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Route du Rhum, le temps des retrouvailles

Village Route du Rhum

Le grand brassage. Sur les pontons de la Route du Rhum Destination Guadeloupe, il n’est guère de marins qui peuvent faire plus de cinquante mètres sans entamer un brin de conversation avec, qui des amis rencontrés fortuitement, qui un autre navigateur solitaire. C’est aussi parfois l’opportunité de renouer des liens, voire de les entretenir.

 

En souvenir d’un sauvetage

A bord de Made in Midi, le Class40 de Kito de Pavant, remontent à la surface les souvenirs du Vendée Globe 2016, quand le navigateur de La Grande Motte avait dû abandonner son monocoque suite à une collision avec un cachalot. Par chance, le Marion Dufresne, le ravitailleur des terres australes, était en route depuis La Réunion vers l’archipel de Crozet. L’appel de détresse de Kito de Pavant était relayé jusqu’au Marion Dufresne, distant d’une soixantaine de milles. « Ce qui m’a le plus impressionné, raconte Thierry Dudouit, le Commandant du navire, c’est le calme de Kito. Nous sommes arrivés sur zone en début de soirée et j’ai jugé que les conditions de son sauvetage risquaient d’être scabreuses avec la tombée de la nuit. En conversation VHF avec Kito, il m’a tout de suite assuré qu’il pouvait tenir la nuit sans problème… » Et Kito de répondre dans un sourire : « C’était pour la forme… Dans la pratique, j’étais vraiment en colère de devoir abandonner mon bateau. » A bord, le passager clandestin involontaire s’est vu attribuer la plus belle cabine du navire, celle réservée au Préfet des Terres Australes. Une petite compensation pour atténuer la douleur d’avoir perdu son bateau et devoir faire toute la rotation : Crozet, Kerguelen, Amsterdam avant de revenir à La Réunion. « On a récupéré Kito le 6 décembre pour le déposer trois semaines plus tard à La Réunion », témoigne Thierry Dudouit. Depuis le Commandant du Marion Dufresne est revenu sur les porte-containeurs de l'armement CMA-CGM et Kito a délaissé l’IMOCA pour un Class40. Mais les liens qui unissent maintenant les deux hommes sont indéfectibles.

 

Rich Wilson, venu humer l’air du large

Le navigateur des Etats-Unis porte bien ses 68 ans. Après un premier Vendée Globe en 2008-2009, l’ancien professeur de mathématiques de l’université de Boston a décidé de remettre le couvert en 2016-2017. Quoi de mieux pour se remettre dans l’ambiance des grands départs que de venir faire un tour sur la Route du Rhum Destination Guadeloupe ? L’occasion pour ce marin discret de venir faire un tour sur les pontons, de constater les évolutions des monocoques du Vendée Globe. Sans oublier le plaisir de retrouver des têtes connues : « Je suis toujours impressionné de la chaleur que communiquent tous ces marins. Pour moi, c’est un vrai privilège de pouvoir les retrouver en toute simplicité. C’est là qu’on réalise que les traditions maritimes résistent bien au strass et aux paillettes. » Malgré deux Vendée Globe à son actif Rich Wilson n’a pas encore fait école aux Etats-Unis. " Il ne faut pas oublier que pour nombre de mes compatriotes, la mer est à des milliers de kilomètres. C’est pourquoi, durant mes Vendée Globe, j’ai toujours veillé à mettre en place des programmes éducatifs à destination des plus jeunes. Maintenant, il faudra aussi un changement des mentalités. Chez nous, la culture de la gagne est tellement forte que nombre de navigateurs n’envisagent pas de partir autrement que sur un projet de top niveau. " Mais la machine ne fait pas tout. "Engager un budget d’envergure signifierait qu’on est capable de rivaliser avec des Armel Le Cléac’h, Alex Thomson ou Michel Desjoyeaux. Je reste convaincu que la bonne démarche est celle d’un Alan Roura. Il est venu avec un vieux bateau, a démontré son talent et monte en puissance pour sa deuxième participation. Peut-être qu’une candidature US en IMOCA viendra d’un des marins qui courent actuellement en Class40… "

 

 

Kojiro Shiraishi, premiers contacts

On l’avait quitté défait de n’avoir pas pu boucler son tour du monde. Depuis, le navigateur japonais Kojiro Shiraishi a fait du chemin puisqu’il va pouvoir repartir à bord d’un bateau flambant neuf construit à partir du moule de Charal, le foiler de Jérémie Beyou. C’est un groupement industriel japonais très impliqué dans le sport qui va lui donner les moyens de changer de dimension. Pour donner un avant-goût à son partenaire de l’engouement que provoquent les grandes épreuves océaniques, quoi de mieux que de l’inviter à Saint-Malo au départ de la Route du Rhum ? Sitôt dit, sitôt fait, Kojiro a pu faire toucher du doigt à son futur sponsor, l'ambiance des grands départs.

 

Une affaire de famille

C’est devenu le sujet à la mode. Sam Davies (Initiatives Cœur) et Romain Attanasio (Pure Famille Mary ), unis dans la vie, vont courir tous les deux la Route du Rhum Destination Guadeloupe, chacun sur son monocoque. La situation est suffisamment inhabituelle pour provoquer l’engouement des journalistes de tous poils. « On a dû refuser des interviews, c’était devenu le sujet à la mode… » témoigne Romain Attanasio. « C’est d’une certaine manière injuste, parce que Sam a de réelles chances. Le sujet a tendance à phagocyter tout le reste au détriment de l’intérêt sportif de sa participation. Mais c’est aussi le jeu d’essayer de faire de la presse. Pour nos partenaires, c’est parfait… » Dimanche, c’est sur l’eau que jaillira la vérité.

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