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Derniers assauts !

A bord de Maître CoQ avec Jérémie Beyou
© François Van Malleghem / DPPI / Maître CoQ

« Un peu de pression… »
Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) et Alex Thomson (Hugo Boss) vont se faire des cheveux blancs d’ici la ligne d’arrivée. Ils vont faire face à des conditions très diverses. Après s’être extirpés de la zone de vents calmes dans laquelle ils se trouvent, les deux hommes de tête vont dès demain affronter des conditions musclées et hivernales dans un bon flux de Sud. Dans cette perspective, Armel et Alex ont fait le tour de leurs bateaux, mis leurs affaires en ordre. Ils devront faire attention à la casse et Thomson pourra s’appuyer sur le foil qui lui reste puisque la navigation se fera tribord amures. Or le Britannique a prouvé à maintes reprises dans ce Vendée Globe qu’il est particulièrement à l’aise dans le gros temps. Ca va aller vite ! Et juste avant l’arrivée, les deux leaders auront une dorsale (zone de vent faible) à traverser et le final se fera au près, tribord amures cette fois.
« Les cinq derniers jours vont être variés et compliqués », confirme Armel Le Cléac’h. « J’aurais aimé une fin de course plus détendue. Jusqu’au bout il va falloir être à fond. Il va y avoir de la bagarre. Je vais utiliser mes connaissances de la régate au contact pour conserver mon avance. Je serai en mode Figaro pour les derniers milles. Je ne cache pas qu’il y a un peu de pression… »

Jean-Pierre Dick : « Le podium est encore jouable ! »
Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac) s’est extirpé des griffes du Pot au noir plus facilement que Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) et Jean Le Cam (Finistère Mer Vent). Jean-Pierre a donc consolidé sa 4e place et il regarde aussi devant et croit encore en ses chances de monter sur le podium. Jérémie Beyou (3e sur Maître CoQ) navigue 500 milles devant lui. « Dépasser Jérémie à la régulière, grâce à une option météo, me paraît compliqué. Je ne vois pas de coup stratégique possible pour le moment », confie Jean-Pierre. « Mais je sais que tout reste possible, le podium est encore jouable. Lors de la précédente édition, il y a quatre ans, j’étais confortablement en 3e position au large du Cap-Vert. Et d’un coup j’ai perdu ma quille… et la 3e place ! » Respectivement 5e et 6e, Yann Eliès et Jean Le Cam sont lancés dans une gigantesque étape de la Solitaire du Figaro. Ils ont encore navigué à vue, après 69 jours de mer et plus de 21 000 milles parcourus sur l’eau ! L’écart entre ces deux-là pourrait bien être très faible à l’arrivée.
Les quatre marins qui naviguent dans l’Atlantique Sud profitent de belles conditions. Louis Burton (7e sur Bureau Vallée) poursuit sa remontée le long des côtes brésiliennes, dans les alizés. Sa course est pleine de maîtrise. Nandor Fa (Spirit of Hungary) s’est extrait d’une dépression tonique dans laquelle il s’est bien fait secouer. Le plus dur est passé pour le Hongrois. Eric Bellion (CommeUnSeulHomme) fait lui aussi face à des vents forts mais il est en arrière de la dépression, tout comme son premier poursuivant, Conrad Colman (Foresight Natural Energy).

Amedeo, Boissières, Roura et Wilson à quelques centaines de milles du cap Horn : tempête en vue !
Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) et Arnaud Boissières (La Mie Câline) seront les prochains concurrents à franchir le cap Horn et à quitter les mers du Sud. Ils y sont attendus dimanche en fin de soirée ou en début de nuit de dimanche à lundi. Une centaine de milles plus en arrière, le benjamin Alan Roura (La Fabrique) a pris ses distances sur le doyen Rich Wilson (Great American IV). Le Suisse pourrait passer le Horn dans la matinée de lundi, ce sera probablement en début de nuit de lundi à mardi pour l’Américain.
Pour ces quatre marins, l’approche du cap s’annonce musclée. « Une dépression située au Sud-Ouest du cap Horn génère un flux de Nord-Ouest le long des côtes chiliennes. Le vent pourrait atteindre 45 à 50 nœuds avec des rafales à plus de 60 nœuds », explique Great Circle, le partenaire météo du Vendée Globe.
Non loin du point Nemo (le point de la planète le plus éloigné de toute terre), Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) met du charbon. Avec son vénérable bateau mis à l’eau en 1998, Romain a été le plus rapide ces dernières 24 heures (340 milles parcourus) ! Il est revenu à une centaine de milles de Didac Costa (One Planet One Ocean).
La course continue pour Pieter Heerema (No Way Back) et Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean), qui sont respectivement à 8000 et 9000 milles du leader ce soir. Mais peut importe le temps qu’ils mettront à boucler leur grande aventure : Pieter et Sébastien se sont fixés un objectif très personnel, et finir constituerait déjà une formidable victoire.

Olivier Bourbon / M&M

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