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Galaxie FG 2013-2017

François Gabart à Brest
© Jean-Marie Liot / ALeA / Macif

Ils ne sont pas bien nombreux à avoir couru à travers la planète en solitaire. Moins nombreux encore sont ceux qui y sont retournés pour s’y imposer deux fois. Il y a bien entendu Michel Desjoyeaux, double vainqueur du Vendée Globe (2000-2001, 2008-2009). Francis Joyon, deux records sur le tour du monde en solitaire et un Trophée Jule-Verne au compteur est, sans conteste, l’homme qui a le plus souvent tressé ses lauriers sur la quenouille des trois caps. Bruno Peyron, avec ses équipiers, figure au firmament des exceptions avec deux conquêtes du Trophée Jules-Verne. Et Jean-Pierre Dick, lui, a remporté en double deux fois la Barcelona World Race.              

Et puis il y a François Gabart. Le Petit Prince est le seul à avoir dompté tous les océans à la fois en monocoque, lors du Vendée Globe 2012-2013, et en multicoque au cours d’un périple de 42 jours et 16 heures. A chaque fois du premier coup. Ça, c’est son royaume, son exclusivité. Sa galaxie, FG 2013-2017, dont le nom évoluera peut-être plus vite que sa population. Façonner ce palmarès déjà exceptionnel n’a rien d’un hasard. Une chose a changé, du Vendée Globe à son record : tandis que son Vendée Globe avait été ciselé par Michel Desjoyeaux et les équipes de Mer Agitée, François a bâti, depuis, une équipe à son image unie au sein de Mer Concept. Mais le solitaire dispose aussi de savoir-faire et de savoir-être qu’il n’a cessé de progresser depuis ses débuts en voile olympique.

Lesprit déquipe   

« Lorsque nous avons fait de François notre Skipper MACIF en 2010, nous avions bien compris que le talent était là, se remémore Jean-Bernard Le Boucher, le responsable du sponsoring Voile du mutualiste vendéen. Il n’a cessé de le prouver depuis, lors de sa victoire sur le Vendée Globe et par la suite, parce qu’il n’a jamais arrêté de s’améliorer. Une de ses grandes forces vient de sa capacité à apprendre vite, et il concrétise aujourd’hui tout son potentiel. François s’est épaissi, il a pris du recul et s’est un peu posé… Bon, je ne sais pas si c’est le bon terme. Mais il affirme un style, le style Gabart, qui s’exprime notamment dans la gestion de son équipe. C’est un de ses grands progrès : il ne savait pas faire à l’époque du Vendée Globe. Il ne joue pas au Big Boss, mais il écoute, délègue, responsabilise et manage par l’exemple ».          

© Jean-Marie Liot / DPPI« La circulation des avis est horizontale, dit Fred Bérat, un de ses deux boat-captains. François a développé un vrai savoir-faire dans l’art de nous laisser nous exprimer. Et il sait nous retourner ce quon donne dans notre travail, en faisant très bien le sien jusque dans les moindres détails. Sa façon de s’entraîner en est une preuve, comme l’est sa préparation physique, son hygiène de vie. Tout ça, c’est se mettre en condition d’exploiter le bateau qu’on lui a préparé ».
Antoine Gautier a connu François Gabart lors de la préparation du Vendée Globe. Il travaillait alors pour l’écurie de Michel Desjoyeaux, Mer Agitée, et il a suivi le prodige pour devenir le responsable du bureau d’études de FG Mer Concept, la structure de course montée par le skipper et qui compte 19 – jeunes – membres permanents, en majorité issus de Mer Agitée et de Kaïros, l’écurie de Roland Jourdain. « Imaginez l’âge que nous avions à l’époque du Vendée Globe ! Je crois que cest dans sa nature de faire confiance, cela lui permet de se concentrer sur lessentiel. Être impliqués comme nous le sommes dans toutes les décisions, c’est stimulant : ce nest pas son bateau que nous avons construit, cest le nôtre ».   

Une addition dintelligences     

« Ce que François a construit, disait dimanche Roland Jourdain, c’est un cumul de connaissances qui se rejoignent et se complètent dans son projet. François tire un maximum de son passé, dans lequel différentes personnes se sont croisées, et il s’enrichit de ça et des choix qu’il a faits ».    

Comme François Gabart, Paul Meilhat s’est assis sur le banc humide d’un Figaro dans le cadre du programme Skipper MACIF. Le prétendant au Vendée Globe 2020, en quête d’un nouveau sponsor, trouve une constante dans la performance du Charentais et salue sa pertinence, qui va au-delà du choix du bateau : « François a toujours été dans le timing parfait, il a toujours fait les choix les plus intelligents. Jean-Yves Bernot et lui se connaissent par cœur, ses équipes connaissent le bateau sur le bout des doigts et des membres du team ont travaillé à tour de rôle depuis le bureau de Jean-Yves. C’était un maillage parfait. Sa victoire est la victoire de l’intelligence et ça fait un bien fou à nous, marins, de savoir qu’il n’y a pas force plus efficace que celle-là ».          

Le sens de l’adaptabilité

Virevolter d’une étoile à une autre demande une certaine souplesse d’esprit dans la confrontation aux circonstances. « Quand tu pars sur le Vendée Globe, racontait François Gabart à Brest, dimanche, ça part dun rêve. Alors tu y vas, tu construis le bateau en te demandant si cest vraiment raisonnable de faire un tour du monde sur un monocoque de 18 mètres. Tu es alors pris dans un engrenage, avec une date certaine de départ, et tu ne peux pas te défiler. Mais tu as le temps de préparer tes au-revoir avec ta famille. Quand tu pars en record, cest à toi de décider de ton moment. Tu avances dans le flou pendant la période de stand-by et, d’un coup, cest le branle-bas de combat ».

Et, dans le combat, « François ne triche pas, ajoute Antoine Gautier. Sa notion de lengagement est monstrueuse. Il se donne corps et âme. Antoine Chartiez (peintre et préparateur) est allé faire un entraînement avec lui, pour comprendre François, finalement peu présent au chantier. Il en est revenu en disant que, quand tu vois le degré de motivation qu’il affiche quand il s’entraîne, l’intensité dans son engagement, tu trouves vite un facteur de motivation. Sa force, elle se perçoit sur l’eau ».

Le dernier mot appartiendra à un gourou de la météo, Jean-Yves Bernot, qui a veillé sur la trajectoire du skipper MACIF. Depuis Châtelaillon-Plage, Bernot a pu apprécier l’expertise du marin : « Un jour, au salon nautique de Paris, un jeune ado de 14 ans vient me voir pour me faire dédicacer un ouvrage sur la météo, que j’avais écrit. Devinez qui c’était… François a une passion pour la météo, ce qui aide énormément. Il est également extrêmement intelligent, ce qui facilite deux trois choses dans la vie. Et il sait emmener tout le monde vers la performance en distillant une bonne image et une énergie énorme". Et communicative.

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