Un jour, un livre...

Voyage autour du monde

Photo sent from the boat Queguiner - Leucemie Espoir, on December 21st, 2016 - Photo Yann EliesPhoto envoyée depuis le bateau Queguiner - Leucemie Espoir le 21 Décembre 2016 - Photo Yann EliesGrains et Arc-en-ciel

« Je dois avertir icy que les marins qui craignent de trouver dans cette saison, des calmes sous la Ligne, sont dans la plus grande erreur ; nous n’avons pas été un seul jour sans vent, et n’avons eu de la pluye qu’une fois ; elle fut à la vérité assez abondante, pour me permettre de remplir 25 barriques.

La crainte d’être portéz trop à l’E. dans l’enfoncement du Golphe de Guinée, est aussy chimérique ; on trouve les vents de S.E. de trèz bonne heure ; ils ne portent que trop rapidement à l’O., et si j’avais mieux connû cette navigation, j’aurois courû plus largue avec les vents de S.O. qui ont régné constament au N. de la Ligne, que j’aurois pû coupér par 10° ce qui m’eut permis d’aller vent largue, sur le parallèle de la Trinité. Peu de jours aprèz notre départ de Teneriffe, nous perdîmes de vuë ces beaux ciels qu’on ne trouve que dans les zones tempérées ; une blancheur terne, qui tenoit le millieu entre la brume, et les nuages, domina toujours ; l’horizon avait moins de 3 lieues d’étenduë ; mais aprèz le coucher du soleil, cette vapeur se dissipait, et les nuits étoient constament trèz belles.

(…) Le 16 octobre (1785) à 10 heures du matin nous apperçumes les isles Martinvaz dans le N.O. à 5 lieues. Elles auroient dû nous rester à l’O. mais les courants nous avoient portés 13’ dans le S. pendant la nuit ; et malheureusement, les vents qui avoient été constament au S.E. jusqu’à ce jour, étoient au N.N.O. ce qui me força de courir plusieurs bords, pour me rapprocher de ces isles, dont j’ai passé à environ 1 lieue et demie ; aprèz avoir bien déterminé leur position, et avoir fait des relevements, pour pouvoir tracer sur le plan, leur direction entr’elles, j’ai fait route au plus prèz tribord amure, vers l’isle de la Trinité distante des Martin vaz d’environ 9 lieues dans le O. ¼ S.O. Ces isles Martin vaz ne sont à proprement parler que des rochers ; le plus gros peut avoir ¼ lieue de tour ; c’est du roc vif sans aucune terre végétale : il y à 3 islots separéz entr’eux par de trèz pettites distances : apperçûs d’un peu loin, ils paroissent comme 5 tettes. Au coucher du soleil je vis l’isle de la Trinité, qui me restoit à O. 8° N. ; le vent étoit toujours au N.N.O. J’ai passé toutte la nuit à petits bords, me tenant dans la partie de l’Est S.E de cette isle lorsque le jour a paru j’ai continué ma bordée vers la terre, esperant trouvér une mer plus calme à l’abry de l’isle. »

Extrait par DBo. du livre de :

Jean-François de Galaup de La Pérouse - Voyage autour du monde (journal) - Éditions du Gerfaud

 

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