22 Novembre 2016 - 06h45 • 16390 vues

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Seul Paul Meilhat (6e) a pu être joint à la vacation de la nuit. Le skipper de SMA venait tout juste de se faire dépasser par le front. Même si cela devrait être le cas à terme pour tout le groupe de tête, cela lui fait craindre de perdre du terrain par rapport au trio des leaders. Le bizuth se félicite néanmoins d'évoluer dans le bon wagon.

Paul Meilhat / SMA, 6e à 270 milles du leader  :

"Tout va très bien à bord. Le front a finalement réussi à passer sur moi, malheureusement, et du coup j'ai un petit peu moins de vent - il y a encore 25 noeuds - et qui est un peu plus stable. Toute la journée j'ai eu entre 25 et 40 noeuds dans les rafales. Maintenant ça a molli un peu et donc j'ai renvoyé un ris. Je navigue sous petit gennaker à l'avant et un ris dans la grand voile, au lieu de deux ris jusqu'ici. Il y a encore de bonnes rafales et une mer assez formée. C'est un tout petit peu plus confortable que voilà quelques heures, mais ça secoue encore pas mal. Je m'attends à ce que ceux de devant augmentent un peu leur avance dans les 24 prochaines heures. Le tout est de ne pas se faire piéger dans les vents faibles qui sont derrière le front. C'est pour ça que j'essaie de continuer à aller assez vite. De ce point de vue, la journée de demain va être cruciale, même si au final tout le monde va finir par se faire rattraper par ce front. Les deux ou trois derniers jours que nous avons réussi à faire à des vitesses assez importantes nous ont permis de faire l'écart et maintenant on va jouer assez proches dans le groupe devant, enfin, je l'espère en tous cas ! Je n'avais jamais fait des journées comme ça à 500 milles parcourus, aller vite aussi longtemps.. Ce qui est assez étonnant avec ces bateaux, c'est qu'on va quasiment aussi vite dans 15/20 noeuds de vent au travers que dans 35/40 noeuds au portant. On n'a pas forcément besoin d'aller chercher beaucoup de force de vent, c'est surtout l'angle qui est important. A part ça tout va très bien, j'ai réussi à trouver mon rythme à bord, même si c'est difficile de trouver le sommeil quand le bateau file à 30 noeuds dans les surfs, mais je commence à m'habituer! Et puis il doit faire une vingtaine de degrés, je navigue en petite polaire... la vie est bien plus sympa que quand il faisait 35 degrés à bord du bateau!"

ITV par Bruno Ménard / M&M