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Roura à l'heure pour la rentrée

Alan Roura, 2018
© La Fabrique

Alan Roura a bien rempli son cahier de vacances. Le bateau et le skipper se sont qualifiés pour la Route du Rhum Destination Guadeloupe, lors de la Drheam Cup, qui s’est déroulée en juillet et qui proposait un parcours de 736 milles depuis La Trinité-sur-Mer vers Cherbourg en passant par le Fastnet. Le skipper a terminé 6e une semaine à peine après la remise à l’eau du bateau, l’IMOCA60 La Fabrique, et malgré le handicap de ne disposer alors que d’un seul foil, l’autre ayant été livré avec un peu de retard. Prometteur.

Première échéance majeure, la Route du Rhum

Les partiels sont calés : ils se dérouleront à partir du 4 novembre entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre. Entretemps, le jeune Suisse aura passé un petit test intermédiaire lors du Défi Azimut, qui réunira, mi-septembre à Lorient, une bonne partie de la famille des IMOCA. Il y aura aussi eu quelques révisions toutes personnelles au large, sur un parcours qui devrait l’emmener de Lorient aux Açores en solitaire, avant un retour en équipage. Façon de se tester au grand air et d’éprouver les nouveaux réflexes que le « gourou » Tanguy Leglatin, qui supervise les entraînements des skippers de Lorient Grand Large, aura su lui faire ingérer en quelques semaines.

© La FabriqueA cet apprentissage de la navigation s’ajoute celui du bateau, considérablement modifié ces derniers mois. Le 12e du Vendée Globe 2016-2017 a racheté l’ancien MACSF, qui n’était pas allé bien loin autour du monde puisque Bertrand de Broc avait abandonné au bout de 13 jours de course, du côté de Fernando do Noronha, au large du Brésil. Mais l’histoire de ce monocoque commence bien avant. Le trait de crayon de l’architecte Jean-Marie Finot l’avait fait naître en 2007, pour l’édition 2008-2009, courue sous les couleurs de Brit Air et dans la main d’Armel Le Cléac’h, qui avait terminé 2e de l’épreuve. Puis il avait porté les couleurs de Votre nom autour du monde, en 2012-2013 avec Bertrand de Broc.

Ce qu’il a grandi, le p'tit Brit’Air !

Le bateau, qui jouit du joli surnom de « coffre-fort » pour sa robustesse, n’avait jamais trop évolué. Jusqu’à ce qu’Alan Roura et son équipe s’en emparent. « Je trouve idiot de ne pas offrir des vies supplémentaires à ces très bons bateaux nés en 2007, assène le skipper.  On a changé beaucoup de choses, puisqu’il ne reste plus d’origine que la coque, les safrans et la quille. On a tout rénové ». D’abord, il a fallu l’affubler de foils. L’architecte, David de Prémorel, et Michel Kermarec, grand spécialiste des appendices en carbone courbé, se sont confrontés sur le dessin. « Quand ils ont comparé ce qu’ils proposaient, il se trouve que leurs conclusions étaient très proches, ce qui est très rassurant, s’amuse le Genevois. On est donc parti sur un dessin de foils novateurs, plus typés que ceux qu’on a vus sur le dernier Vendée Globe et qui avaient plutôt le rôle de booster. Du coup, il a fallu adapter le bateau, et notamment renforcer la coque tout en l’allégeant, mais c’était déjà dans l’ADN du bateau d’origine ».

Ensuite, Alan Roura a demandé un bateau à sa main, et notamment une casquette suffisamment large pour qu’il puisse naviguer sans se mouiller - « je déteste ça ». Il a aussi voulu que les bouts ne passent plus par les côtés, mais par un tunnel central. Ce qui, entre autres avantages, présente l’intérêt de moins exposer le skipper. Qui révèle son ambition : « Je veux être performant sur le prochain Vendée Globe. Je me pose deux objectifs clairs : terminer dans le top 10, en moins de 80 Jours. Ce serait formidable. Pour cela, j’ai un bateau puissant et très véloce, mais sur lequel il n’y a pas de bouton « off ». Une fois qu’on est lancé sur les foils, qu’on a tout bordé, le bateau file vite. Il m’appartient maintenant de me mettre au niveau de ce bateau, techniquement et physiquement ».

La méthode des petits pas

Avec Tanguy Leglatin, Alan Roura va procéder par étapes. S’il s’est laissé une bonne année pour parvenir à maîtriser 100% des performances de sa monture, il espère dominer au moins 50% des paramètres au départ de la Route du Rhum Destination Guadeloupe. « On est dans un processus de progression logique. L’équipe qui m’entoure s’est densifiée, mais on est encore dans une dimension qui fait qu’on est une cellule de petite taille, avec ce que cela signifie d’enthousiasme et de proximité. Et puis nous recherchons toujours des sponsors qui viendraient en addition à La Fabrique, qui a pris des risques pour permettre à mon projet d’exister ». Un co-naming serait envisageable ? « C’est une option parmi d’autres, ce n’est pas l’important. Ce qui compte, c’est que j’aborde le sponsoring non pas comme une entrée d’argent, mais comme un feeling, qui doit naître avec des gens qui ont envie de construire une histoire commune, et qui veulent vraiment partager notre aventure ».

* Un partenaire prolonge
Prodis Security, qui accompagnait déjà La Fabrique lors du dernier Vendée Globe, a prolongé son partenariat jusqu’à la prochaine édition.

* Un film en VOD
Un peu plus d’un an après sa sortie en salle, après 30 représentations en présence d’Alan Roura, devant environ 6000 spectateurs, le film L’aventure au bout du rêve est disponible sur la plateforme Vimeo. Il est également toujours en vente sur le site Internet de La Fabrique.
https://vimeo.com/ondemand/alanrourafilm
https://www.lafabriquecornu.ch/fr/shop

 

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