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Rich Wilson boucle le Vendée Globe pour la deuxième fois !

Celebration during Finish arrival of Rich Wilson (USA), skipper Great American IV, 13th of the sailing circumnavigation solo race Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on February 21st, 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee GlobeArrivée de Rich Wilson (USA), skipper Great American IV, 13ème du Vendee Globe, aux Sables d'Olonne, France, le 21 Février 2017 - Photo Olivier Blanchet

Diplômé de mathématiques à Harvard et de sciences  au MIT (Massachussetts Institute of Technology) à Boston sa ville d’origine, Rich Wilson est également un navigateur émérite qui s’est fait connaître en 1980 en remportant l’épreuve Newport-Les Bermudes. A partir des années 1990, il utilise la voile comme support éducatif et établit plusieurs records : San Francisco-Boston,  New York-Melbourne et Hong Kong-New York en double à bord de Great American, un trimaran de 60 pieds,  il est suivi par des milliers de scolaires et d’adultes aux Etats-Unis.  A 58 ans, il était déjà le doyen du Vendée Globe 2008-2009 qu’il a bouclé en 121 jours. De retour dans la huitième édition avec un programme éducatif, Rich Wilson navigue à bord du plan Owen Clarke de 2006 avec lequel Dominique Wavre a participé aux deux derniers Vendée Globe (Mirabaud).  Formidable ambassadeur du Vendée Globe aux USA, il est à 66 ans  également le doyen de l’édition 2016-2017. Retour sur sa course…

Un petit groupe international dans les mers du sud

Dès le deuxième jour de course,  Rich sort la caisse à outils afin de remplacer un chariot de latte sur le rail au mât, puis de colmater une grosse fuite d’huile au niveau de la pompe de l’hydrogénérateur. A l’équateur qu’il franchit le 19 novembre, pour la douzième fois de sa vie, il se trouve alors en 21e position. A l’occasion d’une longue pointe de vitesse à 25  nœuds, il envoie ce message « je ne comprends pas comment les leaders peuvent supporter le stress qu’engendre un tel rythme ! » Entrant dans l’océan Indien le 6 décembre, le skipper de Great American IV fait de nouveau face à des soucis d’ hydrogénérateur. Heureusement Rich Wilson profite d’un voisinage sympathique, en effet il navigue dans un petit groupe, aussi multigénérationnel qu’international, en compagnie du benjamin suisse Alan Roura (la Fabrique), des quadragénaires français Eric Bellion (CommeUnSeulHomme) et Arnaud Boissières (La Mie Câline) ainsi que du  marin-musicien irlandais Enda O’Coineen (Team Ireland). En cette période qui précède Noël, l’Américain prend beaucoup de plaisir à échanger par mails et VHF avec ces marins qu’il ne connaissait pratiquement pas avant le départ.

Deuxième partie de course éprouvante

Au large de la Nouvelle Zélande le 31 décembre,  le skipper de Great American subit de nouveau une avarie, cette fois avec son pilote  automatique. Lorsqu’il franchit le cap Horn derrière Alan Roura le 17 janvier, les conditions de mer sont extrêmement violentes. Le marin avoue qu’il se sent  à la fois démoralisé et très épuisé « Je ne peux rien faire dans le bateau car je dois m’accrocher en permanence » lâche-t-il lors d’une vacation par téléphone. Puis c’est un scénario radicalement opposé qui se présente devant son étrave pour remonter l’Atlantique. Fin janvier à la latitude de Rio de Janeiro, le skipper américain reconnait sa frustration d’être pris dans une pétole insoutenable et se désole de tourner en rond sans avancer durant des heures. Il doit patienter jusqu’au  5 février pour retrouver l’hémisphère nord.

Dans une boutade avant le départ, Rich Wilson avait prévenu avec malice : « En cas d’élection de Donald Trump, je resterais plus longtemps en mer ». Pourtant, assurant une moyenne d’un peu plus de 10 nœuds, ces dernières 24 heures  Great American IV est allé plus vite que prévu. Nul doute que Rich recevra lui aussi un accueil triomphal dans le chenal des Sables-d’Olonne, car boucler l’Everest des mers à 66 ans est un exploit inédit !

Les premiers mots de Rich Wilson au ponton :

"C’est super d’être de retour ici. De voir la France et tous ces Français ici. C’était super de voir Eric (Bellion) et Alan (Roura). Ils étaient mes frères dans le sud. Nous nous sommes contactés par mail quasiment tous les jours. Dans cette édition, il y avait beaucoup plus de communication entre les skippers qu’en 2008-2009 – Koji, Fabrice, Nandor, Stéphane et Didac, qui était juste derrière moi. Nous avons parlé de tout. C’était un peu plus dur cette fois-ci, car je suis un peu plus vieux. Le bateau était plus facile avec les ballasts. On peut utiliser les ballasts plutôt que de prendre un ris, ce que j’étais obligé de faire chaque fois avec mon bateau précédent. Ce qui marque la course pour moi est que tout était gris tout le temps. Que ce soit dans les mers du sud ou lors de la remontée de l’Atlantique. Gris. Gris. Rien que du gris. C’était déprimant ! Il y a 4 ou 5 jours, le soleil est sorti pendant 20 minutes. Je me suis précipité dehors pour prendre un peu de soleil sur le visage et les mains. Sinon, c’était gris pendant si longtemps. C’était dur !

J’ai trouvé tous les calmes qui existent dans l’Atlantique. L’Atlantique était interminable. Il y a huit ans, j’ai dit plus jamais cela. C’est vrai que maintenant cela devient dur. C’est le parcours parfait, l’épreuve sportive la plus stimulante qui existe. Mon objectif était de boucler la course et de travailler pour SitesAlive, car 700 000 jeunes nous suivent. Ce qui est fabuleux avec cette course est le soutien du public et tous ces gens dans le chenal à l’arrivée. Je me souviens que la première fois quelqu’un m’a dit ‘Si vous bouclez la course, vous êtes un gagnant’. Je pense que c’est vrai. Je pourrais également citer Thomas Jefferson. Quand il était ambassadeur en France, il disait que nous avons tous deux pays, le nôtre et la France. Je crois que c’est vrai aussi. "
Media at pontoon during Finish arrival of Rich Wilson (USA), skipper Great American IV, 13th of the sailing circumnavigation solo race Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on February 21st, 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee GlobeArrivée de Rich Wilson (USA), skipper Great American IV, 13ème du Vendee Globe, aux Sables d'Olonne, France, le 21 Février 2017 - Photo Olivier Blan

Interview de Rich Wilson au ponton

 
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