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Vendée Globe, une histoire européenne

Alex Thomson - Hugo Boss
© Mark Lloyd / Hugo Boss

Cette donnée nouvelle est particulièrement sensible hors des frontières de l’hexagone. Aucun skipper n’a la garantie de disposer d’une wild card juste parce qu’il a déjà participé au Vendée Globe précédent, qu’il dispose d’un bateau mais n’a pas le budget suffisant pour disputer les Vendée Globe Séries.

 

Alex Thomson, en tête de pont

Alex Thomson et son équipe sont actuellement très occupés. Le navigateur britannique vient juste de convoyer Hugo Boss depuis New York. De retour à Gosport, l’équipage a malgré tout aligné une journée à 540 milles. Sur le bateau avec lequel il a terminé deuxième du Vendée Globe 2016-2017, il revient d’une tournée promotionnelle au Canada et aux USA. New York, Boston, San Francisco, Montréal, Québec et Toronto ont ainsi pu bénéficier de la présence d’Alex à l’occasion d’un périple débuté dès les premiers jours de juin.

Malgré la tentation, la tentative de record de l’Atlantique en monocoque n’était pas à l’ordre du jour ; la preuve en est puisqu’il leur a fallu sept jours pour rallier le cap Lizard.

« Il ne faut jamais dire jamais rappelle Stewart Hosford, le directeur d’AT Racing, mais l’objectif premier d’Alex est actuellement la Route du Rhum qui sera sa dernière course sur ce bateau avant qu’il ne soit vendu. Il était hors de question de prendre le moindre risque. »

S’il est évident qu’aucun autre skipper IMOCA ne voyage autant autour du globe pour faire la promotion de son partenaire, ces tournées contribuent aussi à l’internationalisation du Vendée Globe, un des chevaux de bataille d’Alex. A ce titre, le navigateur voit d’un très bon œil la perspective de disputer la Volvo Ocean Race sur des IMOCA. « Alex a toujours voulu faire la Volvo. On est très excité à cette idée. Courir sur ces bateaux à quatre ou cinq devrait être quelque chose de grandiose », résume Hosford.

Le nouveau bateau d’Alex sera un plan VPLP, construit aux chantiers Carrington. « Construire ce bateau « à la maison » est porteur de sens pour nous. Cela va nous permettre d’être au plus près du suivi de fabrication » souligne Ross Daniel, directeur technique du team.

 

Jack Bouttell, barreur de Dongfeng aux côtés de Charles Caudrelier pendant la Volvo Ocean Race, se démène pour rapatrier son IMOCA, l’ancien Spirit of Canada, au plus vite en Europe. « Jack est bien conscient de la difficulté du processus de qualification demandé pour le prochain Vendée Globe. C’est pourquoi, il veut faire les travaux de rénovation de sa machine au plus vite pour être opérationnel ensuite. »

 

De l’Allemagne à la Suisse

En Allemagne, Boris Herrmann vient juste de boucler une traversée de l’Atlantique en course avant de convoyer son bateau de Hambourg à Monaco son port d’attache. A l’issue des Monaco Globe Séries, il s’est lancé dans une traversée de l’Atlantique en solitaire depuis Portimao au Portugal jusqu’aux Bermudes. Il a pu ainsi valider sa qualification pour la Route du Rhum. Boris restera quelques jours à Hambourg pour fêter le 150e anniversaire de son club de voile. Sont aussi programmées quelques opérations de relations publiques à Kiel de même qu’une opération de sensibilisation des jeunes à la protection des océans. Au final, Boris ressort confiant de son périple transatlantique : « J’ai énormément appris. Je suis convaincu que Malizia Yacht Club de Monaco est le bateau qu’il me faut pour le Vendée Globe 2020. Malgré un empannage chinois qui s’est soldé par un départ au tas avec le mât à l’horizontale, nous n’avons rien cassé, ce qui est de bon augure pour la suite. »

Jörg Riechers, autre coureur allemand entreprend, quant à lui, une refonte complète de l’ex Acciona au chantier Trimarine à Lisbonne. Au programme, une modification des ballasts et l’ajout de foils.

Après cinq mois de chantier, le Suisse Alan Roura a remis à l’eau le plan Finot Conq de 2007 avec lequel Bertrand de Broc s’était aligné au départ du dernier Vendée Globe. Il est en train de tester l’apport de ses foils à l’occasion de la Drheam Cup entre La Trinité sur Mer et Cherbourg.

 

Le réveil du dragon vert

L’Irlande est en plein boom. A l’initiative de Sir Keith Mills, le team Ireland Ocean Racing est né avec deux pointures pour encadrer son activité : Stewart Hosford comme manager général et Alex Thomson comme directeur. « L’objectif est de constituer une cellule de course au large. Peu importe de savoir qui courra le Vendée Globe de Joan Mulloy, Nin O’Leary, Conor Fogerty ou un autre. Alex et son équipe ont toujours veillé à aider les projets internationaux qu’il s’agisse de Kojiro Shiraishi, Ari Huusela ou Gutek, le skipper polonais en 2012. Il y a les moyens de monter une véritable équipe irlandaise, même si c’est compliqué de trouver des partenaires. Ici en Irlande, le sponsoring va plutôt au rugby, au football et aux sports gaéliques. Mais si on frappe aux bonnes portes, on devrait pouvoir y arriver… » note Stewart Hosford.

Joan Mulloy a déjà porté les couleurs de l’Irlande dans les Monaco Globe Séries et s’alignera cet été dans la Solitaire Urgo Le Figaro avant d’embrayer sur la Route du Rhum. Elle travaille en étroite collaboration avec Enda O’Coineen pour finaliser la refonte du Souffle du Nord, l’ancien plan Verdier de Thomas Ruyant, avec lequel elle est déjà qualifiée pour le Rhum. Elle entend d’ailleurs bien pouvoir continuer à courir les Globe Séries de manière à conserver toutes ses chances d’être au départ du Vendée Globe en novembre 2020. « Je sais que ce ne sera pas facile, mais je compte bien travailler dur, tant pour continuer à m’entraîner et naviguer que pour trouver l’argent qui me manque. Je veux mériter ma place sur la ligne de départ. Je ne m’attends pas à un quelconque passe-droit parce que je suis une femme ou parce que je suis Irlandaise. »

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