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Du calme à la tempête

Photo sent from the boat Technofirst Face Ocean, on January 10th, 2017 - Photo Sebastien DestremauPhoto envoyée depuis le bateau Technofirst Face Ocean le 10 Janvier 2017 - Photo Sebastien DestremauHumide - Vitesse 20 NM

Du côté des Canaries, les deux leaders sont en bordure d’une cellule dépressionnaire qui chamboule les schémas ordinaires d’une remontée de l’Atlantique : les alizés sont brisés à cette latitude et faiblards sur le tropique du Cancer, alors que l’anticyclone des Açores reprend de la vigueur à la latitude de Madère. Les deux leaders ont donc au minimum 300 milles à gagner vers le Nord avant de toucher un vent de secteur Sud-Est plus consistant.
« Les fichiers commencent un peu à s’accorder : je suis à sept jours de l’arrivée. La dernière ETA me fait arriver le 19 au petit matin mais ça peut changer… On va traverser des phases différentes jusqu’à l’arrivée : un vent d’Est faible va nous accompagner jusqu’aux Açores sur deux ou trois jours, ensuite nous aurons du vent soutenu avec un anticyclone qui va nous propulser quasiment au large du golfe de Gascogne et on va avoir une transition de vent faible pour finir ensuite au près. » indiquait Armel Le Cléac’h à son équipe à terre jeudi après-midi.

Un résumé qui indique bien que le duel n’est pas prêt d’être joué car les deux leaders vont devoir faire le tour de ces hautes pressions açoriennes qui se décalent lentement vers l’Est, puis le Nord-Est. Les duettistes devraient donc aborder la dernière « ligne droite » par la pointe bretonne après une traversée laborieuse d’une dorsale à 400 milles de l’arrivée… Ce sera l’occasion d’un resserrement sensible des écarts entre Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) et Alex Thomson (Hugo Boss) : les deux solitaires devraient terminer dans un flux de Nord-Est modéré le long des côtes bretonnes, puis vendéennes. Le delta entre les deux premiers s’annonce particulièrement réduit à l’arrivée aux Sables d’Olonne !

Du match aussi pour la quatrième place
Si la position de Jérémie Beyou (Maître CoQ) le met à l’abri d’un retour de ses poursuivants à 500 milles sans toutefois lui permettre d’envisager rattraper les deux leaders à 600 milles devant, Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac) s’avère plus en ballotage ! Le Niçois a en effet passé l’équateur et le Pot au Noir dans la foulée sur le 32° Ouest afin de s’assurer un passage rapide vers les alizés de Nord-Est. Mais derrière lui, Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) et Yann Éliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) ont pu gratter de la longitude en franchissant en milieu de nuit, la ligne de changement d’hémisphère sur le 28°30 Ouest.

Et comme le Pot au Noir s’est résorbé ces derniers jours, il reste un flux certes modéré mais constant, de secteur Est pour atteindre le 5° Nord où les alizés soufflent plus fortement à une bonne quinzaine de nœuds. Jean-Pierre Dick va devoir se recaler devant leurs étraves en gagnant dans le Nord-Est tandis que le duo pourra piquer plein Nord : foil ou pas foil, les vitesses devraient donc être similaires jusqu’à la hauteur du Cap-Vert, mais au large des Canaries, le Niçois va de nouveau être le premier à tomber dans une bulle incontournable : il va y avoir resserrement entre les membres de ce triumvirat…

Des trajectoires très diverses
Quant à Louis Burton qui a dû prolonger son bord bâbord amures très à l’Est pour accrocher des alizés porteurs, sa situation pourrait être très favorable pour atteindre l’équateur et surtout pour aborder l’Atlantique Nord encore plus par les côtes africaines… D’abord les alizés de Sud-Est sont plus puissants très au large du Brésil et surtout, le Pot au Noir se résorbe conséquemment en milieu de semaine prochaine : un passage de l’équateur sur le 23° Ouest est envisageable, ce qui permettrait au skipper de Bureau Vallée de longer les archipels atlantiques avec des alizés bien frais !

© Nandor FAPour Nándor Fa (Spirit of Hungary) qui navigue encore dans les Quarantièmes Rugissants, l’arrivée ce midi d’une dépression argentine va lui permettre le longer la ZEA longtemps afin de gagner vers l’Est très rapidement. Le Hongrois va bien évidemment tomber dans une des cellules de l’anticyclone de Sainte-Hélène en fin de week-end. Et derrière, Éric Bellion (Commeunseulhomme) aux abords des îles Falkland et Conrad Colman (Foresight Natural Energy) risquent fort d’opter pour des voies très divergentes dans l’optique de rallier les hautes pressions de Sainte-Hélène. Le premier est parti pour suivre les traces du Hongrois quand le néo-Zélandais pourrait bien trouver une ouverture le long des côtes argentines…

Et c’est aussi dans la diversité que les quatre solitaires en approche d’un cap Horn encore distant de 700 milles, vont en finir avec le Pacifique : Arnaud Boissières (La Mie Câline) est parti vers le Sud la nuit dernière dans l’espoir de toucher la bascule au Nord-Ouest attendue ce midi avec un meilleur angle. Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) a déjà empanné pour aborder la Patagonie par le Nord. Alan Roura (La Fabrique) et Rich Wilson (Great America IV) sont partis pour enchaîner les empannages jusqu’au détroit de Drake.

Dans un flux de Sud-Ouest modéré se renforçant ce week-end en s’orientant au Sud, Didac Costa (One Planet-One Ocean) et Romain Attanasio (Famille Mary-Étamine du Lys) vont pouvoir continuer à longer la ZEA avant de se faire vigoureusement pousser par une grosse dépression en début de semaine. Une perturbation pacifique, Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) sait désormais ce que cela signifie ! Il vient de s’extraire d’un gros coup de vent venu d’Australie et retrouve, tout comme Pieter Heerema (No Way Back) des conditions de navigation plus maniables ce vendredi. Mais cela n’est qu’une pause car en fin de week-end, c’est une nouvelle « cartouche » qui les attend…

 

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