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Le tour des projets internationaux pour 2020

Aerial shot of Hugo Boss, skipper Alex Thomson (GBR), off the Kerguelen Islands, flied over by the National French Marine Nivose Frigate, during the Vendee Globe, solo sailing race around the world, on November 30th, 2016 - Photo Marine Nationale / Nefert

Le dernier Vendée Globe a sans nul doute été la plus internationale des éditions. Pas par le nombre ou la proportion de marins étrangers engagés (9 sur 29) mais du fait de la diversité des nations (dix) et des continents représentés : Asie, Océanie, Europe, Etats-Unis.

Les deux précédentes éditions avaient elles aussi marqué les esprits : 8 skippers sur 20 issus d’autres pays que la France en 2012-2013 et 13 sur 30, dont un record de 7 Britanniques en 2008-2009.

A trois ans du prochain départ, l’avenir semble tout aussi radieux pour les projets étrangers. Certains coureurs sont déjà fermement engagés, disposant d’ores et déjà d’un budget et d’un bateau compétitif. D’autres ont coché une des deux cases (le bateau) mais sont encore à la recherche de subsides. Enfin, il y a ceux qui se projettent dans la grande aventure, sans garantie que leur rêve puisse devenir réalité.

 “En général, 30% des campagnes pour le Vendée Globe viennent de l’étranger. Et d’après les informations que nous avons sur les projets en cours, on peut raisonnablement penser qu’il en sera de même pour la prochaine édition”, note Guillaume Evrard, délégué général de la classe IMOCA.

La quête d’Alex Thomson

Deuxième en 2017, après un duel d’anthologie avec Armel Le Cléac’h, le Britannique Alex Thomson a annoncé la couleur pour la prochaine édition à laquelle il se présentera à la barre d’un nouveau bateau. Aucune décision n’a encore été prise quant à l’identité de l’architecte et du constructeur de ce nouvel IMOCA. Ross Daniel, le directeur du projet, indique que les choses sérieuses ne débuteront pas avant la fin du mois de mai.

Tout est très positif, nous avançons dans la bonne direction, il faut juste que nous commencions maintenant à prendre quelques décisions clefs”, dit-il.

En attendant d’être remplacé par un monocoque de dernière génération, le futur-ex 60 pieds d’Alex Thomson vient d’entrer en chantier pour une révision de routine, après avoir parcouru plus de 15 000 milles depuis son retour de tour du monde. En 2018, le bateau sera au départ de la Route du Rhum et de la Barcelona World Race.


Trois Allemands sur les rangs ?

Aucun skipper allemand n’a jamais disputé le Vendée Globe. Cette fois, ils pourraient être deux, voire trois sur la ligne de départ. A commencer par Boris Herrmann qui se prépare activement avec Malizia II (l’ex Gitana/Edmond de Rothschild) et bénéficie du soutien du Yacht Club de Monaco. Herrmann a déjà trois tours du monde à son actif (dont une tentative de Jules Verne en 47 jours à bord d’Idec) et a terminé quatrième de la dernière Transat Jacques-Vabre en compagnie de Thomas Ruyant.

 “La Transat Jacques-Vabre a été une très bonne expérience pour nous : une belle place et un bateau intact à l’arrivée. La course a été riche d’enseignements. Notamment en ce qui concerne nos voiles. On n’était pas très à l’aise au début dans les fortes conditions, mais on a appris. On a appris à naviguer plus gité au portant. Au final, on est au stade où on souhaitait être, sachant qu’on a “topé” pour l’achat de ce bateau le jour du départ du dernier Vendée Globe. J’ai vraiment de la chance d’être avec ce bateau qui, à mon sens, est le plus rapide de la flotte. J’en ai eu la preuve lorsque nous sommes passés de la 8e à la 4e place pendant la transat. Il n’y a pas de miracle. Au final, j’ai pris du plaisir. Sur ce bateau, je me sens comme à la maison, en confiance.

Malizia va maintenant entrer en chantier d’hiver pour quelques petites améliorations, mais surtout une vérification complète de tous les points névralgiques : gréement, foils, quille et systèmes. Herrmann sera au départ de la prochaine Route du Rhum et prévoit aussi un entraînement en solo poussé en 2018 : une transat aller/retour vers les Bermudes.

Autre ressortissant allemand prétendant au Vendée Globe : Jorg Riechers qui vient de terminer 2e de la Mini-Transat. Jorg a fait l’acquisition de l’ancien Acciona de Javier ‘Bubi’ Sanso. Le bateau est en train d’être modifié et remis en état à Majorque. Pour mémoire, en 2012-2013, Javier Sanso avait dû être hélitreuillé 350 milles dans le sud des Açores après que son bateau ait perdu la quille.

Enfin, n’oublions pas la Franco-allemande Isabelle Joschke dont l’objectif est d’être présente aux Sables d’Olonne dans trois ans et qui est à la recherche de partenaires financiers.

