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Giancarlo Pedote, un parcours singulier

Giancarlo Pedote
© François VAN MALLEGHEM / GIAN CARLO PEDOTE RACING

« J’essaye de ne pas m’encombrer de références inutiles. Je souhaite vraiment mener ma barque sans me sentir lié au parcours d’untel qui pourrait servir de point d’appui. J’ai toujours mené mes projets de cette manière, en veillant à rester indépendant. » Depuis maintenant plus de douze ans qu’il baigne dans le monde de la course au large, le navigateur italien a eu le temps de se forger une opinion sur ce qui faisait un projet abouti. Deux cycles de courses en Mini, une incursion dans le circuit Figaro, une saison en Multi50 aux côtés d’Erwan Le Roux, une Route du Rhum en Class40, son parcours éclectique lui a permis d’avoir quelques certitudes. « Déjà, j’ai une chance inouïe, celle de conserver le même partenaire le groupe Prysmian depuis mes débuts en course au large. Douze ans de fidélité, ce n’est pas rien. » Pour sa campagne Vendée Globe, c’est le même groupe spécialisé dans le transport d’énergie qui l’accompagne. « J’avais manifesté l’envie de participer au tour du monde, mais je savais l’investissement que ça représentait pour une entreprise. D’autant que, s’il n’était pas question pour moi de partir sur un bateau neuf, je souhaitais disposer d’une unité qui me permette de rivaliser sportivement. » La bonne nouvelle est venue, fin 2017, d’un coup de fil de son partenaire qui lui annonçait tout à trac qu’il avait décidé de le suivre dans cette aventure. « On avait évoqué la question, mais je n’étais pas certain qu’ils soient murs. La surprise en était d’autant plus forte… » Pour cette campagne à venir, le projet portera aussi les couleurs d’Électriciens sans Frontières, une ONG qui intervient dès lors que s’imposent des situations d’urgence partout dans le monde.

 

Préparation minutieuse

Pour le Vendée Globe 2020, Giancarlo disposera donc de l’ancien bateau de Jean-Pierre Dick, quatrième en 2016, que Yann Eliès a mené lors de la dernière Route du Rhum. Absolute Dreamer, l’écurie de Jean-Pierre, souhaitait vendre le bateau, mais avait d’ores et déjà garanti à Yann qu’il pourrait disputer le Rhum à son bord. « Bien sûr que j’aurais aimé pouvoir être présent au départ de Saint-Malo. Mais dans le même temps, on a pu bénéficier de temps pour préparer le projet, mettre en place une équipe solide. Courir le Rhum, c’était aussi prendre le risque de se présenter sans être vraiment prêt. J’aime bien faire les choses dans l’ordre. »Le navigateur italien peut se prévaloir d’une certaine expérience en la matière. Lors de sa deuxième campagne sur le circuit Mini de 2012 à 2014, il a pu disposer du temps nécessaire pour prendre en main son prototype, avec à la clé une deuxième place sur la Mini-Transat 2013 et une saison 2014 soldée par un grand chelem sur toutes les courses du circuit. A l’inverse son passage sur le circuit Figaro ne lui avait pas laissé que des bons souvenirs, faute d’un temps de préparation suffisant. « C’est frustrant de savoir qu’on n’a pas pu se préparer sportivement comme on le devrait… »

 

Pour gagner, il faut savoir terminer

Giancarlo Pedote compte sur l’expérience accumulée sur les différents circuits pour mener au mieux son projet IMOCA. En 2017, il s’est présenté au départ de la Transat Jacques Vabre aux côtés de Fabrice Amedeo, « une bonne manière d’acquérir une première expérience sur ce type de bateau… » Une fois l’acquisition de son monocoque finalisée, il s’est mis en tête de constituer son équipe et de trouver un local à Larmor Plage. « On a rencontré pas mal de monde. J’ai privilégié deux critères : la compétence technique et le feeling que je pouvais avoir avec la personne. On va vivre ensemble jusqu’à la fin du Vendée Globe, la dimension humaine est importante. » S’installer dans l’agglomération lorientaise lui permet aussi de bénéficier de l’expérience de Tanguy Leglatin, le coach de Lorient Grand Large. Les deux hommes se connaissent parfaitement et s’apprécient, un atout supplémentaire pour mener un projet performant. Début mars, Prysmian est sorti de chantier. A son bord, Giancarlo Pedote compte disputer toutes les courses des IMOCA Globe Series : Bermudes 1000 Race, Fastnet et Transat Jacques Vabre en 2019, les courses transatlantiques en solitaire en 2020. Petit à petit, le navigateur italien compte hausser le curseur de ses exigences. « L’objectif premier est de terminer les courses. Dès que je commencerai à mieux connaître le bateau, je pourrai décider d’attaquer. Le tout est de savoir conserver la bonne marge de sécurité. » En Italie, le projet de Giancarlo Pedote commence à faire parler de lui. Un atout supplémentaire pour la dimension internationale du Vendée Globe. 

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