu’après le « keel walk », il a imaginé le « mast walk ». Le navigateur de 39 ans a longuement préparé cet exercice de haute voltige. « J’ai pris des cours de plongeon dans une piscine. Je m’entraînais à sauter de dix mètres de haut. C’était un bon test pour voir si je pouvais vraiment sauter d’une telle hauteur. Mais une fois en haut du mât, les conditions sont radicalement différentes : on n’est plus dans un environnement fermé et contrôlé mais sur un bateau lancé à bonne vitesse, avec un mât qui bouge en permanence ». On peut aussi saluer le sang-froid du barreur, Ross Daniel, et de son équipage qui devaient constamment ajuster l’angle de gîte et la vitesse du monocoque IMOCA pour qu’Alex atteigne le haut du mât le plus « facilement » possible.

Le nouvel exploit d'Alex Thomson© HUGO BOSS Sailing Team« Bien plus dangereux que je ne l’imaginais »
Malgré les entraînements et le savoir-faire des marins à bord, l’opération restait particulièrement délicate. Alex Thomson : « Nous n’étions pas certains que c’était possible. Il y avait tellement d’éléments à prendre en compte pour que ça marche : la vitesse du vent, les conditions météo, la vitesse du bateau, l’inclinaison du mât et notre capacité à communiquer durant l’ascension. Les choses auraient pu mal tourner. J’aurais pu tomber dans l’eau au mauvais moment ou au mauvais endroit, ou même chuter sur le pont du bateau. Une équipe médicale était sur place en cas d’accident. Heureusement, tout s’est bien passé, malgré mon vertige. Quelle expérience ! Je me suis beaucoup amusé. Mais c’était bien plus dangereux que je l’imaginais. Il n’y a eu qu’un seul essai et c’est amplement suffisant ». Toujours impeccable dans son costume noir, Alex Thomson a en tout cas réussi un joli coup de com’. Mais on recommandera évidemment de ne pas l’imiter ! Troisième du dernier Vendée Globe après 80 jours et 19 heures de mer, Alex compte bien repartir une quatrième fois autour du monde en solitaire. Et il ne sera pas dépaysé si, en course, il a besoin de monter en tête de mât. Mais il s’assurera cette fois.

Olivier Bourbon (Mer & Media) - Photos : Hugo Boss