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Le rouge aux ongles et les mains dans le cambouis

Alexia Barrier
© DR

Sur les Monaco Globe Series, en compagnie de Pierre Quiroga, son coreligionnaire du Centre d’Entraînement Méditerranée, Alexia Barrier vient de boucler sa toute première course course à bord de 4MyPlanet 2, l’ex 60 pieds IMOCA de Romain Attanasio, racheté il y a quelques mois dans un seul but : être au départ du Vendée Globe le 8 novembre 2020. Elle viendrait ainsi grossir les rangs des femmes en lice dans cette 9e édition : Samantha Davies (c’est sûr) et peut-être, Isabelle Joschke, qui vient de terminer sur le podium (deuxième) de cette course de fous en Méditerranée.

© DRDépart des Monaco Globe SeriesAlexia a ses méthodes. La bougeotte, le sens du contact, un optimisme indécrottable et un enthousiasme viral lui permettent de rallier à sa cause (ou ses multiples causes) un paquet de bonnes fées. Elle voyage 50 jours par an. Navigue 180 jours, en Maxi, en 6 Mètres JI, en vieux gréement, en match racing, en Figaro (elle a notamment terminé troisième de la Transat AG2R 2014). En bref, là où elle a décidé d’être, ou bien là où on l’invite, où elle se sent la bienvenue, à savoir un peu partout sur la planète et sur de nombreux bateaux, petits ou gros. Depuis vingt ans qu’elle remue ciel et terre pour mener à bien ses projets de navigation, elle a croisé beaucoup de monde, notamment du côté d’Antibes, sa ville de cœur et son port d’attache.

« On m’a dit que je pouvais m’occuper des sandwiches »

De toujours, c’est pour la course au large qu’elle en pince. Tout a commencé à 3 ans sur le croiseur familial. A 12 ans, elle est fascinée par un documentaire télé sur le tour du monde. A sa passion grandissante s’est ajoutée une histoire d’honneur : « J’avais 17 ans, j’étais allée voir une course de Wally. J’ai demandé si je pouvais monter à bord et on m’a rétorqué qu’au mieux, je pourrais m’occuper des sandwiches. Ça m’a donné la volonté de prouver que j’étais capable de naviguer. Ça a été la Mini Transat. »
 

© DRVingt ans plus tard, la sociétaire du Yacht Club de Monaco a roulé sa bosse sur les océans et conservé le côté rustique des années 6,50. Avec une souplesse de danseuse classique, elle fait le grand écart entre ses multiples univers. Elle n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis, tout en portant du rouge aux ongles ;  elle peut se balader pieds nus sur les quais, et chausser des talons hauts dans les soirées de gala. Parler business devant un parterre d’entrepreneurs et s’engager dans des projets « à l’arrache ».

"Je me donne à fond pour ne rien regretter"

Elle est surtout infatigable. « Je fais de très nombreuses conférences pour parler de mon projet, je sollicite de nombreux rendez-vous. C’est aussi mon métier de skipper d’être disponible pour ce genre de choses. C’est en bougeant qu’on active son réseau, ses contacts, qu’on a des résultats. Je me donne à fond pour que les projets aboutissent et ne rien regretter. Si je cours tout le temps partout, c’est pour réaliser mon rêve ».

Sa base technique, elle l’a installée à Concarneau, chez Kairos, la structure de Roland Jourdain. Mais pour l’heure, c’est avec un budget a minima que débute l’aventure.

Avec les Monaco Globe Series, sa première course à la maison, « l’idée est d’embarquer avec nous le plus grand nombre de supporters », dit-elle.

Le modèle qu’elle défend est celui du « business club » et du financement collaboratif : créer un vaste réseau d’entrepreneurs avec comme mise de base, une somme très raisonnable. « Aujourd’hui, 30 sociétés françaises, monégasques et anglaises adhèrent au projet sur la base d’une participation de 3000 euros chacune. Nous essayons d’en trouver 300 pour couvrir le budget annuel du projet jusqu’au départ… à moins que je parvienne à trouver un partenaire principal. »

© DRDes oreillettes Bluetooth

Parallèlement, Alexia s’investit dans de nombreuses causes : l’environnement, les femmes, la santé et même les migrants, puisque son bateau devrait porter les couleurs de SOS Méditerranée pour sa qualification à la Route du Rhum Destination Guadeloupe cet été. « Je ne cherche pas à avoir une étiquette », précise-t-elle quand on évoque la multiplicité des messages qu’elle véhicule. « Je veux juste être un outil au service de différentes causes. Cela peut très bien être un ‘one shot’. L’objectif est de défendre un projet global autour duquel nous développerons de l’éducatif, du scientifique, du pédagogique. Nous souhaitons être un projet citoyen qui donne envie aux gens de réaliser leur rêve. Et dire qu’il n’y a pas besoin d’être le plus beau ou le plus fort pour y arriver ».

Récemment, elle a acheté des oreillettes Bluetooth pour pouvoir bricoler, faire du sport et parler en même temps au téléphone. Et non contente de travailler pour 2020, elle évoque déjà l’édition 2024. « Un jour je me calmerai, mais là, j’ai envie de faire tellement de choses que ce n’est pas le moment de ralentir. »

 

 

 

 
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