20 Octobre 2016 - 07h59 • 6027 vues

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La Direction de Course pour la huitième édition du Vendée Globe est composée de quatre personnes, qui cumulent une immense expérience et forment une équipe solide. Jacques Caraës, le Directeur de Course, sera aidé par ses assistants : Guillaume Evrard, Hubert Lemonnier et Matthias Louarn. Une responsabilité importante puisqu’il leur faut organiser non seulement la logistique sécurité du départ, mais aussi et surtout le suivi permanent des 29 solitaires en mer…

À moins de trois semaines du départ, quatre hommes sont déjà installés depuis longtemps aux Sables d’Olonne, où ils se concentrent sur la logistique et les aspects pratiques concernant la présence sur l’eau d’une énorme flotte de bateaux spectateurs.  « Il y aura les bateaux des partenaires avec des semi-rigides et de grandes vedettes. On estime qu’il y aura entre 40 et 60 semi-rigides avec les sponsors et les membres des équipes ainsi qu’une cinquantaine de vedettes avec plus de 100 spectateurs et invités à bord de chaque unité », explique Guillaume Evrard. « C’est un exercice logistique important, parce qu’il faut remplir tout un dossier administratif et discuter avec les commandants et les skippers de tous ces bateaux. Il est tout à fait naturel que tout le monde souhaite avoir la meilleure vue de ce spectacle. » 

Peaufiner tous les détails

© Jean-Marie Liot / DPPICette semaine, l’équipe de la Direction de Course finalise tous les détails concernant les bateaux et les skippers participant au Vendée Globe 2016. Ces informations sont « postées » sur un site qui est accessible à tous les MRCC (Maritime Rescue Coordination Centers : services de sécurité en mer internationaux) et aux autorités locales le long du parcours. Ce site affiche toutes les données sur les compétiteurs et leurs monocoques, avec des images de chaque bateau prises sous tous les angles, ainsi que les dossiers médicaux et personnels de chaque skipper. « Nous revérifions les détails avec les skippers et les équipes pour s’assurer que tout est à jour et encore valable », explique Guillaume Evrard.
 


Hubert Lemonnier est en contact régulier avec les MRCC depuis la conclusion du dernier tour du monde en IMOCA, afin d’améliorer ce site et de le rendre plus pratique. « On utilise désormais ce site dans toutes les courses. Parfois pendant une crise, on n’en a pas besoin, mais il est bien utile, en amont et au cours des opérations, de le consulter. Chaque MRCC reçoit une alerte quand les bateaux traversent leur zone. On leur envoie un mail lorsque le premier bateau arrive dans ce secteur et quand le dernier bateau en sort. On voit qui accède à ces données et on constate qu’il s’agit d’un outil qui sert vraiment. »
 


En ce moment, la Direction de Course travaille en collaboration avec CLS, la société qui fournit les données concernant la présence des glaces avant et pendant la course. « Nous sommes en train de mettre en place la zone d’exclusion de l’Antarctique. Nous regardons de près où se trouvent les glaces et les données précises concernant cette zone seront publiées le 31 octobre. Certes, on peut modifier les positions après le départ, mais dès le 31 octobre, les skippers auront quelque chose qui ressemblera à la version définitive. Ils ont déjà eu une première version le 8 septembre dernier, élaborée à partir des infos de la fin du mois d’août. On continue de surveiller l’évolution de la situation. En général, cela a l’air plutôt bien. Mais il y a un gros iceberg de 26 km de long, à la dérive dans l’Atlantique Sud à mi-parcours entre l’Amérique Latine et l’Afrique. Ce qui nous inquiète, c’est que cet iceberg se dirige très au Nord, pas loin de la route de nos bateaux lors de leur descente vers les mers du Sud. Cela veut dire qu’il sera proche de l’île Gough, qui pourrait ainsi devenir la première marque de parcours qu’il faudra alors laisser à tribord. » 

Des contrôles de sécurité drastiques

© Maître CoQLa Direction de Course travaille également sur la validité des certificats de jauge IMOCA en regardant de près les détails sur l’immatriculation des radeaux de survie, les contrôles effectués et le matériel de sécurité. Les quatre membres collaborent aussi avec la FFV (Fédération Française de Voile) et la classe IMOCA pour rédiger les dernières touches des Instructions de Course qui définissent les règles du parcours. Il y a également quelques questions à aborder concernant la sécurité et les contrôles, qui sont obligatoires aux Sables d’Olonne avant le départ de la course. « L’un des points majeurs que l’on examine en ce moment concerne les pénalités et le fonctionnement du Jury. Cela demande beaucoup de travail pour la Direction de Course et la FFV. On pense publier en amont de la course les pénalités concernant certaines fautes avec une sanction proportionnelle à la gravité. Cela devrait permettre au Jury de travailler plus rapidement et plus efficacement », rajoute Guillaume Evrard.

« Il y aura un fichier Excel avec une liste détaillée de fautes et de sanctions. Par exemple, un scellé rompu (des plombs sont sertis sur une partie du matériel embarqué pour qu’il ne soit pas déplacé en mer) engendrera une pénalité définie, éventuellement entre deux et six heures. On a une quarantaine d’exemples avec la pénalité probable inscrite à côté. » C’est une première pour le Vendée Globe et pour la classe IMOCA. Ces éventuelles pénalités seront publiées avant l’arrivée de tous les concurrents aux Sables d’Olonne. 

Il faut également traiter les « simples » questions logistiques avec l’arrivée des équipes et de leurs bateaux, de leurs véhicules et de leurs containers. Une fois que la course aura démarré, ces veilleurs de la Direction de Course savent à quoi ils peuvent s’attendre, ayant déjà travaillé sur de nombreuses courses ensemble. Cette fois Jacques Caraës, le Directeur de Course, travaillera aussi au sein du système de veille : il y aura toujours quelqu’un pour suivre la flotte à tout moment, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. « Il y aura en permanence trois personnes à Paris et le quatrième membre sera au repos chez lui. »

En configuration normale, la Direction de Course reçoit la position de chaque bateau toutes les trente minutes, mais si la situation change ou si l’un de ses membres en veille estime qu’il faut analyser de plus près la progression d’un monocoque, il est possible de le suivre toutes les six minutes. À moins de 50 milles du départ et de l’arrivée, la position de chaque solitaire sera également fournie toutes les six minutes. Mais le plus important dans ce travail d’équipe est l’expérience et l’équipe mise en place pour le Vendée Globe 2016, est reconnue comme étant l’une des meilleures. 

Andi Robertson & DBo / M&M