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Horn

Photo sent from the boat Queguiner - Leucemie Espoir, on November 16th, 2016 - Photo Yann Elies

Photo envoyée depuis le bateau Queguiner - Leucemie Espoir le 16 Novembre 2016 - Photo Yann Elies

coucher de soleil

Horn, rocher mythique ! Caillou posé à l’extrême pointe de l’Amérique du Sud. Par 55° 58’ Sud et 67° 17’ Ouest. Le cap Horn surnommé le cap Dur par les navigateurs, n’existe que depuis le 16ème siècle, lorsque le corsaire de sa Gracieuse Majesté, Sir Francis Drake, l’eut franchi en 1578. Il laissera son nom au détroit qui sépare la Terre de Feu de l’Antarctique, prolongé à cette longitude par la presqu’île de Graham et les îles de Shetland du Sud. Un passage de seulement 550 milles entre ces deux continents.

Progressivement colonisée, l’Amérique du Sud est alors sous contrôle espagnol à partir de l’isthme de Panama mais les Anglais conquièrent l’extrême Sud au début du 19ème principalement sur la côte Ouest, au Chili. Ils s’aperçoivent alors qu’il est plus rapide et plus sûr de transiter par la mer que par terre pour rallier les deux côtes de l’Amérique ou pour atteindre Valparaiso, nouvel Eldorado du continent américain : en soixante jours, un chargement est à destination au départ de Londres ! Et en 1848, un pionnier, James W. Marshall, découvre un gisement d’or près de Yerba Buena, tout juste rebaptisé San Francisco… à 4 000 kilomètres de New York. Le Lieutenant Beale qui a rapporté la nouvelle sur la côte Est, n’a mis « que » huit mois pour franchir tous les pièges du Far West : Indiens, déserts, chaînes de montagne, plaines immenses ! La voie maritime s’avère donc la plus rapide : 14 000 milles à courir via le cap Horn.

Le cap Dur se franchissait principalement d’Est en Ouest et il fallut attendre la fin du 19ème pour qu’un illuminé pense à le franchir « dans le bon sens » en solitaire après avoir paré les deux autres caps de Bonne-Espérance et de Leeuwin. Depuis Joshua Slocum, ils ne sont qu’une centaine en solitaire à s’enorgueillir d’avoir vu ce bloc noirâtre, lugubre, sinistre, froid, embrumé, neigeux, caillou de quelques centaines de mètres de haut surmonté d’un phare. Mais pour se dire cap-hornier, il ne suffit pas comme certains de mettre sa planche à voile à l’eau devant le rocher pour le franchir, il ne suffit pas comme les touristes qui déferlent désormais en paquebot, d’aller pour dix dollars faire viser son passeport par les gardiens du feu : il faut courir les milles, passer des semaines voir des mois dans les houles du Grand Sud. Les tampons, ils s’en tamponnent !

 

 

 

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