Le retour du Samouraï

Kojiro Shiraishi avait conquis le public en 2016. Son démâtage au large de Cape Town avait mis un terme prématuré à son défi autour du monde. Mais il a la ferme intention de “terminer le travail”, toujours à bord de Spirit of Yukoh (plan Farr, ex Hugo Boss/Neutrogena). Le bateau a beaucoup navigué, en représentation au Japon. Il sera convoyé en Europe à la fin du printemps 2018 pour participer à la Route du Rhum avec un nouveau gréement.

Sam Davies et les (autres) Anglo-saxons

Le record de 2008-2009 - 7 solitaires représentants de sa Gracieuse Majesté – a peu de chance d’être atteint dans un futur proche, même si des projets sont en cours. La plus française des navigatrices anglaises, Sam Davies, sera présente pour s’attaquer à son troisième Vendée Globe, à bord de l’ex Initiative Coeur de Tanguy de Lamotte (ancien Maître CoQ). L’actuelle et l’ancien propriétaire du bateau ont terminé sixièmes de la Transat Jacques-Vabre et ont confirmé qu’ils participeraient à la Barcelona World Race.

A côté de Sam, une petite poignée de britanniques a 2020 dans le viseur. C’est le cas du jeune Anglo-Australien Jackson Bouttell, ancien de l’Artemis Offshore Academy, actuellement engagé sur la Volvo Ocean Race avec Dongfeng. Jack a fait l’acquisition de l’ancien Spirit of Canada (plan Owen Clarke de 2006)… un bon premier pas.

Récemment sacré champion 2017 de la Class40, Phil Sharp, le marin de Jersey, s’active de son côté. “Mon intention c’est d’y être, avec une machine compétitive. Dans l’idéal, un nouveau bateau. Après une campagne réussie en Class40, il est temps de passer à des ambitions supérieures. C’est un grand saut en terme commercial. Je suis sûr qu’Imerys (son partenaire) veut poursuivre l’aventure avec nous mais nous avons besoin de partenaires supplémentaires et c’est ce à quoi on va s’employer dans les prochains mois”, a  déclaré Phil Sharp qui était déjà passé tout proche d’être au départ en 2016.

Richard Tolkien a également signifié son intérêt pour la course. De son côté, la structure Vendée 2020 Vision (lointaine émanation de l’Artemis Offshore Academy) épaule un petit groupe de jeunes marins britanniques, sans qu’aucun projet ne soit pour l’instant très concret, faute de moyens.

L’Irlande est également devenue un vrai foyer d’activité. Sous la houlette de la structure Ireland Ocean Racing (gérée par la société d’Alex Thomson, 5 West), Nicholas “Nin” O’Leary, citoyen de Crosshaven, a récupéré l’ancien Great America IV de Rich Wilson (ex Mirabaud de Dominique Wavre). Le bateau naviguera à Dublin puis devrait participer à la Monaco Globe Series (course en méditerranée organisée par le Yacht Club de Monaco) et à la Barcelona World Race.

Son compatriote Enda O’Coineen ne devrait plus tarder à quitter la Nouvelle-Zélande à bord du Souffle du Nord, le bateau de Thomas Ruyant qui s’était pratiquement cassé en deux pendant la dernière édition du Vendée Globe. Le marin irlandais avait proposé à Thomas et ses partenaires de ramener le 60 pieds réparé à bon port. Enda veut juste terminer une belle histoire : boucler sa circumnavigation, terminer un Vendée Globe inachevé…

Des revenants et des surprises ?

Dans la liste des futurs starters, nous avons déjà évoqué le retour du marin Suisse Alan Roura qui a l’intention de doter son plan Finot Conq (ex MASCSF, ex Brit Air) de foils. Sa compatriote Justine Mettraux (engagée dans la 4e étape de la Volvo Ocean Race) parle aussi ouvertement de ses envies de Vendée Globe dans la presse. Présents en 2016, le Néo-Zélandais Conrad Colman et l’Espagnol Didac Costa aimeraient aussi y retourner.

Quelques nouveaux venus de l’Europe du Nord et du Sud sont aussi en train de s’organiser, à l’image du pilote de ligne finlandais Ari Huusela qui s’est doté de l’ex Aviva et s’est entouré de Joff Brown (ancien project manager de Rich Wilson et Dee Caffari). Le Hongrois Nandor Fa serait sur le point de vendre son Spirit of Hungary à un skipper… belge. Enfin, on sait que l’Italien Giancarlo Pedote et que l’Espagnol Alex Pella y pensent le matin en se rasant…

Parallèlement, la classe IMOCA est en train de parfaire le système de sélection pour 2020, processus qui permettrait de qualifier 30 bateaux. La course pour 2020 a déjà commencé.

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