31 Octobre 2016 - 18h00 • 8125 vues

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Méthodique, pragmatique, Stéphane Le Diraison a gravi un à un les échelons pour pouvoir prendre le départ du Vendée Globe, la course de ses rêves. Compétiteur expérimenté en solitaire (son IMOCA est son dixième bateau !), doté d’un important bagage technique, Stéphane va pouvoir transposer autour du monde tout le savoir-faire accumulé depuis de nombreuses années, notamment en Mini 6.50 et en Class40. Son objectif : terminer en moins de 90 jours.

Dans quelques jours, tu vas concrétiser un véritable projet de vie : sortir du chenal des Sables d’Olonne et prendre le départ du Vendée Globe. Après tes expériences en Mini 6.50 et en Class40, t’engager dans le tour du monde en solo est une suite logique ?
« Oui, le Vendée Globe est un aboutissement. C’est la recherche incessante d’assouvissement de ma passion du large qui me conduit ici. Je pense à cette course depuis 25 ans. Les opportunités de réaliser des rêves d’enfant sont assez rares. Je ne voulais pas brûler les étapes avant de m’engager dans l’épreuve la plus difficile pour un marin solitaire. Je souhaitais participer à toutes les grandes transats en solitaire, parcourir de nombreux milles, y compris en Atlantique nord, dans des mers difficiles, en hiver dans des tempêtes. Mon parcours est un peu atypique. J’ai commencé à naviguer en solitaire dès l’âge de 15 ans avec un bateau que j’avais retapé. Puis je l’ai revendu et j’en ai racheté un autre, que j’ai retapé, et ainsi de suite… Avec mon septième bateau, j’ai participé à la Mini Transat. Puis je suis monté en gamme jusqu’à ce bel IMOCA (un plan Finot-Conq de 2007, ex Hugo Boss, ndr) qui est mon dixième bateau. »

Ne ressens-tu pas une sensation de vertige à l’idée de partir seul autour du monde pendant trois mois ?
« Pour être sincère, il y a une forme d’appréhension. C’est mon premier tour du monde, il y a donc une part d’inconnu dans cette course, sa difficulté, sa durée. Je ne peux qu’imaginer comment je vais me sentir trois mois seul à bord. Ce qui me rassure, c’est que je me sens très à l’aise et heureux au large en solitaire. Jusqu’à présent, ma plus longue navigation en solo a duré 26 jours. C’était une belle et longue expérience. Il m’a semblé à l’arrivée que cela aurait pu continuer, encore et encore. Je suis arrivé dans un état d’équilibre, un peu comme un marathonien qui se met dans son rythme sur les premiers kilomètres et qui peut continuer sur une longue distance. »

Tu es un compétiteur déterminé. Quelles sont tes ambitions affichées ?
© Adrien François« Boucler le tour du monde en moins de 90 jours ! Cet objectif me semble cohérent compte tenu de mon expérience et du potentiel de mon bateau. Quand j’ai lancé mon projet, je n’arrivais pas à me résoudre à acheter un bateau trop ancien. Pour moi, le Vendée Globe n’a de sens qu’en compétition. Si c’est pour faire le tour du monde en 150 jours, ça ne m’intéresse pas. Je viens chercher la confrontation, en toute humilité. C’est un moteur. Je vais me battre contre les autres bateaux de la génération 2008, dont certains menés par des grands skippers. L’histoire n’est jamais écrite dans le Vendée Globe. Mais je vais rester à l’affut de bons coups. »

Propos recueillis par Olivier Bourbon / M&M