29 Novembre 2016 - 10h45 • 13489 vues

Partager

Article

Au beau milieu de l’Atlantique Sud, le milieu de flotte peut espérer en finir à brève échéance avec les calmes de l’anticyclone. Focus sur le peloton emmené par Louis Burton, où quelques matchs dans le match sont bien animés.

C’est un rectangle de 800 milles de large sur 400 milles de haut qui se situe au beau milieu de l’Atlantique, entre 27 et 33 degrés de latitude Sud et 26 et 12 degrés de longitude Ouest. Voilà la zone où se joue la course du peloton, encore très éloigné du cap de Bonne-Espérance - distant de 1 500 milles pour les leaders de ce groupe. Forcément loin de la tête de course puisqu’ici on accuse entre 3 400 et 4 000 milles de retard au leader, encore que c’est deux fois plus serré dans le premier groupe de dix : 200 milles entre le 11e et le 20e. La question des extraterrestres de l’avant ne se pose plus pour ces marins. Aucun n’avait d’ailleurs affiché d’objectif sportif démesuré avant le départ des Sables d’Olonne, il y a 23 jours. Reste que chaque place compte, qu’ils se battent et que tous veulent boucler cette grande aventure au meilleur rang possible. Et tant pis si dans cette zone, on n’a encore avalé que 21% du parcours, contre déjà 35% pour les leaders. Ce qui compte, c’est de jouer à son niveau et d’y trouver de l’intérêt. Arnaud Boissières (La Mie Câline) l'explique bien : "Trois semaines déjà écoulées depuis le départ, le temps passe vite en mer… ou pas, comme dans la pétole qui ne nous a pas épargné. Devant il y a le "2+1" échappé avec une machine de guerre (excuse moi, Alex!) et notre Chacal (Armel Le Cléac'h) qui avec un surnom pareil doit faire un peu peur à l'Anglais. Jojo (Sébastien Josse) en embuscade est bien placé comme d'habitude.. R.A.S vous êtes parfaits ! Nous, dans le peloton, ce n'est pas qu'on prend notre temps, c'est le temps qui se joue de nous : un coup de Pot au Noir, un coup de dorsale, un coup de bordure d'anticyclone… mais de Burton à Bellion, il y a match !"

Dix marins en 200 milles

« C’est très motivant d’avoir des bateaux autour pour régater », confirme le Néo-Zélandais Conrad Colman (Foresight Natural Energy) qui a d’ailleurs profité de l’absence de vent hier pour faire un petit plongeon filmé sous son bateau… ce qui en dit long sur les conditions rencontrées. Il faut avoir vu aussi la vidéo de Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) hurlant de joie après avoir retrouvé en visuel ce même Conrad Colman « alors qu’il m’avait mis 40 milles ! C’est génial, Whaou ! »
Louis Burton fait pour le moment la plus belle course dans ce peloton qui a subi tous les phénomènes de « passages à niveau » en sa défaveur depuis le départ, alors qu’a contrario les marins de devant ont toujours eu des conditions propres à creuser les écarts. Le skipper de Bureau Vallée emmène avec autorité le groupe des dix qui bataillent encore avec les calmes de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Mais la sortie est pour bientôt : d’ici quelques heures, ce mardi après-midi, les meneurs de ce peloton devraient progressivement retrouver une douzaine, puis une quinzaine de nœuds de vent de Ouest-Nord-Ouest. Encore un peu de patience donc pour Louis Burton et ses camarades qui bataillent en trois groupes distincts : Stéphane Le Diraison (Compagnie du Lit-Boulogne Billancourt), Nandor Fa (Spirit of Hungary) et Rich Wilson (Great American IV) dans le Sud de Bureau Vallée ; Kojiro Shiraishi (Spirit of Yukoh) Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) et Conrad Colman (Foresight Natural Energy) dans son Nord. Ce sera un peu plus long forcément pour Arnaud Boissières (La Mie Câline) et Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) qui se livrent un beau duel également, 150 milles derrière Louis Burton.

L’Ouest : bien tenté, mais...

Par ailleurs, il est acquis désormais que le Suisse Alan Roura (La Fabrique), l’Irlandais Enda O’Coineen (Kilcullen Team Ireland) et le Néerlandais Pieter Heerema (No Way Back) ne parviendront pas à reprendre tout l’écart latéral qu’ils ont investi en tentant le contournement de l’anticyclone par l’Ouest. Venant de l’arrière du peloton, c’était bien tenté (rester dans l’axe arrière des autres ne servait pas à grand chose) et ils arriveront peut-être à se rapprocher un peu de l’actuel vingtième au classement, à savoir Eric Bellion (Commeunseulhomme). Bien plus loin à l’arrière enfin, il y a match pour l’avant-dernière place des 25 bateaux encore en course. Environ 900 milles derrière Louis Burton et à 4 200 milles d’Armel Le Cléac’h, le duel pour éviter la lanterne rouge entre Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) et Didac Costa (One Planet-One Ocean) est tout aussi respectable. En termes de distance au but, le Catalan est revenu à moins de 80 milles du tableau arrière du Français.

BM / M&M