18 Novembre 2016 - 17h44 • 27201 vues

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En tête, les fusées sont lancées, les compteurs s'affolent dans des conditions propices à la glisse. Les leaders du huitième Vendée Globe alignent les moyennes à plus de 20 noeuds et incurvent leur route vers l'Est avec en ligne de mire le cap de Bonne Espérance, porte d'entrée de l'océan Indien. Alex Thomson a fait le break, reléguant ses premiers poursuivants à plus de 100 milles. Les écarts avec le peloton se creusent et, compte tenu de la situation météorologique, il est fort probable qu'ils continuent à grossir...

Aux commandes du Vendée Globe depuis six jours, Alex Thomson confirme son leadership. Au pointage de 18h ce vendredi, le skipper d’Hugo Boss reléguait ses deux premiers poursuivants, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) et Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), à plus de 100 milles. Les écarts deviennent sensibles : Vincent Riou (PRB) était à 165 milles, Morgan Lagravière (Safran) à 213 milles, Paul Meilhat (SMA) à 233 milles et Jérémie Beyou (Maître CoQ) à 319 milles. Tous les autres concurrents pointaient à plus de 500 milles d’Alex Thomson, la flotte étant désormais étalée sur plus de 2300 milles.

Le record des 24 heures sur la sellette ?
La situation est idyllique pour le Britannique. Elle l’est également pour ses proches poursuivants. Leur positionnement, assez éloignée des côtes brésiliennes, pourrait surprendre. Mais il s’explique par le fait qu’il faut contourner par l’Ouest le fameux anticyclone de Sainte-Hélène qui s’étend très au large de l’Afrique et barre la route en Atlantique Sud. Le premier groupe (d’Alex Thomson à Jérémie Beyou, 7e ce soir) commence à incurver sa route vers l’Est pour rester en avant d’une dépression qui sort de la baie de Rio. Alex Thomson est descendu vers le Sud pour aller chercher du vent plus fort. Le Britannique rallonge ainsi sa route, mais il va plus vite. On n’a rien sans rien... On note d’ailleurs qu’Alex est un adepte de cette stratégie : depuis le départ des Sables d’Olonne, il a parcouru près de 200 milles de plus sur l’eau que son dauphin Armel Le Cléac’h (4646 milles contre 4457 milles).
Les bateaux de tête devraient rester en avant de la dépression et ainsi, dans les prochains jours, filer à grande allure dans un angle de vent idéal pour les IMOCA à foils. Le record des 24 heures détenu depuis la dernière édition par François Gabart (534,48 milles) pourrait bien tomber. Et d’après les routages, les premiers pourraient franchir le cap de Bonne-Espérance dans une semaine, après 19 jours de course. Pour le moment, le temps de référence est détenu par Armel Le Cléac’h depuis quatre ans, en 22 jours, 23 heures et 46 minutes...
Dans ces conditions propices aux foilers, donc, il sera intéressant d’observer comment résistent Vincent Riou et Paul Meilhat qui naviguent à bord de bateaux à dérives droites très optimisés. Un peu plus en retrait, Jérémie Beyou et Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) espèrent pouvoir s’accrocher au groupe de tête. Car si les conditions sont parfaites pour les premiers, elles vont se complexifier dans le week-end avec des alizés plus perturbés et irréguliers. La question est de savoir qui va accrocher le bon wagon, et qui va rester à quai...

Des bizuths décomplexés
Pour tout le monde ou presque, le Pot au Noir n’est plus qu’un (mauvais) souvenir. Plus de la moitié de la flotte du huitième Vendée Globe navigue désormais dans l’hémisphère Sud. On entre dans le dur. L’équateur franchi, le prochain point de passage symbolique est le cap de Bonne Espérance, qui marque l’entrée dans les mers du Sud. Une échéance vertigineuse, mais qui ne refroidit pas les quatorze bizuths du Vendée Globe, qui sont encore tous en course. Deux d’entre eux sont solidement installés dans le Top 10 : Morgan Lagravière et Paul Meilhat. « Je n’ai pas eu de gros soucis techniques pour le moment, ça se déroule bien, je suis plutôt dans le match. Ce n’est pas un scénario parfait, car sinon je serais en tête, mais c’est sympa à vivre et je suis dans une dynamique positive », se réjouissait Morgan Lagravière, joint ce midi dans le Vendée Live.

Thomas Ruyant (Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine), lui, lutte contre des figures du Vendée Globe. Ses deux prédécesseurs au classement sont Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) et Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac) et son premier poursuivant Kito de Pavant (Bastide Otio). On peut aussi noter, entre autres belles performances, les prestations de Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) et Conrad Colman (Foresight Natural Energy) qui s’accrochent bien à bord d’IMOCA qui ne sont pas de première jeunesse. « Je veux me rapprocher de Bertrand de Broc et d’Arnaud Boissières. Je suis très content de mon positionnement. Je vais faire ce que je peux avec mon vieux bateau pour rester dans le match », disait cet après-midi Conrad Colman.

Olivier Bourbon / M&M