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Bernard Stamm n'en a pas fini avec le Vendée Globe !

Bernard Stamm
© VINCENT CURUTCHET / DPPI / Vendée Globe

Récupération de l'épave du Cheminée Poujoulat de Bernard Stamm© DRBernard, que révèlent les expertises menées sur l'épave de Cheminées Poujoulat ?
Bernard Stamm : Nous n'avons pas encore établi de conclusions définitives. Ceci dit, nous avons rapidement constaté un problème de corrosion du matériau d'âme du composite, c'est-à-dire le nid d'abeille en aluminium. C'est surprenant car avant de quitter le Brésil, pour le convoyage retour de la Transat Jacques Vabre, nous avions fait contrôler le bateau en le passant aux ultrasons. Et tout semblait normal. Nous sommes donc certains que la dégradation s’est produite entre le début du convoyage et le moment de l’accident. Reste à savoir pourquoi et comment une corrosion si rapide a pu survenir. Pour nous et pour les autres marins, il est essentiel de comprendre très précisément les circonstances de l'incident. Il n'est pas tolérable qu'un bateau se casse en deux de cette manière. C'était déjà chaud à 150 milles des côtes, alors imaginons le même scénario dans les mers du Sud... Le point rassurant, c'est que je suis certain de n'avoir commis aucune erreur de navigation. Les 60 pieds IMOCA sont conçus pour affronter le gros temps et les mers les plus difficiles. Je sais que je n'ai pas failli et à l'avenir, je n'aurai pas de problème à retourner en course sur ces bateaux.

Parlons justement de tes projets, notamment pour le Vendée Globe 2016 !
B.S. : Oui, je travaille dur en vue de cette échéance. L'an dernier, avec mon partenaire Cheminées Poujoulat, j'avais mis en place un projet  pour participer au Vendée Globe 2016-17 à bord du bateau existant (un plan Kouyoumdjian de 2011, ndr). Le fait d'avoir perdu ce monocoque remet ce programme en question. Je repars quasiment de zéro. Aujourd'hui, j'en suis à lister les différentes possibilités, viables sportivement et économiquement : un vrai travail de bureau. Il faut bien se rendre compte de la somme de travail qu'implique une préparation au Vendée Globe. On passe quatre ans à ne penser qu'à ça. Je ne repars donc pas à la légère dans cette aventure.

CHEMINEES POUJOULAT AGROUND ON THE COAST OF PORT AUX FRANCAIS AVEC DES ELEPHANTS DE MER© THIBAULT VERGOZ / TAAF / Vendée GlobeTu as joué de malchance lors de tes trois précédentes participations au Vendée Globe. Cela accroît ta volonté de revenir en 2016 ?
B.S. : Il est vrai que je n'ai jamais été classé (abandon après neuf jours de course en 2000-01,  naufrage aux Kerguelen en 2008-09, disqualification en 2012-13). A un moment donné, ça commence à énerver (rires) ! Mon histoire avec cette course est longue mais inachevée. Je me prépare pour le tour du monde en solitaire depuis 1998. On oublie parfois que si j'ai pris le départ de trois Vendée Globe, j'en ai préparé quatre : en 2004, mon départ a été annulé après la perte de ma quille dans The Transat.  En course, j'ai à chaque fois tout donné, pour ne rien avoir à regretter. Peut-être qu'en attaquant moins, en limitant les risques, j'aurais eu moins de mésaventures. Mais mon tempérament me pousse à jouer la gagne. D'ailleurs, je reviendrai sur le Vendée Globe seulement si je suis en mesure de monter un projet compétitif permettant d'occuper les avant-postes.

Cela passe par la construction d'un bateau neuf ?
B.S. : Pas nécessairement. Je peux aussi envisager le rachat d'un bateau qui sera sur le marché. Les deux solutions ont leurs avantages et inconvénients. Construire un monocoque neuf est évidemment l'idéal. En même temps, avoir un bon bateau d'occasion permet de gagner du temps et de l'argent. Mais honnêtement, je n'en suis pas à me poser ces questions. J'en suis à essayer de monter un projet cohérent, ce qui représente déjà un travail considérable.

Propos recueillis par Olivier Bourbon / agence Mer & Média

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