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Fabrice Amedeo prêt à relever le défi

Fabrice Amedeo, skipper du monocoque Newrest-Matmut

Fabrice, ton bateau est à l’eau avec ses nouvelles couleurs. Ta participation au Vendée Globe se précise…
« Oui, la mise à l’eau est un moment fort dans la vie d’un projet. C’est la concrétisation du travail de l’équipe et de mon investissement depuis la Route du Rhum. Après la partie entrepreneuriale – les recherches de financements – puis la partie technique, nous démarrons la phase sportive. C’est parti, j’ai le Vendée Globe en ligne de mire. Un gigantesque défi m’attend et je me sens prêt à le relever. »

Tu as acquis en début d’année un plan Farr lancé en 2007 (pour Loïck Peyron sous le nom de Gitana Eighty). En quoi a consisté le chantier effectué avant sa mise à l’eau ?
« Il s’agissait de fiabiliser et de contrôler les points névralgiques du bateau. Ce chantier a duré un mois et nous n’avons pas fait de modifications car nous désirions aller sur l’eau le plus vite possible. De plus, ce 60 pieds IMOCA est réputé très sain. Il a bouclé la dernière Barcelona World Race (à la 3e place sous le nom de GAES Centros Auditivos, N.D.R) sans problème majeur. Auparavant, il était passé entre les mains de marins plus que talentueux : Loïck Peyron lors du Vendée Globe 2008/2009 et Jean Le Cam quatre ans plus tard. Fin 2015, après la Transat Jacques Vabre, nous effectuerons un chantier d’optimisations. Grâce à l’expérience accumulée, nous aurons alors une idée beaucoup plus précise des améliorations possibles. »


Mise a l'eau du 60 pieds IMOCA Newrest Matmut par VendeeGlobeTV
 

« Emmagasiner de l’expérience et de la confiance. »

Quel sera ton programme dans les semaines qui viennent ? Naviguer encore et encore ?

« Exactement. Je serai très souvent sur l’eau pour emmagasiner de l’expérience et de la confiance. Je vais accumuler un maximum de milles au départ de la Trinité-sur-Mer, port d’attache du bateau. Cette philosophie a porté ses fruits en Class40. Je vais donc prochainement entamer des entraînements en double en vue de la Transat Jacques Vabre. Assez rapidement, je programmerai des navigations en solitaire car je n’oublie pas que l’objectif ultime de mon projet est bien le Vendée Globe. Et si je suis à l’aise en solo, je serai bon en double. Pour accélérer mon apprentissage, je me suis entouré d’une équipe technique constituée de personnes expérimentées. Côté courses, je prendrai cet automne le départ de la Transat Jacques Vabre puis de la Transat BtoB (entre Saint Barthélémy et Roscoff, N.D.R.). En mai 2016 j’espère aussi participer à la New York/Les Sables-d’Olonne. Si tout se passe bien, j’aurai donc effectué trois transatlantiques avant le départ du Vendée Globe. »
 
La Transat Jacques Vabre 2015 sera donc le premier grand rendez-vous. As-tu choisi ton co-équipier pour cette épreuve ?
Fabrice Amedeo embarque Eric Péron pour la Transat Jacques Vabre© François Van Malleghem / DPPI« Oui, il s’agit d’Eric Péron. Au départ, je cherchais un profil de quadragénaire ou quinquagénaire très expérimenté, un vieux de la vieille en quelque sorte. J’ai finalement retenu un marin plus jeune (34 ans) qui connaît toutefois très bien la course au large et va apporter de la fraîcheur et du dynamisme. »

Quelle est ton expérience en IMOCA ?
« Avant de monter sur mon bateau à Barcelone, j’avais simplement visité deux IMOCA au port ! C’est donc lors du convoyage entre Barcelone et Lorient que j’ai effectué mes premiers bords sur un IMOCA. La navigation a été assez courte puisque j’ai dû débarquer à Gibraltar pour des impératifs professionnels. Mais cela m’a suffit pour constater que ces bateaux sont magiques. Dans un vent faible à medium, j’ai pu commencer la prise en main en douceur. »
 
Les IMOCA sont bien plus exigeants que les Class40, à la fois physiquement et techniquement…
« Les sollicitations du matériel et du marin n’ont effectivement rien à voir. Il en résulte une gestion différente en solitaire : en  IMOCA, il faut davantage anticiper, être plus prudent. Ceci dit, on retrouve des éléments en commun sur les deux supports. Le passage du Figaro à l’IMOCA doit être encore plus compliqué. »

« Un premier déclic en 2006... »

C’est à l’issue de la dernière Route du Rhum, bouclée à la 9e place que Class40, que tu t’es senti capable de t’attaquer au Vendée Globe ?

« Cette bonne performance a conforté une envie qui était déjà bien ancrée. En fait, j’ai eu plusieurs déclics pour me lancer dans la course au large. J’ai toujours navigué et je ressens depuis très longtemps un profond amour de l’océan. L’année 2006 a été un premier tournant. J’ai écrit un livre sur la Volvo Ocean Race avec Sébastien Josse. Quand je lui ai fait part de mes envies de course au large, il m’a dit : ‘pourquoi tu ne te lancerais pas ? Il n’est jamais trop tard pour concrétiser ses rêves.’ J’ai suivi son conseil. En 2008 je me suis engagé sur le circuit Figaro avec des participations à la Solitaire et à la Transat AG2R. Puis j’ai intégré le circuit des Class40 en prenant notamment le départ de la Route du Rhum et de la Transat Jacques Vabre. Le deuxième déclic est survenu lors du départ du Vendée Globe 2012/2013. J’ai pour la première fois suivi la course en me disant que je voudrais y être. Avant, les skippers qui participaient me semblaient des surhommes… Depuis novembre 2012, je pense au Vendée Globe tous les jours. Et c’est donc à l’issue de la Route du Rhum 2014 que j’ai officialisé mon envie et entamé mes recherches de financements. La société Newrest, qui me soutenait déjà sur le Rhum, a tout de suite décidé de me suivre dans l’aventure du Vendée Globe. Il fallait alors chercher un co-partenaire et surtout se mettre rapidement en quête d’un bateau. L’achat a été effectué début février et la Matmut a ensuite rejoint le projet. Aujourd’hui, j’ai 90 % du budget. Je cherche encore des partenaires secondaires pour partir dans les meilleures conditions possibles. Mais je serai au départ du Vendée Globe 2016, c’est une certitude. »
 
Avec quelles ambitions ?
« Terminer serait déjà une magnifique performance. Je ne me fixe pas d’objectif comptable, je ne me projette pas par rapport aux autres concurrents. Mais je ne partirai pas en touriste. Je souhaite réaliser un beau tour du monde, en étant régulier, en ayant toujours les bonnes voiles à poste. Je vais aussi profiter de mon expérience de journaliste pour raconter le Vendée Globe de l'intérieur et partager l’aventure avec le grand public. Je ferai beaucoup de vidéos et j’espère réussir à écrire des articles tout au long du tour du monde. »

Palmarès de Fabrice Amedeo
- 9e de la Route du Rhum 2014 (Class40)
- 6e de Transat Jacques Vabre 2013 (Class40)
- 3e de la Solidaire du Chocolat 2012 (Class40)
- 4e de la Transat Québec-Saint Malo 2012 (Class40)
- 26e de la Route du Rhum 2010 (Class40)
- Participations à la Solitaire du Figaro et à la Transat AG2R en 2008
- Huit participations à la Fastnet Race
- Participation au Tour de France à la Voile.

Propos recueillis par Olivier Bourbon/agence Mer & Média

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