Actualité

Retour sur la conférence de presse de Fabrice Amedeo

Press conference during Finish arrival of Fabrice Amedeo (FRA), skipper Newrest Matmut, 11th of the sailing circumnavigation solo race Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on February 18th, 2017 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / Vendee GlobeArrivée de Fabrice Amedeo (FRA), skipper Newrest Matmut, 11ème du Vendee Globe, aux Sables d'Olonne, France, le 18 Février 2017 - Photo Jean-Marie Li
© JEAN-MARIE LIOT / DPPI / VENDEE GLOBE

© JEAN-MARIE LIOT / DPPI / VENDEE GLOBEConférence  de presse de Fabrice Amedeo (Newrest Matmut).


"En fait, ça fait 15 jours que je m’alimente très peu, mais il y a deux jours, le mental a repris le dessus. Je commençais à avoir des vertiges et à faire des chutes. J’ai même contacté Jean-Yves Chauve, le médecin de la course. J’étais en train de décliner. Le fait d’arriver ici et avec cet accueil incroyable, je me sens en pleine forme. C’est super, je suis sur un nuage."


"Depuis deux jours j’avais hâte de terminer. C’était long. Notre groupe n’a pas été verni par la météo. Les barrières anticycloniques n’étaient pas très sympas avec nous. Malgré tout je me disais qu’il fallait profiter."


"Mon objectif premier était personnel. C’est une quête du plus profond de moi même. Je voulais me confronter aux grand marins que j’admire depuis toujours. La descente de l’Atlantique est toujours grisante, mais cette fois je ne me suis pas arrêté au Brésil. Il y avait de la nouveauté et de la difficulté. Après, je suis journaliste et j’ai à cœur de partager ce que je fais. Je suis bien sur l’eau, je voulais partager mon enthousiasme et mon bonheur. Les moments difficiles passent et au final on est heureux. Il m’est arrivé de pleurer et après de crier de joie une fois que j’avais surmonté les épreuves."

Une vie par jour
"Plusieurs fois j’ai dit que j’avais l’impression de vivre une vie dans une journée. Le Vendée Globe est d’une puissance phénoménale. On s’expose à ce que la nature a de plus sauvage. Ça a été à la hauteur de ce que j’imaginais."

Regard sur les autres
"J’ai beaucoup d’admiration pour Armel et Alex. J’ai vécu leur aventure en plus calme. Quand on est à terre on prend la mesure de ce qu’ils font, mais quand on est sur l’eau, confrontés aux éléments et à ce qu’il faut faire, là leur performance prend une véritable valeur. J’ai aussi beaucoup de compassion pour ceux de derrière car c’est encore plus long. Mais au moins ils ont la chance de passer plus de temps en mer."

Avaries
"D’abord j’ai déchiré la grand-voile et après j’ai eu le problème de hook. C’était de ma faute, j’avais plus de 50 nœuds, je voulais naviguer sous J3 seul et donc je voulais descendre ma grand-voile. J’ai passé 2/3h en vent de travers. Tout allait bien. Je suis parti dans la bannette. Et en fait ma voile avait fait une poche, qui a frotté contre la partie antidérapante du cockpit et ça a fait une déchirure de 3 mètres. Déjà, construire un meuble IKEA le dimanche c’est un défi pour moi alors quand mon boat-captain me disait de prendre des outils, il fallait qu’il soit patient. Le dépassement de soit est aussi dans ces galères du quotidien. Et après j’ai eu le souci de monter au mât. Mes drisses se sont emmêlées. Je déteste monter au mât car j’ai le vertige.  Elle se sont démêlées mais une semaine plus tard, j’allais être rattrapé par une traine de dépression. Je voulais descendre mon gennaker mais impossible. J’appelle mon équipe et ils m’ont dit que je devais monter. Je n’ai pas réfléchi, j’ai pris le casque, le baudrier, et hop. C’est une de mes grandes victoires."

Le Horn
"Le cap Horn s’est fait en deux temps. J’ai eu une dépression à 50 nœuds juste avant. J’ai navigué prudemment pour un premier Vendée Globe. Mais à un moment on ne peut plus reculer. J’ai pris mes 55 nœuds et ça a été un déclic. Je suis capable de le faire et le bateau le vit très bien.  Du coup c’est positif car j’ai appris. Je me dis que dans 4 ans peut-être que je naviguerai comme au Horn et pas comme dans l’Indien. Le cap Horn c’est le graal.  Enfin il était là. J’étais dans la cabine, je suis sorti et là j’ai vu les montagnes de Patagonie. Je n’ai jamais été aussi heureux de voir la terre. Le franchir c’était un objectif personnel. C’était une libération psychologique. Après il y a une transition climatique rapide et donc je laissais le Sud derrière moi. Ça a été un grand moment de ma vie."

