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Améliorer l’ordinaire

Photo sent from the boat Spirit of Yukoh, on November 14th, 2016 - Photo Kojiro ShiraishiPhoto envoyée depuis le bateau Spirit of Yukoh le 14 Novembre 2016 -  Photo Kojiro Shiraishi

En 2000, suite à son démâtage en plein cœur de l’océan Indien, Yves Parlier, une fois sa réparation de fortune effectuée au sud de la Nouvelle-Zélande, s’était trouvé confronté à une inconnue de taille. Aurait-il suffisamment de nourriture pour rallier les Sables d’Olonne ? Faute d’avoir prévu un matériel de pêche adéquat, le navigateur aquitain avait été contraint de se nourrir à base d’algues au prix d’une perte de poids impressionnante à son arrivée. Aujourd’hui, les concurrents du Vendée Globe ont tendance à prendre leurs précautions. A chaque zone traversée, les opportunités de pêche sont légions.

 

Les exocets attaquent

Ils arrivent le plus souvent sans crier gare. Les exocets ou poissons volants, sont redoutés des skippers du Vendée Globe. Quand le monocoque est lancé à pleine vitesse dans les alizés, il n’est pas rare que le skipper doive se protéger pour éviter de se prendre de plein fouet cette anomalie de la nature, un poisson ailé. La nuit, certains atterrissent sur le pont du navire et finissent parfois dans les bailles à bouts. Pour peu que le marin ne s’en aperçoive pas immédiatement, il sera alerté quelques jours plus tard par une odeur tenace qui durera bien longtemps après que l’intrus aura été jeté à la mer. Pour autant, certains navigateurs ont choisi de faire leur miel de cette pêche miraculeuse sous forme de fritures. Ceux qui ont testé la recette en gardent plutôt de bons souvenirs…

 

Alizés : bonites et coryphènes

Deux autres espèces sillonnent aussi ces eaux poissonneuses, les bonites et les dorades coryphènes. Les bonites, si elles sont moins nombreuses en Atlantique qu’en Méditerranée n’en sont pas moins fréquentes dans le sud de l’archipel des Açores où elles chassent en bancs. Les dorades les plus volumineuses peuvent dépasser le mètre de longueur et peser plus de 30 kilos. Pour ces deux espèces, une seule technique de pêche : la ligne de traîne. Certains skippers se disent prêts à l’utiliser : « on utilise bien un hydrogénérateur pour produire de l’électricité. Dans un cas comme dans l’autre, c’est un frein négligeable à l’échelle d’un Vendée Globe. »

 

Calmars intrusifs

Ils flottent généralement entre deux eaux et ce n’est pas rare que des navigateurs, retrouvent leurs tentacules coincés le long des appendices, dérives, foils ou safrans. Ici encore, c’est le hasard qui fera que les solitaires en rencontreront sur leur route. Une chance pour eux, les calmars géants qui peuvent atteindre jusqu’à 13 mètres de longueur sont essentiellement des habitués des fonds abyssaux et ne devraient pas interférer sur les routes des solitaires du Vendée Globe.

 

Mers du sud, le royaume de la légine

C’est sans aucun doute, le poisson le plus prisé de l’océan Indien et du Pacifique Sud. Les solitaires du Vendée Globe croiseront sa route aux abords des plateaux continentaux des îles australes des Malouines à Kerguelen ou Crozet. De belle taille (la légine peut atteindre plus de deux mètres), sa chair est particulièrement appréciée. De ce fait, c’est une espèce qui a été longtemps soumise au braconnage et sa pêche est aujourd’hui drastiquement règlementée. Pour les solitaires du Vendée Globe, la tentation est grande : une espèce à chair ferme qui se conserve longtemps, associée à une technique de pêche, la palangre, qui peut se décliner à bord. Néanmoins, pour éviter tout risque de confusion, les marins seront bien inspirés de faire une demande d’autorisation de pêche pour éviter d’être considéré comme contrebandier. Un chalutier du Honduras, l’Apache avait été ainsi arraisonné pour pêche illégale et dérouté sur le Port à La Réunion avant d’être confisqué. Une mésaventure qu’on ne peut souhaiter à aucun des solitaires du Vendée Globe !

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