Actualité

La bataille de l’Atlantique, la paix dans le Pacifique

Photo sent from the boat Banque Populaire VIII, on December 14th, 2016 - Photo Armel Le Cleac’hPhoto envoyée depuis le bateau Banque Populaire VIII le 14 Décembre 2016 - Photo Armel Le Cleac’h

Enfin, ils peuvent souffler ! Les méchantes dépressions du Pacifique Sud ont fini par se combler donnant un peu de répit aux marins éreintés, trempés, courbaturés. « Je recommence à glisser depuis quelques heures. Ça faisait deux jours que je faisais du reaching dans la dépression. J’ai passé deux jours sous l’eau à me faire secouer comme un cocotier. J’essaye d’enlever l’eau au fur et à mesure. » expliquait Eric Bellion (CommeUnSeulHomme) à la vacation de 10h ce matin. Comme lui, Arnaud Boissières (La Mie Câline) 11e, Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut), 12e et Alan Roura (La Fabrique), 13e profitent de conditions plus maniables (20 nœuds de Nord-Ouest). Le doyen du 8e Vendée Globe (66 ans), Rich Wilson (Great American IV), 14e, navigue, lui, dans des conditions légères, de quoi se refaire une santé et dormir un bon coup… Ce qu’a fait Conrad Colman (Foresight Natural Energy) après être monté en haut de son mât pour mettre au clair son étai ballotant avec des voiles en lambeaux. Il est resté pendant 48h à la cape et vient tout juste de repartir.

Danse avec les stars
« Les deux autres compères sont des marins d’exception, qui ont écrit l’histoire du Vendée Globe. J’aimerais bien finir devant mais ce n’est pas simple parce qu’ils naviguent bien » soulignait Yann Eliès à la vacation qui devance de 13 petits milles Jean Le Cam (Finistère Mer Vent). Yann, un homme heureux qui a pris sa douche ce matin comme pour marquer la fin des mers du sud, et qui n’en revient pas de régater contre deux stars du Vendée Globe : Dick et Le Cam 3 tours du monde chacun dans leurs bottes de marins solitaires ! Le match à trois promet de continuer jusqu’au bout. « Avec Yann, ça fait un moment que ça dure, c’est mon compagnon de jeu » lançait le skipper de Finistère Mer Vent. Un moment ? 22 jours très exactement que ces deux-là ne se quittent plus ! D’autres stars, celles du Trophée Jules Verne à bord d’IDEC Sport (Francis Joyon, Bernard Stamm, Alex Pella, Gwénolé Gahinet, Clément Surtel et Sébastien Audigane) qui après seulement 19 jours pointent le bout de leur nez ! Le trimaran géant a dépassé Pieter Heerema et s’apprête à doubler Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) et le Catalan Didac Costa (One Planet One Ocean)…

Lente remontée de l’Atlantique
Les conditions météo depuis le cap Horn et les alizés peu puissants ont fait fondre de près de deux jours les 5 jours et 5 heures d’avance qu’avait Armel Le Cléac’h au cap Horn sur François Gabart en 2012. De plus, le vent d’Est ne devrait pas se renforcer au-delà de 15 nœuds d’ici l’équateur, que les deux premiers devraient atteindre dans trois jours. Sans compter que le pot au noir semble bien actif en ce moment ! Pour l’heure, Armel reste plus rapide qu’Alex Thomson (Hugo Boss) car il touche un peu plus de vent, mais l’hémorragie devrait bientôt être stoppée (246 milles d’écart ce soir). Gageons que le match Le Cléac’h/Thomson perdurera jusqu’à plus soif !

Des nouvelles d’Enda O’Coineen (Kilcullen Voyager – Team Ireland) et de Paul Meilhat (SMA)
A la dérive à 2,5 nœuds, le navigateur Irlandais se rapproche finalement de Dunedin poussé par un vent de sud-ouest puissant. Sitôt la dépression passée, un remorqueur devrait partir à la rencontre de l’Imoca démâté pour le ramener à bon port.
Faute d’un vérin de Maître CoQ compatible, SMA repartira finalement à bord d’un cargo mardi 10 janvier au soir. En provenance du canal de Panama, le porte-conteneur déchargera et chargera le même jour à Papeete avant de filer vers l’Australie, la Nouvelle-Zélande, puis le canal de Panama pour entamer une tournée de l’Europe du nord. Il s’arrêtera au Havre le 17 mars, jour où le skipper reprendra possession du monocoque SMA.

Paul Meilhat : « Je suis un peu déconnecté, dans un espace-temps différent. On a vécu cette semaine dans notre truc, à côté du bateau et je pense que le retour en France me permettra de revenir à la réalité (…). J’ai hâte de retrouver la métropole pour parler de ma course, plus que de l’avarie, et d’avancer sur de nouveaux projets. Ce qui est sûr, c’est que je suis fier et soulagé d’avoir ramené le bateau en sécurité… et moi avec. »

Olivia Maincent / M&M

Snap code

Retrouvez-nous sur Snapchat
vendeeglobe2016