"Le Horn était une libération. J’ai ouvert la cabine et j’ai aéré. Pendant 37 jours, je ne me suis pas occupé de moi. Je ne me suis pas beaucoup lavé les dents, je ne me suis presque pas changé. Le Sud m’a volé une part d’humanité. Thomas Coville m’avait dit qu’il avait un tableau excel pour le Sud, pour éviter le déclin, pour compter combien de fois il mange, combien de fois il se change, etc. Je me suis dit que ce mec était un grand malade. Et finalement j’ai compris ce qu’il avait dit. En gardant un part d’humanité, on peut rester d’avantage dans la performance."

© JEAN-MARIE LIOT / DPPI / VENDEE GLOBEUne véritable amitié avec Arnaud Boissières
"Avec Arnaud on se connaissait sans se connaître. Je savais qu’il était sympa mais on n’avait pas eu l’occasion de vraiment se rencontrer. Sur l’Atlantique on s’est tiré la bourre et on a échangé quelques mails. Quand on est arrivés dans l’Indien, on a commencé à se soutenir. On échangeait pas mal sur la vie en général. On a refait le monde de manière épistolaire. Au fil de l’eau on est devenus copains. Là il a fini avant moi mais je sais que dans 4 ans je serai devant lui (rires)... Quand on est sur le Vendée on est un peu différents, un peu sensibles. On est devenus importants pour l’un comme pour l’autre."

Ambiance channel during Finish arrival of Fabrice Amedeo (FRA), skipper Newrest Matmut, 11th of the sailing circumnavigation solo race Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on February 18th, 2017 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / Vendee GlobeArrivée de Fabrice Amedeo (FRA), skipper Newrest Matmut, 11ème du Vendee Globe, aux Sables d'Olonne, France, le 18 Février 2017 - Photo Jean-Marie Li

Conférence de presse avec Fabrice Amédéo

 
Current Time 0:00
Duration Time 0:00
 

Retourner à terre
"Je suis allé chercher des choses dont je ne soupçonnais pas l’existence en moi. J’ai pris beaucoup de recule par rapport à certaines choses. Je vais garder au fond de la rétine toutes ces images, le Horn, les albatros, le gris de la mer, dans ma vie de tous les jours. Je vais vivre avec ça, avec tout ce que je ramène. J’ai pas mal pensé."

"Sur le début de la course, j’ai déconnecté de l’actu. C’était presque du snobisme intellectuel, je laissais les problèmes de terriens derrière. A partir de l’élection de Donald Trump, je me suis dit qu’il fallait reprendre. Mon boat-captain me faisait des petites newsletters touts les soirs pour suivre ce qui se passe en France et dans le monde."

"Il y a un risque de baby blues. C’est tellement intense avant la course, pendant, et un peu après. Et d’un coup, le téléphone s’arrête de sonner, plus de sollicitations. Après, heureusement je retrouve ma femme et mes filles. Et je vais aussi préparer le VG 2020 donc ça aide."

VG 2020
"J'aimerais être là dans 4 ans. Il y a une belle histoire qui s’est créée avec mes partenaires. C’est ça la magie du Vendée, une fois qu’on s’est mis d’accord sur les contrats avec les sponsors et le côté monétaire de la chose, ça devient une aventure humaine. Il y a de l’échange et de l’affect et donc ça laisse imaginer que le VG 2020 est possible. J’ai passé mon temps à me dire que je ferai mieux dans 4 ans. J’étais en apprentissage et maintenant je veux revenir en compétition. Même si je ne le gagnerai pas, il y a de la place pour tout le monde."

"Je vais faire la Transat Jacques Vabre en fin d’année, en double jusqu’au Brésil. Et puis la route du Rhum 2018." 

DJ Amedeo
"J’écoute pas mal la musique en mer. Ça me fait du bien. Quand c’est du calme, je mets de la musique calme et quand ça bastonne je pète les plombs avec des musiques plus intenses. C’est un régulateur d’émotions. La musique n’était pas un plan de communication. J’ai juste commencé dans la descente de l’Atlantique, après m’être recalé devant un groupe. Au début je suis sérieux et en fait après je déconne avec Modern Talking, et ça a cartonné. La musique ça donne un truc en plus. Filmer un sillage avec Massive Attack en fond, c’est cosmique."

Snap code

Retrouvez-nous sur Snapchat
vendeeglobe2016