01 Septembre 2015 - 10h53 • 3231 vues

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Deux semaines à peine après l’épilogue de la Rolex Fastnet Race, sept bateaux ont entamé mardi 1er septembre un stage d’entraînement de quatre jours organisé par le Pôle Finistère Course au Large de Port-la-Forêt. Trois nouveaux 60 pieds (Safran, Banque Populaire et Edmond de Rothschild) vont pouvoir comparer leurs performances avec celles de certaines des meilleures unités de la génération du Vendée Globe 2012-2013 (SMA, PRB, Quéguiner-Leucémie Espoir et Maître Coq). La confrontation s’annonce instructive dans la perspective de la Transat Jacques Vabre, dont le départ sera donné le 25 octobre prochain, mais aussi du Vendée Globe 2016-2017.
 

C’est jour de rentrée pour les skippers de la classe IMOCA membres du Pôle Finistère Course au Large. Pour tous, l’été a été studieux puisque deux stages d’entraînement ont été organisés à Port-la-Forêt, l’un en juin et l’autre début août. De plus, cinq des sept duos présents pour cette nouvelle session ont participé à la Rolex Fastnet Race, dont l’arrivée a été jugée il y a moins de deux semaines à Plymouth, au sud-ouest de l’Angleterre. Il s’agit des tandems Vincent Riou/Sébastien Col (vainqueurs sur PRB), Yann Eliès/Charlie Dalin (2e sur Quéguiner-Leucémie Espoir), Morgan Lagravière/Nicolas Lunven (3e sur Safran), Armel La Cléac’h/Erwan Tabarly (6e sur Banque Populaire) et enfin Paul Meilhat/Michel Desjoyeaux (abandon sur SMA). Absent de cette Fastnet Race, Jérémie Beyou a toutefois vécu un été chargé avec des participations à la Solitaire du Figaro puis au Tour de France à la Voile. A bord de Maître Coq, il sera associé à Philippe Legros pour ce stage à Port-Laf’. Quant à Sébastien Josse et Charles Caudrelier, ils viendront éprouver leur Edmond de Rothschild flambant neuf, mis à l’eau le 7 août dernier. Pendant quatre jours, jusqu’au vendredi 4 septembre, tout ce beau monde va se confronter dans une logique de partage. « Ces marins que nous suivons depuis des années ont l’habitude de travailler ensemble. Il en résulte une confiance mutuelle et une efficacité accrue qui permettent de gagner un temps précieux », se réjouit Christian Le Pape, directeur du Pôle Finistère Course au Large.

Un parcours de 24h au reaching
Ce mardi sera consacré à des exercices côtiers permettant aux marins de multiplier les manœuvres et de retrouver leurs marques. Tous seront fin prêts mercredi pour la séquence majeure : une navigation au large de 24 heures. « L’objectif sera de comparer les performances aux allures de reaching, entre 90° et 120° du vent. Nous définirons des waypoints et des regroupements seront effectués à chacune de ces marques de parcours », précise Christian Le Pape. A ces allures débridées, on imagine qu’il s’agira notamment d’observer l’effet des fameux foils, les appendices porteurs dont sont équipés Safran, Banque Populaire et Edmond de Rothschild. « Nous tenterons de quantifier très précisément l’écart de performance en bonus et en malus », explique le directeur du Pôle Finistère. « Quel est le déficit au près et au louvoyage ? Les bateaux à foils sont-ils vraiment plus véloces aux allures portantes ? Si oui, de combien ? Nous développons une approche rationnelle, scientifique. Ce travail minutieux est primordial en vue de la Transat Jacques Vabre mais aussi du Vendée Globe. Le diable est dans les détails.»

« Optimiser ses atouts, gommer ses défauts »
Les sept 60 pieds devraient être de retour à terre jeudi à la mi-journée. Dès vendredi matin, le Pôle leur proposera un debriefing de cette sortie de 24 heures. Les données recueillies seront fournies aux coureurs qui pourront échanger, analyser et comparer leurs performances. Après ces discussions, chacun saura mieux où se situer. « Nous sommes des lanceurs d’alerte. Notre vision globale permet à chaque marin de s’orienter vers des priorités auxquelles il n’avait pas forcément pensé », souligne Christian Le Pape. « En fait, le grand enjeu pour chacun est d’optimiser ses atouts et de gommer ses défauts. Cela est par exemple valable pour les foils. Ceux qui ont choisi cette option ne sont pas dans une logique d’examen, où il faut être bon partout, mais de concours, où il faut faire des impasses. Ils font un pari en typant leur bateau pour certaines conditions, en espérant les rencontrer lors du Vendée Globe. C'est pourquoi il ne faudra pas tirer de conclusions hâtives, le sujet est trop complexe et récent pour être tranché. » Voilà les impatients prévenus. Deux autres stages sont prévus à Port-la-Forêt d’ici au départ de la Transat Jacques Vabre, du 16 au 18 septembre et du 29 septembre au 1er octobre.

Olivier Bourbon / agence Mer & Média