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Fabrice Amedeo : « Des moments extraordinaires »

Photo sent from the boat Newrest - Matmut, on January 13th, 2017 - Photo Fabrice AmedeoPhoto envoyée depuis le bateau Newrest - Matmut le 13 Janvier 2017 - Photo Fabrice Amedeo

Fabrice, comment se passe l'après cap Horn pour toi?
« L’après cap Horn se passe bien. C’est un petit peu compliqué de retrouver un rythme avec des côtes et des îles qui sont autant d’obstacles qui viennent perturber ta route et ta stratégie. Hier, l’île des Etats m’a un peu embêté, je me suis retrouvé dans le dévent, maintenant c’est au tour des Malouines avec une probabilité de contre-bord à tirer en empannant, un peu plus tard. J’avais une dépression qui nous passait dessus cette nuit et j’ai eu 35/40 nœuds mais ça a duré très peu de temps et ça s’est bien passé. Le vent a molli directement derrière – ce n’était pas forcément prévu. Quand tu as appelé, j’étais en train de renvoyer un ris. Cela fait 36 heures que les prévisions ne sont pas très fiables. Il y a un effet de site gigantesque avec la Cordillère des Andes et du coup rien ne se passe comme prévu. Il faut tenir compte de ça et mieux comprendre comment ça fonctionne ici pour faire la meilleure trajectoire possible.»


Revenons sur le cap Horn. Sur ta vidéo d’hier il paraissait très émouvant ce passage, non ?
« Je ne pensais pas que ce serait autant d’émotion ! Je ne l’attendais plus, avec ce scénario à rallonges et nos trois jours d’arrêt au milieu du Pacifique. Dimanche, les 55 nœuds de vent m’avaient un peu guéri et du coup je n’étais pas du tout en mode ‘libération’. Et puis en fait, le vent a molli, une belle lumière s’est installée sur les montagnes de Patagonie, le cap Horn est apparu et j’ai été submergé par l’émotion, c’était un moment extraordinaire… vraiment extraordinaire ! »

« Absolument magique ! »

 

Et tu as pris le temps de le savourer …
«Oui, j’en ai profité du coup. Le vent a molli et je n’ai pas renvoyé de la toile tout de suite. J’ai mis la course entre parenthèses pendant deux heures pour profiter de ce moment. Après la nuit, hier matin le lever de soleil était magique avec les montagnes et de la mer plate comme en baie de Quiberon, un grand soleil… c’était absolument magique ! Cela a duré quelques heures et après c’était de nouveau le vent, le gris et la pluie… mais il y a eu une rémission de quelques heures extraordinaire. Ce sont des belles récompenses qui font que tu oublies toutes les difficultés endurées… et que tu as envie d’y retourner ! »


Et maintenant ?
« Là il fait nuit, j’ai 19 nœuds de vent, je suis à 80 milles des Malouines et le vent refuse gentiment. Ça tombe bien, car j’ai envie de passer à l’Est des Malouines. La mer est très, très formée, on a eu une mer dégoutante cette nuit. Déjà après l’île des Etats j’ai eu deux nœuds de courant pendant un moment. Le bateau tape, je suis au portant un peu serré, avec un ris dans la grand voile et le J2. Je vais attendre le lever du jour pour envoyer un code5 ou une autre voile un peu creuse. Après ça va continuer vers le Nord-Est avec une autre dépression qui nous arrive dessus demain et qui va nous permettre de faire du Nord à vive allure, au portant. »


On te sent toujours très optimiste, très content de ta course…
« C’est vrai que je suis très heureux de ce Vendée Globe, ça se passe hyper bien. Déjà, j’ai la chance d’être encore en course. J’ai un compagnon de voyage en la personne d’Arnaud Boissières et c’est vraiment sympa de régater à deux, de s’envoyer des petits mails de temps en temps, d’échanger… Je suis un peu frustré par le chrono parce qu’on va mettre 97 à 98 jours avec une arrivée le 14 février, ce qui n’est pas extraordinaire pour les bateaux de notre génération. Même si les circonstances l’expliquent avec les trois jours d’arrêt-buffet dans l’Atlantique Sud, des dépressions à n’en plus finir dans le grand Sud qui nous obligeaient à rallonger la route, puis de nouveau trois jours d’arrêt dans le Pacifique… bon, j’aurais bien aimé faire un meilleur chrono.»


Armel ou Alex en vainqueur aux Sables d’Olonne ?
« C’est difficile à dire. C’est vrai qu’Alex cravache et revient très fort, mais je pense qu’Armel est armé pour défendre sa place. C’est quand même un redoutable stratège et il a fait l’école de la Solitaire du Figaro. Je pense qu’il va avoir chaud jusqu’au bout, que ça va être très serré, mais qu’il va tenir. En tous cas je lui souhaite, parce que terminer trois fois deuxième ce serait difficile à vivre. Il le mérite, c’est son année, il faut qu’il aille chercher la victoire. Alex fait un Vendée Globe magnifique, il a fait 3e voilà quatre ans et s’il fait 2e cette année, ça lui donnera une bonne raison de revenir dans quatre ans ! »

ITV par Bruno Ménard / M&M

Photo sent from the boat Newrest - Matmut, on January11th, 2017 - Photo Fabrice AmedeoPhoto envoyée depuis le bateau Newrest - Matmut le 11 Janvier 2017 - Photo Fabrice AmedeoPortrait

Vacation de 5h avec Fabrice Amedeo

 
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