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Vacations dans les premiers alizés

Jérémie Beyou / Maitre Coq

Jordi Griso, Team Manager One Planet One Ocean
"Normalement on va partir à midi du ponton. Tout est prêt. On va partir maintenant en semi rigide pour voir les conditions. On attend midi pour la marée haute. Il y a moins de vent mais quand même : 20 nœuds avec des grains. On va voir la houle. Mais par rapport à hier, la mer est descendue un peu. Si on sort à midi, ça devrait être à 12h30/13h. On a appelé la Direction de Course, on va démarrer le traqueur et ça devrait aller comme ça. Tout est prêt. Didac a hâte de partir. Ce n’était pas facile de le retenir à terre. Il veut sortir. On a fait des tests hier pour tout valider et un autre ce matin. Il veut aller en mer. On a vécu quelque chose de très spécial. Dès que le bateau est revenu au ponton, les autres équipes nous ont aidé. Les pompiers aussi. On a eu une relation spéciale. Ils sont allé chercher des mécaniciens. Il y a tout le temps des personnes qui passent pour savoir si elles peuvent aider Didac..."

Morgan Lagravière, Safran
"On était partis sur le contournement au Sud de l’anticyclone. On était partis pour une aile de mouette. C’était particulier car quand on est en conditions anticycloniques, on a du vent assez stable normalement. Mais cette nuit on a eu des passages sans vent, avec des grains, et plus d’intensité. Il a fallu être réactif sur le pont. Ce n’était pas de tout repos. Mais je suis revenu dans le match. La stratégie et la réussit m’ont permis de recoller. Je suis en visuel avec SMA. Et maître Coq derrière. C’est vrai que par défaut j’étais plus intérieur par rapport au départ. Mais le contexte a fait que je me suis retrouvé là, un peu décalé. J’avais en tête de resserrer en latéral. Je l’ai réalisé à la perfection, avec un beau timing empannage. C’est vrai que depuis le début je passais plus de temps à bricoler qu’à faire de la régate. Là tout est résolu. Je fais du bateau à voile C’est super. 
Depuis Madère, le vent est rentré. Je suis sous grand spi. Il y a 20 nœuds. Quand on a 450m2 de voiles ça va vite. J’ai essayé de faire une sieste mais je n’ai pas réussi. C’est compliqué de lâcher la barre dans ces conditions. Sans trahir de secret, j’ai le foil à l’eau. Je continue de découvrir mon bateau. Il ne fait que me surprendre. C’est une super bécane. Moi qui aime bien ressentir les sensations, je ne suis pas déçu. Surtout qu’avant, on a eu de la mer calme. On n’a pas vraiment les conditions pour exploiter le potentiel du bateau. Il y a eu déjà de bons moments. Des sensations de vitesse que je n’avais jamais ressenties. Parfois plus de 20 nœuds. C’est magnifique quand le bateau est perché sur le foil... Il y a forcément encore dans la tête les émotions du départ et celles liées au contexte de la course. Même si on est partis depuis quatre jours, on n’a rien fait comparé à ce qui nous attend. Mais on est rapidement rattrapé par les obligations du bord."

Jérémie Beyou, Maître CoQ
"On a peu accéléré. La nuit n’a pas été simple. On s’est bien fait doser par Gitana. On est tombé dans du mou. Lui, il a fait tout droit avec du vent de derrière. Le cul bordé de nouilles un peu. On a pris 20 milles dans la tête. J’attends que le vent soit rétabli un peu... Ce n’est pas clair puisque t’empanne en même temps qu’un gars qui est derrière et qui finit devant. Je n’ai pas beaucoup de réussite ou alors je ne navigue pas très bien. Peut-être un peu les deux... Il va falloir se réveiller.
On arrive à trouver des p’tits moments pour manger et dormir. Mais ils sont peu nombreux. On doit être à l’écoute. Il n’y a pas tant de repos. Il y aura des changements de bord à faire, des réglages. Je suis sous spi, dans du 18 nœuds. Tout ne va pas mal. C’est parti pour la grande chevauchée. C’est du petit positionnement pour aller à l’Equateur. Il faut me donner plus de latitude par rapport aux îles avec une trajectoire plus tendue. Ce sont vraiment les choix de voiles qui vont faire la différence. Il faut voir si on passe sous gennaker et à quel moment... La dent cassée ne me fait pas mal. Les toubibs ont dit que si ça ne faisait pas mal, ce n’était pas grave.

 

Kojiro Shiraishi, Spirit of Yukoh
"Je n’ai plus de migraine ni de mal de mer. Tout va bien.
J’ai fait un empannage pour rejoindre la flotte. J’ai vu la position des autres skippers et je suis reparti dans le sens des autres concurrents.
C’est mon 1er Vendée. Comme à chaque course j’ai le mal de mer, mais la route est longue. Il y a beaucoup de milles à parcourir. J’ai hâte de revoir les mers que j’ai vues il y a 10 ans."

 

Jean-Pierre Dick, StMichel-Virbac
"Depuis 24h c’est difficile pour moi. Il y a eu pas mal de nuages, de grains. Le vent diminue beaucoup. C’était un peu la loterie hier. J’ai été pas mal servi à ce jeu-là. J’ai voulu prendre du décalage Ouest et je me suis peut-être un peu trop rapproché de l’anticyclone. 
C’est une sacrée alchimie pour rentrer dans le rythme. On fait au mieux entre la fatigue et la lucidité. On essaye de gérer les décisions au mieux. Il y a une part de réussite dans les manœuvres.
On va se retrouver assez au portant sur la descente jusqu’au Pot-au-Noir. Le fameux reaching. Ça devrait aller mieux que ces dernières 24h.
C’est un véritable exercice de rentrer dans la course. J’ai fait un gros travail sur le physique et je suis content car ça porte ses fruits. Je suis bien dans ma peau. Il faut quelques jours encore pour être en phase avec le bateau.
On est dans des mers plus chaudes. Y a le côté tropical qui est plus sympa.
Les "ofni", on ne peut pas faire grand-chose mais pour les cargos et les bateaux de pêche c’est à nous de faire attention. J’ai une alarme de mon bateau qui m’informe qu’il y a des risques de collision d’ailleurs.
On n’a pas un vent très fort, 12/13 nœuds. La mer est belle, il y a quelques moutons, des nuages diffus. Il y avait un beau levé de soleil ce matin. C’est le petit plaisir de la matinée avec ma confiture et des galettes StMichel."

