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Ces anciens vainqueurs devenus coaches (partie 1)

C Cremer, PE Hérissé et A Le Cléac'h
© Martin Kéruzoré / Team Banque Populaire

Alain Gautier, de dame Ellen à Isabelle

L’histoire entre Alain Gautier et Isabelle Joschke commence en 2015. Le vainqueur du Vendée Globe de 1996 était déjà fort d’une expérience auprès d'Ellen Mac Arthur, quand il a pu rencontrer Isabelle Joschke sur le circuit Figaro. « On s’est retrouvé concurrents sur la Solitaire du Figaro en courant sous les couleurs du même partenaire, le groupe Generali. » Rapidement, Alain Gautier repère le potentiel de la jeune femme et c’est logiquement que l’idée de renouveler l’expérience de transmission de son savoir-faire germe. « Je gardais un souvenir fort de ma collaboration avec Ellen. L’idée de transmission est passionnante, car il s’agit de faire passer un savoir-faire, tout en sachant que la personne qui va le recevoir va forcément le transformer, l’adapter en fonction de sa personnalité. De plus, l’idée de travailler de nouveau avec une femme me plaisait bien. Avec Isabelle, on s’est vraiment mis autour d’une table fin 2015. Pour moi, c’était évident qu’Isa possédait un vrai talent au grand large. Quand elle m’a fait part de ses envies de Vendée Globe, on a décidé de monter un projet ensemble. » Chef de projet, Alain peut aussi faire part de son expérience, aider la navigatrice à progresser plus rapidement. « Aujourd’hui, les projets sont devenus si complexes que l’on peut rapidement se faire bouffer par tous les aspects technologiques comme de gestion… Isabelle a beaucoup d’atouts : elle est déterminée et très lucide sur les voies qu’elle doit suivre pour progresser. Je suis vraiment là pour qu’elle s’approprie la démarche, qu’elle gagne du temps en vue du Vendée Globe. » Pour autant, il ne s’agit pas de faire du skipper un simple pilote de course : « Avec Alain, réagit Isabelle Joschke, on est en phase sur le rôle de chacun. Il m’aide à structurer mon projet, il apporte son expertise technique et un certain recul. Mais, je reste maître de ma démarche. »

 

Armel Le Cléac’h, le frisson de la nouveauté

Pour Armel Le Cléac’h, brillant vainqueur de la dernière édition, l’aventure est encore d’une autre nature puisqu’il va s’agir de mettre le pied à l’étrier à Clarisse Crémer dont la carrière vient de connaître une accélération fulgurante puisqu’elle n’a débuté dans le monde de la course au large qu’en 2016. En partant de rien, Clarisse a su, à force de travail, se hisser à la deuxième place de la Mini-Transat 2017 en bateau de série. Reste que le défi proposé est d’un tout autre calibre, ce qui ne semble pas émouvoir Armel Le Cléac’h outre mesure : « On est dans une logique de projet d’une autre nature. L’objectif premier, c’est que Clarisse puisse terminer son Vendée Globe, qu’elle démontre qu’elle avait sa place au sein de la flotte. C’est la raison pour laquelle, on a décidé de partir sur un bateau simple et fiable (l’ancien SMA, sistership du Banque Populaire, deuxième du Vendée Globe 2012). On va donc pouvoir aider Clarisse dans tous les choix techniques. Il est bien évident que mon expérience de trois Vendée Globe va lui permettre de progresser rapidement. » S’il a déjà permis à de jeunes coureurs de faire leurs armes sur le circuit Figaro, c’est la première fois qu’il se lance dans un projet IMOCA. « C’est clair qu’on change d’échelle. Mais on dispose de temps, presque deux ans pour monter en puissance. Dans un premier temps, on va se concentrer sur la maitrise technique d’un IMOCA. On abordera ensuite les aspects complémentaires liés à la gestion de projet, à la projection de son rôle dans la durée d’un Vendée Globe… Clarisse est à la fois consciente et motivée, elle a beaucoup d’envie. A terme, je ne suis pas vraiment inquiet… »

Clarisse Crémer, quant à elle, ne s’est pas encore projetée totalement dans l’aventure du Vendée Globe. " Quand j’ai été contactée par l’équipe, j’avais déjà le projet de participer à la Solitaire du Figaro. J’ai trouvé correct vis-à-vis de mon partenaire initial de maintenir mes engagements. Et cela me donne un peu plus d’expérience avant d’attaquer le projet IMOCA. Reste que j’ai hâte : dès mes premiers contacts avec l’équipe, j’ai pu comprendre ce qu’était un grand team professionnel. C’est fascinant de voir à quel point tout est mesuré, calibré. C’est enthousiasmant de savoir que je vais apprendre à leur contact. Après, il y a encore du chemin à parcourir : me projeter en solitaire dans les mers du Sud, j’ai encore du mal..."

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