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Alan Roura, le renouveau de la voile suisse à l’assaut du Vendée Globe

Skipper Alan Roura
© Liot-Blanchet / DPPI / Vendée Globe

Alan, tu es un nouveau venu dans la course au large. Peux-tu rappeler ton parcours à ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Alan Roura : « En 2001, à 8 ans, je suis parti pour un tour du monde en famille. Ce périple a duré 12 ans. Quand je suis rentré, j’ai voulu concrétiser un rêve que j’avais depuis longtemps : courir la Mini Transat. Je me suis lancé en 2013, à bord d'un prototype entièrement en bois. J’ai participé à toutes les courses préparatoires puis terminé 11e de la Mini Transat. Dans la foulée, j’ai enchaîné avec un projet en Class40 pour la dernière Route du Rhum. La course s’est malheureusement arrêtée au bout de deux jours suite à une accumulation de problèmes techniques. »

Tu vois désormais plus grand en visant le prochain Vendée Globe. A quand remonte ta volonté de prendre part à la plus difficile épreuve qui soit, en solitaire ?
« J’y pense depuis la lecture du livre d’Ellen MacArthur (Du vent dans les rêves), il y a une dizaine d’années. Son exploit incroyable dans le Vendée Globe 2000/2001 m’a donné envie. Avant la Mini Transat, je ne me voyais pas partir dans un futur proche. Mais à l’arrivée de cette épreuve, ça a commencé à me titiller et je n’ai pas voulu attendre pour relever le défi. En fait, n’ayant pas un profil de régatier, mais plutôt d’aventurier, je ne souhaitais pas intégrer le circuit Figaro, par exemple. Je suis attiré par le grand large, seul. Alors quoi de mieux que le Vendée Globe ? La Route du Rhum en Class40 s’inscrivait dans une logique de progression, sans compter que cette course très médiatisée permet de se faire connaître. »
 
Justement, tes recherches de partenaires sont-elles en bonne voie ?
« On avance gentiment mais sûrement. Mes deux principaux sponsors de la Route du Rhum, Trianon et Eden Springs, sont prêts à me suivre. J’ai donc une petite base financière et le projet se monte. Mais ces deux sponsors ne peuvent pas fournir le plus gros du budget à réunir. Il me manque donc un partenaire principal et d’autres sponsors secondaires.  »

Ton objectif est de porter un projet 100 % suisse ?
« Oui, c’est plus vendeur en terme de communication. Pour la Route du Rhum, six petites entreprises suisses se sont associées pour me soutenir. Si ce mode de financement a fonctionné pour le Rhum, alors pourquoi pas pour le Vendée Globe ! »

« J'y crois et je fonce car tout est possible ! »

As-tu des vues sur un 60 pieds IMOCA en particulier ?
« Oui, mais je garde le nom de ce bateau pour moi (rires) ! Tout ce que je peux dire, c’est qu’il s’agit d’un monocoque de la génération du Vendée Globe 2000/2001. C’est le plus logique en termes de budget et d’objectifs. Je ne veux pas brûler les étapes, ce serait déjà une belle victoire d’être au départ puis à l’arrivée. Je pense qu’il faut commencer petit puis grandir. Faire un Vendée Globe, même en convoyage, c’est un objectif sportif énorme ! Quitte à revenir plus tard pour obtenir un meilleur résultat. »

Beaucoup de marins visent le prochain Vendée Globe mais de moins en moins de bateaux sont disponibles sur le marché de l’occasion…
« Exactement, c’est un peu la course avant la course ! C’est pourquoi j’aimerais réunir rapidement un petit budget pour louer ce bateau puis continuer la chasse au sponsor. Il est toujours plus simple de trouver des compléments de budget avec un bateau entre les mains. Dans quelques mois, tous les projets seront lancés et ça deviendra tendu. Les bateaux de la génération 2008 sont très recherchés : cela tombe bien, il ne correspondent pas à mes attentes et à mon budget espéré qui devrait s’élever à environ 900 000 euros tout compris sur deux ans, avec une participation à la Transat Jacques Vabre 2015 . J’ai pris le départ de la Route du Rhum avec 70 000 euros et il n’y a pas besoin d’aligner les millions pour finir un Vendée. J’y crois et je fonce car tout est possible ! »
 
Le public suisse se passionne-t-il pour le Vendée Globe ?
« Oui, mais avec un bémol : les participations suisses manquent de sang neuf. Pour la Route du Rhum, j’ai senti un bel enthousiasme autour de mon engagement, c’était fantastique. Plus il y aura de jeunes qui se lanceront dans la course au large, plus le pays suivra les épreuves. »
 
Propos recueillis par Olivier Bourbon / agence Mer & Média
 

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