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Les leaders ont déjà parcouru un quart du Vendée Globe !

Sébastien Josse - Edmond De Rothschild
© Gitana SA

Ce Vendée Globe est décidément très rapide, du moins pour la tête de course qui a déjà parcouru un quart du tour du monde, et ce après seulement 16 jours de course. Le gros du peloton a fait 16% du parcours et le dernier concurrent (Didac Costa) 11 %...
Depuis le départ des Sables d’Olonne, le leader Alex Thomson (Hugo Boss) affiche une vitesse de 15,6 nœuds sur l’orthodromie (route directe). S’il maintenait ce rythme, le parcours du Vendée Globe pourrait être bouclé en… 64 jours ! Voilà qui paraît bien improbable car les conditions ne seront pas idéales sur toute la durée du tour du monde. A titre de comparaison, il y a quatre ans, François Gabart avait bouclé le Vendée Globe en 78 jours, à la vitesse moyenne de 13 nœuds sur la route théorique.
Une chose paraît cependant acquise : le temps de référence à Bonne Espérance va être explosé. D’après les derniers routages, les leaders devraient franchir le premiers des trois grands caps vendredi matin, après environ 19 jours de course, soit quatre de moins que la performance record réalisée par Armel Le Cléac’h lors de la dernière édition du Vendée Globe (en 22 jours 23 heures et 46 minutes).

Le trio de tête toujours « à front »
Alex Thomson, Sébastien Josse (Edmond de Rothshild) et Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) continuent à filer bon train en avant du front dépressionnaire qui les propulse depuis plusieurs jours.
Dans la journée, Jérémie Beyou (Maître CoQ), Paul Meilhat (SMA) et Morgan Lagravière (Safran) se sont fait rattraper par ce front. Ils ont donc un peu moins de vent et ralentissent. Au pointage de 18h ce mardi, Maître CoQ et SMA naviguaient à moins de 10 nœuds, Safran à 13 nœuds et le trio de tête à 20 nœuds et plus. On l’a compris, plus on est en avant de la flotte, plus ça va vite ! L’avance des trois meneurs pourrait donc s’accentuer dans les heures qui viennent, provisoirement du moins, car Thomson, Josse et Le Cléac’h ne sont pas à l’abri du ralentissement qui sera sans nul doute apprécié tant la navigation est tonique actuellement…

Trou de souris et tentacule anticyclonique
Le bon coup stratégique est à mettre à l’actif de Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir). En bon Figariste, il a réussi à se placer là où il fallait et a réussi à garder un couloir de vent étroit qui lui permet d’aligner des vitesses très honorables comparées à celles de ses poursuivants... Yann Eliès : « Je ne vais pas crier victoire mais je crois que j’ai réussi à me glisser dans ce trou de souris que j’évoquais il y a quelques jours. Cela me rappelle le Trophée Jules Verne 2005 avec Orange 2 : nous avions déjà réussi à couper l’anticyclone de Sainte-Hélène grâce à une petite bande de vent ! »

La situation est beaucoup plus compliquée pour le peloton encalminé dans une zone de hautes pressions qui freine considérablement les concurrents. Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac) n’en revient pas : « L’anticyclone de Sainte Hélène est vraiment terrible, j’en ai fait l’expérience cette nuit en naviguant à 2 nœuds ! Ce sont les pires moyennes que j’ai réalisées en IMOCA. Je n’avais pas besoin de ça pour me rappeler que mes petits camarades sont à plus de 1000 milles devant maintenant… »

Pour Jean-Pierre et le gros de la flotte, la patience reste de rigueur avant de toucher du vent en accrochant un nouveau train de dépressions.
Derrière Jean Le Cam (Finistère Mer Vent, 8e), Jean-Pierre Dick (9e), Thomas Ruyant (Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine, 10e) et Kito de Pavant (Bastide Otio, 11e), on observe une compression de la flotte. L’effet tampon joue à plein. Sept concurrents, du 12e au 18e, se tiennent désormais en moins de 80 milles. On trouve dans ce groupe compact Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut), Louis Burton (Bureau Vallée), Kojiro Shiraishi (Spirit of Yukoh), Stéphane Le Diraison (Compagnie du Lit-Boulogne Billancourt), Conrad Colman (Foresight Natural Energy), Arnaud Boissières (La Mie Câline) et Nandor Fa (Spirit of Hungary).

Et ceux de derrière reviennent fort : toujours au coude-à-coude, Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) et Eric Bellion (CommeUnSeulHomme) se rapprochent de ce groupe, tout comme l’Américain Rich Wilson (Great American IV). « D’ici 24h, on va vivre un nouveau départ avec une dizaine de concurrents », annonce Stéphane Le Diraison.

Olivier Bourbon / M&M

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