26 Décembre 2014 - 11h10 • 3232 vues

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Arnaud Boissières fait déjà partie des rares marins (ils sont seulement 9 dans ce cas-là) à avoir bouclé deux Vendée Globe consécutifs. Il devrait tenter la passe de trois, car son projet avance à grands pas. Le budget d’acquisition du bateau est bouclé avec le soutien d’Aerocampus Aquitaine, reste à trouver un partenaire pour le fonctionnement. Encore une bonne nouvelle !

Parfois, prendre le métro est source de rencontres intéressantes. Dans les longs couloirs de Montparnasse, j’aperçois la silhouette de Cali (le surnom d’Arnaud dans le milieu) et lui tape sur l’épaule, sur le ton de la boutade :
- Alors Cali, ça y est tu as un partenaire, c’est bon, tu seras au départ du Vendée Globe ?
- Heu… Mais comment tu sais ça ?
- Je plaisantais, mais on dirait que j’ai tapé dans le mille…
- (rires) Ok, je vais t’expliquer…
 
Et voilà comment on se retrouve dictaphone à la main sur un trottoir parisien, à apprendre la bonne nouvelle. Arnaud Boissières sera bien au départ du Vendée Globe 2016, via le soutien d’Aerocampus Aquitaine. Interview.
 
Arnaud, faisons le point : où en es-tu de ton projet Vendée Globe?
« On est dans l’objectif d’acquérir un bateau. Je viens d’ailleurs d’en aller voir deux en Angleterre. On fait le tour des bateaux disponibles sur le marché et ça avance bien. Je n’ai pas tout le financement encore, mais une belle amorce partenariat avec Aerocampus Aquitaine. En financement pur j’ai environ 40% du budget mais j’ai aussi la possibilité d’utiliser les compétences d’Aerocampus  pour travailler sur le bateau. Un bateau plus ou moins prêt peut donc nous intéresser. Pas forcément en main d’œuvre, mais en études, en expertise, dans plein de domaines... Le deal n’est pas seulement de mettre un nom sur le bateau mais aussi de s’en servir comme support technique pour les formations proposées par Aerocampus. Entre l’aéronautique et la voile il y a beaucoup de similitudes et ça servirait aussi de tremplin, de leur côté, pour monter un campus lié au nautisme. Il y a de l’activité potentielle pour ça à Bordeaux : grosses péniches sur la Garonne, yachts de croisière, bateaux de course… Les départs de La Solitaire du Figaro à Bordeaux ont été bénéfiques dans cette prise de conscience en Aquitaine. Il y a Yves Parlier, Lalou Roucayrol… et moi-même, je suis né à Bordeaux. Il y a du savoir-faire à utiliser dans notre région.»
 
Aerocampus forme les cadres de demain dans l’Aerospatiale, c’est bien ça ?
« Aerocampus est un modèle de campus à l’Américaine, des grosses entreprises s’implantent là-bas et en même temps Aerocampus fait de la formation. Par exemple, les cadres de demain de Dassault sont en formation non pas chez Dassault mais chez Aerocampus. Pour eux c’est un vivier de main d’œuvre. »
 
AKENA 090213 2714© Jean-Marie Liot / DPPITu disais avoir 40% du financement… tu es aussi sur d’être au départ du Vendée Globe dans cette proportion-là ?
« Ah mais moi je suis certain à 100% d’être au départ depuis l’arrivée du dernier Vendée ! Maintenant, on a tous des incertitudes permanentes sur le sujet. Même en ayant le budget tu ne peux jamais être sûr à 100% d’y participer. Ce qui est sur c’est qu’aussi bien de mon côté que du côté d’Aerocampus, on n’imagine pas ne pas être au départ, maintenant. On cherche des co-partenaires pour le financement sur trois ans. Là, on a le budget pour financer l’achat du bateau - sans doute pas le plus cher du monde - mais l’idée est d’acheter un bateau au moins aussi performant, voire plus, que celui que j’avais en 2012/2013. »
 
La question des foils ? Il est urgent d’attendre ?
« Il y a déjà les grosses équipes qui travaillent dessus, qui dépensent de l’argent sur le sujet. Evidemment que ça nous intéresse puisqu’Aerocampus a les compétences pour fabriquer ce genre de pièces. On ferait une étude là-dessus sans doute en 2016. Si ça marche, pourquoi pas ? Mais nous y allons étape par étape.»
 
Une idée du calendrier pour acquérir le bateau?
« Nous en sommes à faire des propositions d’achat, j’ai des rendez-vous là-dessus. Dans l’idéal j’aimerais avoir le bateau avant le printemps 2015. Dans mes rêves les plus fous, j’achèterais bien Gamesa (l’ex bateau de Mike Golding, ndr) car je suis persuadé qu’il peut bien marcher… mais il y en d’autres, évidemment. »
 
Propos recueillis par Bruno Ménard / Agence Mer & Media