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La fusée Thomson est en marche

Sailing aerial images of the IMOCA boat Hugo Boss, skipper Alex Thomson (GBR), during training solo for the Vendee Globe 2016, off England, on September 16, 2016 - Photo Cleo Barnham / Hugo Boss / Vendée GlobeImages aériennes de Hugo Boss, skipper Alex

Le village des Sables d'Olonne, ouvert depuis samedi dernier, vibre déjà. La salle des vacations et des émissions en direct ne désemplit pas et les discussions vont bon train. « Incroyable Alex Thomson ! », « Armel doit sentir une pression folle », « Pourvu qu'il n'y ait pas d'avarie pour que le match dure jusqu'à la fin ! »… Chacun y va de son commentaire, impossible de pronostiquer un vainqueur, alors on commence à parier pour le plaisir. Formidable ambiance sablaise… Mais souvenez-vous : il y a quatre ans, Armel Le Cléac'h était à la poursuite de François Gabart, et était revenu 88 milles dans son sillage dans le golfe de Gascogne trois jours avant l'arrivée ! Aujourd'hui, le rôle du breton a changé, c'est le moins que l'on puisse dire, lui qui tient les rennes de la course depuis 44 jours.

Un chasseur sachant chasser sans son foil tribord
Tout sourire dans une dernière vidéo envoyée à l'organisation, le Britannique savoure son record de distance. Il a la niaque l'Anglais et veut le dire à tout le monde. Une manière évidente de mettre un peu plus de pression au Français. Sur son monocoque privé de foil tribord, il est évident qu'Alex donne tout en ce moment dans ce vent de sud-est pour 20 nœuds, car la seule chose sûre quant au scénario de fin, c'est que cela se passera bâbord amure. Il va donc falloir ruser, profiter de la moindre opportunité. Sur chacun des deux bateaux de tête, l'heure est plus que jamais à la concentration. Armel Le Cléac'h et Alex Thomson ne répondront sûrement pas aux vacations. Quel final !

Quatre Mousquetaires au Horn
Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) a doublé le cap dur la nuit dernière à 2h40 du matin, suivi 4 heures après par Arnaud Boissières (La Mie Câline). Un moment fort pour ces deux marins, même pour Cali dont c'était le troisième passage de Horn. On notera tout de même que les deux skippers ont mis plus de temps (deux jours de plus) qu'Alessandro di Benedetto en 2013. Leur traversée du Pacifique Sud fut pour le moins lente et laborieuse. Deux de leur camarades, Alan Roura (La Fabrique) et Rich Wilson (Great American IV) vont à leur tour doubler le rocher mythique : ce soir pour le benjamin de la course, tôt demain matin pour le doyen ! Joli clin d'œil pour ces deux marins qui ne se quittent plus depuis qu'ils ont fait connaissance aux Sables d'Olonne avant le départ de la 8e édition du Vendée Globe.

Période glaciaire
Dans le Pacifique Sud, on navigue emmitouflé. « Il fait un froid de canard » racontait ce matin Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) à la poursuite du catalan Didac Costa (One Planet One Ocean). Poussés par un vent de sud-ouest en provenance de l'Antarctique, les deux Imoca d'ancienne génération glissent le long de la barrière des glaces à de belles vitesses (14-15 nœuds). On notera qu'enfin, le Hollandais Pieter Heerema sort la tête de ses soucis techniques. « Depuis la résolution de mes problèmes techniques, je fais tout ce que je peux et cela fonctionne. Je suis deux fois plus rapide qu'avant. Désormais je fais du bateau ce qui me plaît et on fait une bonne traversée du Pacifique. » On peut dire que le bonhomme de 65 ans ne lâche rien non plus. C'est sans doute la caractéristique de ces hommes et de ces femmes qui se lancent tous les quatre ans dans cet incroyable tour du monde en solitaire…

Olivia Maincent / M&M

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