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114 jours de mer…

Photo sent from the boat Technofirst Face Ocean, on January 10th, 2017 - Photo Sebastien DestremauPhoto envoyée depuis le bateau Technofirst Face Ocean le 10 Janvier 2017 - Photo Sebastien DestremauPlateau JT

Pieter Heerema est toujours à la latitude de Vigo, un peu plus de 200 milles au grand large de l’Espagne et 180 milles dans le Sud-Ouest du DST (*) du cap Finisterre. Comme hier midi, il émarge à 573 milles de l’arrivée aux Sables d’Olonne. A bord de son No Way Back, Pieter a dessiné un « Z » avec sa trajectoire. Histoire de ne pas rester sur place et se faire balloter par les vagues, mais sans pour autant gagner en latitude vers le Nord où sévit un des coups de tabac les plus violents de ce début d’année 2017 et une mer dangereuse : sept à neuf mètres de creux. Ce matin, l’étrave de No Way Back pointe de nouveau vers le Nord : Pieter va-t-il poursuivre dans cette direction pour tenter le passage du cap Finisterre puis le run final dans le golfe de Gascogne… ou bien renvoyer dans l’autre sens une dernière fois pour attendre une mer un peu moins méchante ? C’est la question de la matinée, puisqu’on sait que le skipper Hollandais avait prévu d’enclencher de nouveau la marche avant entre 10h et 16h aujourd’hui.

Son objectif est limpide : il s’agit de se glisser dans un intervalle entre deux dépressions pour viser une arrivée aux Sables d’Olonne après-demain jeudi. Pieter sait que les journées d’aujourd’hui et demain seront de toutes façons engagées, avec au mieux une mer résiduelle encore formée. Il sait aussi que l’accalmie de jeudi apparait comme étant le meilleur moment pour boucler son premier tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. Tenir. Il faut tenir une cinquantaine d’heures pour cela et ne pas faire de bêtises dans ce golfe de Gascogne, si peu accueillant en ce moment.

Préoccupation inverse pour Sébastien Destremau

Les conditions de navigation sont heureusement beaucoup plus sympathiques pour Sébastien Destremau. Trop confortables, même. Environ 1300 milles dans le Sud-Ouest de Pieter Heerema, TechnoFirst-faceOcean est toujours dans un alizé modéré de Nord-Est qui devrait se maintenir encore quelques heures avant de faiblir, la faute à une énième dorsale anticyclonique. Mais pour le moment Sébastien parvient encore à progresser à 8 noeuds de moyenne et chaque mille gagné vers le Nord est bon à prendre. Il est déjà quasiment à la latitude de l’archipel des Canaries, qui sont 830 milles dans son tribord. Sébastien conserve une chance de ne pas être trop ralenti s’il résiste à la tentation de mettre trop vite le cap au Nord-Est, sachant que le vent est totalement inexistant 300 milles à l’aplomb des Açores et très faible entre les Açores et Madère. Son arrivée est toujours prévue une semaine après Pieter Heerema, autrement dit vers le jeudi 9 mars.  

Un marin qui doit gérer les tempêtes et un autre qui doit composer avec le trop petit temps… Ainsi vont les vies – très différentes aujourd’hui - des deux derniers concurrents de ce huitième Vendée Globe.

Bruno Ménard / M&M

(*) DST : dispositif de séparation du trafic. Le « rail » qui gère la route des cargos à la pointe Nord-Ouest de l’Espagne.

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