Alex Thomson, Hugo Boss
“C’était une bonne nuit, pas trop chaude, pas trop froide et nous avons eu droit à une belle brise en général. Ce n’était pas trop difficile avec un vent de 10-15 nœuds. Devant, les gars n’ont pas les mêmes conditions. J’étais assez content d’être au sud. Jean Pierre Dick a payé le prix dans le nord avec moins de vent. Il commence à faire un peu plus chaud. J’ai hâte de voir le vent rentrer. Ce sera une longue course au portant jusqu’à l’Equateur et j’espère y reprendre des milles.”

Pieter Heerema, No Way Back
“Le vent est assez variable, ce qui m’oblige a faire beaucoup d’empannages. Le vent bascule de 40°, ce qui complique les choses. J’ai mal au dos. Dans le golfe de Gascogne, j’ai tiré sur quelque chose et depuis cela fait mal, quand je me déplace. Dans le golf de Gascogne, je m’attendais à une bascule à l’ouest et cela est arrivé par l’est. Du coup j’avais du retard au cap Finisterre et il est toujours difficile de rattraper le coup par la suite. Je vais bien, le bateau va bien. C’est ma position au classement qui ne va pas!”

Conrad Colman, Foresight Natural Energy
“La raison pour laquelle je rase l’archipel de Madère est parce que la flotte se bat pour traverser une dorsale qui s’étend des Açores vers Gibraltar. Hier j’ai réussi à avancer vers le sud devant mes petits copains et on verra en fin de journée aujourd’hui si cela a payé. En ce moment je progresse vers l’ouest tandis qu’eux ils avancent difficilement vers le sud, mais tout cela pourrait changer...”

Jean le Cam, Finistère Mer Vent
"J’étais avec de Brock au Cap Finisterre mais ce n'est plus le cas. On est un p'tit groupe de quatre. J’ai croisé Initiatives Cœur. Là j’ai Eliès et le Projet Imagine sous mon vent. J’ai fait deux empannages pour me déporter dans l’Ouest et éviter de me retrouver dans les perturbations de Madère.
Ça avance bien encore. Il vaut mieux être de ce côté-là plutôt qu’à terre. Je suis content d’être là.
On marche entre 10 et 16 nœuds. A la vitesse du vent en gros. Vaut mieux ça qu’un coup de pied au cul. Je sais où je me situe et je suis plutôt content. J’ai du mal à dormir. Cette nuit j’ai dû dormir 1h30/2H. Il y a du trafic. Je vois un bateau devant moi. J’ai tous les radars et les alarmes là.
Avant on était en tribord, là on est en bâbord. J’ai tout déménagé hier soir. C’est comme à la maison, il y a plein de choses dont tu ne sais pas où elle sont et quand tu rebouges tout, tu dis « ah ben c’était là ». Mais au final il y a moins de choses que chez moi.
Quand tu vois la masse de trucs à matosser, tu te dis ohlala… Puis quand tu termines tu te dis que c’est pas mal.
Le premier et le deuxième jours je n’ai pas mangé. Aujourd’hui j’ai fait la totale. Du bœuf carottes, des bonbons haribo, des rillettes. Heureusement qu’on a retrouvé le beurre. Je prends un beurre par jour.
Là il faut aller vite. Au final j’ai bien fait avec le gennaker. C’est plus simple que le spi. C’est plus grand mais c’est moins tolérant. Y a Quéguiner dessous, il abat comme un goret. J’adore ces situations-là. Moi je ferai un ptit "sieston" en sortie de madère. Ça serait intéressant de voir ce que ça va donner avec « le Cœur ». Bon, on va pas passer l’après-midi au téléphone… Tiens t’as vu mon alarme ! T’as un bateau qui rentre dans la zone, tac, tu te réveilles ! Et bonjour chez toi."

 

Vincent Riou, PRB
"Ce sont des allures où je suis assez rapides. Maintenant, on déjà repartis sur des temps de foilers. Il y aura quelques p’tits moments dans la courses qui seront à notre avantage et d’autres au leur. Les trois premiers jours ont été durs. On a bien tapé dans les réserves. Mais c’est le jeu. On savait qu’il y avait du niveau cette année. C’est vrai que ce n’est pas facile. On va essayer de rester dans le match car la course est longue. Il va forcément se passer des choses. Il ne faut pas rater les coups tactiques pour rester au contact. Il peut se passer énormément de choses. Il peut y avoir des lignes de grains qui font des gros décalages. C’est jamais simple le truc. On pense que ça va être tout droit mais on a tjrs des surprises. Je n’ai pas encore regardé le Pot-au-Noir. Il y avait d’autres problématiques à gérer avant. Dans les prochaines 48h ça fera partie du programme. Je vais essayer de me reposer tout en restant vigilent. On en connait beaucoup qui ont fini scotchés sous une barre de nuages. La zone "alizés" paraît facile à gérer mais ce n’est pas le cas. Là j’ai 10 nœuds de vent et mon gennake."

 

 

 

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