30 Janvier 2017 - 06h49 • 22581 vues

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Louis Burton attaque son dernier millier de milles avant l’arrivée aux Sables d’Olonne, où il est attendu probablement jeudi matin. Les douze concurrents encore en mer sont tous en Atlantique depuis le passage du cap Horn de Sébastien Destremau, hier.

Ce week-end a vu le passage de l’équateur d’Eric Bellion (CommeUnSeulHomme, 9e) et celui du cap Horn par Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean, 18e). Deux autres jalons vont tomber ce lundi : d’une part une unité va disparaître des écrans de Louis Burton, puisque Bureau Vallée aura ce matin moins d’un millier de milles restant à parcourir d’ici l’arrivée aux Sables d’Olonne, où la septième place est promise à Louis pour mercredi ou jeudi, au terme d’un tour du monde parfaitement maîtrisé ; d’autre part le Néo-Zélandais Conrad Colman (Foresight Natural Energy, 10e) va franchir ce matin l’équateur qui n’était plus qu’à une trentaine de milles de son étrave au pointage de 5h ce matin.

Quatre en Atlantique Nord, huit en Atlantique Sud

En terminant le 85e jour de mer, nous aurons donc quatre bateaux dans l’Atlantique Nord et huit dans l’Atlantique Sud. Avec des liens qui se sont distendus depuis quelques jours, le seul duel rapproché persistant étant celui que mènent toujours l’Espagnol Didac Costa (One Planet One Ocean, 15e) et le Français Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys, 16e). Un duel à petite vitesse – moins de 5 nœuds - ces deux marins étant encalminés dans une zone de molle par 29 degrés Sud.© Nandor FA Ils n’ont parcouru que 140 milles ces dernières 24 heures, alors, par exemple, que les deux bateaux de l’avant (Louis Burton et Nandor Fa à bord de Spirit of Hungary, respectivement 7e et 8e) émargent à 330 milles couverts. A leur propos, contrairement à Louis Burton bien poussé par un puissant flux de Sud-Ouest et qui navigue 700 milles au large du Nord du Portugal, Nandor Fa, 1300 milles derrière Louis, doit faire le grand tour par l’Ouest pour éviter tant que faire se peut les calmes de l’anticyclone des Açores.

A l’opposé de la flotte restant en course, il faudra être patient aussi pour Sébastien Destremau et Pieter Heerema (No Way Back, 17e), qui sont les deux derniers marins encore concernés par le grand Sud : Heerema dans les Quarantièmes Rugissants le long de la zone d’exclusion antarctique, Destremau dans des Cinquantièmes Hurlants qu’il aimerait voir se muscler par l’Ouest, le vent étant visiblement trop faible pour être honnête ce matin à la pointe de l’Amérique du Sud. Sébastien Destremau devrait être exaucé rapidement, avec un renforcement prévu dans quelques heures qui devrait l’autoriser à mieux progresser vers le Nord. En attendant de devoir négocier, plus tard, les zones de hautes pressions à la latitude de l’Uruguay, qui vont également compliquer la route de Pieter Heerema.

Arnaud Boissières mène le peloton

Au large de Rio de Janeiro, l’Américain Rich Wilson (Great American IV, 14e) n’est pas encore tiré d’affaire : son option près des côtes sud-américaines lui a fait perdre du terrain et des grumeaux de l’anticyclone de Sainte-Hélène peuvent encore le freiner. Il ne doit pas trainer en route s’il veut pouvoir accrocher le train des vents de secteur Est qui propulsent déjà ses trois ex-compagnons de cordée du « groupe des quatre », à savoir du Sud au Nord le Suisse Alan Roura (La Fabrique, 13e) et les deux Français Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut, 12e) et Arnaud Boissières (La Mie Câline), qui mène la danse dans ce groupe. Arnaud Boissières est toujours 11e et navigue ce matin à la latitude de Salvador de Bahia, soit un peu plus de 800 milles de l’équateur que s’apprête à franchir le concurrent qui le précède, Conrad Colman. Mais un peu de baume au cœur va tomber également ce matin dans le cockpit de la Mie Câline : moins de 4000 milles à parcourir d’ici l’arrivée aux Sables et 120 milles d’avance sur un Fabrice Amedeo qui était parvenu jusqu’ici à faire jeu égal avec lui.

Bruno Ménard / M&M