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Marc Guillemot en négociation pour un troisième Vendée Globe !

MARC GUILLEMOT 061112 1594
© Olivier Blanchet / DPPI

Marco, il se murmure que tu as très envie d’être au départ du Vendée Globe 2016 et que tu es même en phase de négociations actives pour ça, pour participer à ton troisième tour du monde en solitaire. Qu’en est-il, au juste ?
"Participer au prochain Vendée Globe est un projet que j'ai en effet depuis quelques mois. Compte tenu de l'évolution des choses (séparation avec Safran après 10 ans de collaboration), je me suis remis dans la tête de participer à nouveau au Vendée Globe et si possible dès cette année. Cette volonté nette est une chose, mais il y a beaucoup de paramètres à remplir pour la concrétiser. »
 
Des négociations sont en cours ?
« Oui. A force de contacter et d'échanger, disons que le projet est avancé, mais pas abouti encore. Pour aboutir il me manque une chose : la signature effective avec un partenaire. Celle-ci déclenchera aussitôt l'acquisition d'un bateau qui déclenchera ma préinscription. Il ne faut pas brûler les étapes, ça peut aller vite comme ça peut trainer. Si ça se fait rapidement, alors j’aurai toutes les chances d’être au départ des Sables d’Olonne en novembre prochain. J’ai effectivement des contacts, mais entre avoir des discussions et avoir le feu vert du départ, il y a une marge. Je suis de nature optimiste et je me dis que ça peut le faire. Foncer vers un projet me motive, je ne peux pas faire autre chose que d'y croire… ! »
 
© Mark Lloyd / DPPI / Vendée GlobeL’idée est de racheter l’ex-Aviva ?
Ce n'est pas un secret des dieux, puisqu’au jour d’aujourd'hui c’est le seul bateau disponible à la vente. Il y en aura peut être d’autres si certains marins ne peuvent pas aller au bout de leur projet, mais aujourd’hui en tous cas, c’est le seul sur le marché. Didier Elin, le PDG de Team Plastique et propriétaire du bateau, est prêt à le vendre. Il l’avait réservé un temps pour Alessandro (Di Benedetto) mais comme celui-ci n’a pas trouvé de partenaire, cette réserve est levée. Je suis allé voir le bateau, j'ai des échanges assez réguliers avec Didier Elin, et je pense que pour lui le premier qui a le budget partira avec le bateau. Ce n'est pas un bateau dernière génération et il y a un peu de travail à faire dessus pour le fiabiliser, mais c'est un IMOCA très intéressant qui a encore du potentiel et peut-être amélioré rapidement. »
 
Quels arguments as-tu à faire valoir auprès de tes futurs partenaires ?
« J'ai le chantier à La Trinité, la structure pour recevoir le bateau et une équipe prête à intervenir s'il le faut. C’est un sacré atout, je pense. En clair, je peux accueillir un bateau immédiatement et tout mettre en place dans des délais très, très courts. Par rapport à pas mal de coureurs qui rêvent de faire le Vendée Globe mais qui n’en ont ni l’expérience ni l’infrastructure, pour moi ce n'est pas une montagne à mettre en place. Techniquement, tout est prêt à fonctionner. Sportivement, j’ai déjà préparé deux Vendée Globe et j’en ai terminé un sur le podium. En outre, pendant les neuf années où j’ai été skipper de Safran je suis monté neuf fois sur un podium. Ce n’est pas si mal… »
 
L’ex-Aviva ne sera pas un bateau pour gagner. Sur le papier en tous cas…
« Pour gagner, non. Ceux qui peuvent gagner, en théorie, tout le monde les connaît : mon ancien bateau (celui de Yann Eliès, ndr), l’ancien de François Gabart, l’ancien de Jérémie Beyou, celui de Vincent Riou et évidemment quelques uns des foilers de dernière génération. Quand tu analyses froidement la situation, il y a cinq ou six couples bateau/skipper qui peuvent prétendre à la victoire. Et on sait très bien que, statistiquement,  tout le monde n’arrivera pas à boucler la boucle. Cela veut dire qu’un marin d’expérience avec un bateau fiable et qui termine le tour du monde peut très bien arriver très proche du podium. Il y a moyen de faire des belles choses, de raconter et partager de belles histoires tout en participant pleinement à la compétition. Je n’irai pas en mode convoyage, pas juste pour participer : le Vendée Globe est une course dure et je ne la ferai pas juste pour aller voir les albatros… même si c'est sympa, les albatros ! »
 
« Le Vendée Globe c’est LA course ! »
 
T’es-tu donné une date limite pour aboutir sur ce projet ?

« Il faut aller vite pour avoir le temps de préparer le bateau sérieusement, pour le fiabiliser. Il faudrait que les négociations aboutissent avant fin avril, d’ici un mois donc. J’aurai une qualification de 1500 milles à faire avec le bateau, mais ça ce n’est pas gênant pour moi car si le projet va au bout, je ferai beaucoup plus de milles que ça en solitaire pour me préparer avant le grand départ des Sables d’Olonne. »
 
Qu’est ce qui te motive vraiment pour revenir sur le Vendée Globe ?
« Le tour du monde, le grand large, la compétition… c'est tout ce que j'aime ! Je me suis mis rapidement dans la tête deux choses : ou bien je trouve un partenaire et je repars ou ça n’aboutit pas et je serai très content de partager mon expérience avec un autre marin. Par exemple, si jamais mon projet de repartir ne pouvait pas se faire, je pourrais très bien aider quelqu’un comme Bertrand de Broc à préparer son Vendée Globe. Je connais bien le bonhomme et le bateau, on a bien travaillé ensemble sur la dernière Transat Jacques Vabre, je peux être utile au cas où je ne suis pas moi même au départ. Mais l’objectif numéro un est d’en être, bien sûr !»
 
D’accord, mais tu aurais pu aussi te tourner vers d’autres supports, vers d’autres courses… pourquoi précisément le Vendée Globe ?
« Mais parce que c'est LA course magique, celle dont rêvent tous les marins ! Le tour du monde sans escale en solitaire c’est quelque chose de grandiose, d’exceptionnel, de fort. Il faut être solide mentalement aussi pour vivre ça pendant 80 jours et je crois que je le suis. Je suis assez blindé dans ma tête. Je connais bien mes capacités, maintenant. Le Vendée Globe c’est un grand, grand défi… et j’en ai vraiment envie ! »
 
Propos recueillis par Bruno Ménard / Agence Mer et Media
 
© OLIVIER BLANCHET / DPPI / Vendée GlobeLe bateau convoité
L’ex Aviva de la Britannique Dee Caffari est un bateau de la génération conçue pour le Vendée Globe 2008. C’est le sistership du bateau Ecover 3 de Mike Golding. Dessiné par Owen Clarke, construit en Nouvelle-Zélande, il a bénéficié d’un chantier très complet de remise à niveau en 2011. Il est la propriété de Team Plastique qui l’avait très longtemps réservé à Alessandro Di Benedetto. Celui-ci n’ayant pas trouvé de partenaire à ce jour, la réserve est levée. Pour résumer, le premier qui trouvera un partenaire pourrait bien réussir à l’acheter et à participer à son bord au Vendée Globe 2016/2017. Ni Alessandro Di Benedetto ni Marc Guillemot n’ont dit leur dernier mot quant à un éventuel rachat de cet IMOCA.

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