27 février 2017 - 16h:24 • 35368 vues

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Il est à moins de 600 milles des Sables d’Olonne, mais ne devrait pourtant pas arriver avant jeudi, pour prendre la 17e place de ce 8e Vendée Globe. Le Hollandais Pieter Heerema est en effet obligé de ralentir – et même de quasiment s’arrêter - pour laisser passer devant lui la tempête qui lève une mer grosse dans le golfe de Gascogne.

Après les ténors au mois de janvier et les aventuriers en février, il faudra attendre les premiers jours du mois de mars pour voir arriver les deux derniers concurrents de ce huitième Vendée Globe, à savoir le Néerlandais Pieter Heerema (No Way Back, 17e) et Sébastien Destremau. Celui-ci, à bord de son TechnoFirst-faceOcean, est appelé à prendre la 18e et dernière place d’ici un peu plus d’une semaine, aux environs du 9 mars.  
Sébastien Destremau vient de franchir la barre des moins de 2000 milles à parcourir d’ici l’arrivée aux Sables d’Olonne (1973 milles au pointage de 15h) et file pour le moment à 10 nœuds de moyenne, dans le Sud des Açores. Il bénéficie encore cet après-midi de conditions favorables, avec un bon alizé de Nord-Est qui lui a permis d’avaler 200 milles ces dernières 24 heures. Mais son avenir à moyen terme s’annonce plus complexe, avec notamment des dorsales anticycloniques - donc des zones de vent faibles – à traverser avant de pouvoir rêver dans un premier temps au large du Portugal, puis de l’Espagne et enfin du golfe de Gascogne, ce dernier obstacle qui le conduira à mettre un point final à ce huitième Vendée Globe, la semaine prochaine.

No Way Back à la cape depuis ce midi

Pour Pieter Heerema en revanche, c’est l’inverse : c’est trop de vent et de mer que le Néerlandais, lui, aurait du affronter s’il n’avait pas choisi de ralentir… puis de carrément s’arrêter dès 12h ce lundi, en se mettant à la cape face au vent. L’explication est facile à déduire par tous ceux qui habitent le littoral Atlantique en France et voient leurs parapluies se retourner : sérieux coup de vent en cours ! Ce front qui est en train de passer génère des vents moyens à 40 nœuds – ce qui veut dire 50 et plus dans les rafales – et surtout une mer très grosse : 7 à 9 mètres de creux. « Pieter était trop en avance sur le timing pour le passage du cap Finisterre» explique Antoine Mermod, le team manager de No Way Back. « Il est impatient comme un premier communiant d’arriver aux Sables, mais là il n’y avait guère d’autre choix possible que patienter en attendant une mer plus praticable. L’idée est de passer le cap Finisterre probablement demain matin, a priori entre 11h et 16h. Il devrait passer assez au large, d’ailleurs.»
D’ici là donc, Pieter Heerema prend son mal en patience à un peu moins de 200 milles de la pointe Nord-Ouest de l’Espagne. Il pourrait remettre en route en fin de nuit prochaine. Son final sera de toutes façons musclé, sachant qu’après une accalmie demain mardi, un nouveau front passera mercredi après-midi sur le golfe de Gascogne et que la mer ne s’aplatira pas en un clin d’oeil. La journée de jeudi en revanche devrait enfin être un peu plus carrossable (« c’est le seul jour de la semaine qui sera agréable ! ») et permettre au skipper Néerlandais de boucler son premier tour du monde en peu ou prou 116 jours.
Pour l’anecdote, ce n’est pas la première fois qu’un marin est bloqué de la sorte sur ce Vendée Globe, contraint de freiner considérablement, à la limite de l’arrêt complet, pour laisser passer une tempête. C’est arrivé notamment à Yann Eliès, dans les mers du Grand Sud et le skipper de Quéguiner Leucémie Espoir y avait laissé tout espoir de pouvoir revenir sur la tête de course. Pieter Heerema devrait donc passer encore trois nuits en mer avant de pouvoir emprunter le chenal des Sables d’Olonne, probablement jeudi en milieu de journée. « Pieter a le moral, il sait bien que c’était la seule solution raisonnable », assure Antoine Mermod.

BM / M&M
 

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