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La belle de Sébastien

© Yann Riou - Polaryse / Arkéa-Paprec

Partie de Douarnenez le 9 mai, la Bermudes 1000 Race, première épreuve des IMOCA Globe Serie 2019 et la seule à se disputer en solitaire cette année, avait tout d’un bal des débutants. Sur les 17 partants, six n’avaient jamais couru en solitaire sur un monocoque du Vendée Globe. Or, ils ont été bons ces « bizuths », puisque quatre d’entre eux se classent dans le top 10. A commencer par Sébastien Simon qui s’arroge la victoire après 7 jours et 17 heures de course… Interview quelques heures après son passage de ligne à Brest.

 

Première course en solitaire en IMOCA et première victoire : que demander de mieux ?

Sébastien Simon :  «  Oui, je suis super content, je ne m’attendais pas à gagner, ni à gagner de cette manière - il était en tête au Fastnet après 40 heures de course - Je suis presque surpris, même si quand je pars sur l’eau, c’est toujours la compétition qui m’anime. Et je suis satisfait de la façon dont j’ai navigué. Bien que je ne domine pas totalement le bateau, j’ai quand même réussi à m’en extraire pour faire une belle navigation, tracer de belles trajectoires ».

Qu’as-tu appris de cette course, sur toi, sur ce type de bateau ?

SS : « Je connais ce type de parcours et ce format avec mon passé en Figaro, - il est vainqueur de la Solitaire du Figaro 2018 - mais au niveau de l’engagement physique, ça n’a rien à voir : un IMOCA, c’est dur ! A la moindre manœuvre mal appréhendée ou mal exécutée, la sanction tombe très vite et elle peut être lourde : un vrac ou la perte d’une voile. J’ai eu mon lot de soucis. Pourtant, je ne me suis pas préservé. Je me suis donné à 100%.

C’était ma première course en solitaire sur ce bateau et psychologiquement, c’est très différent du double ou du faux solo. Là, il faut prendre en permanence ses responsabilités. Si ça se passe mal, il faut savoir se débrouiller tout seul. Mais au final, je crois que c’est de cette manière que je m’exprime le mieux et que je me sens le plus à l’aise : quand je suis seul et qu’il n’y a personne pour me regarder ! »

Les deux transats, l’une avec Vincent Riou, l’autre en faux solitaire, c’était la bonne méthode ?

SS : « C’est sûr et certain. Il n’y a pas meilleur entrainement pour s’habituer à la vie à bord. Quand le bateau bouge, on est comme une grenouille dans une boite en carbone. Dormir, se changer, c’est compliqué. Les bruits du bateau sont assourdissants. Passer du temps en mer pour tenter de s’accoutumer à tout cela, c’est toujours plus efficace que des sorties à la journée. Quant à Vincent, il m’a très vite laissé mon autonomie. Dès notre arrivée à Cadix - départ de la tentative de record de la Route de la Déocuverte - il m’a laissé préparer le bateau seul avec l’équipe. Depuis le début, je suis là, j’engrange de l’expérience, je m’adapte, je suis le rythme que l’équipe m’impose et aujourd’hui, maintenant que j’ai passé du temps sur le projet et à naviguer, je peux aussi donner mon avis sur pas mal de points pour adapter le nouveau bateau à mes besoins et à mes envies. Le cockpit, par exemple, c’est moi qui l’ai dessiné. »

Où en êtes-vous avec votre nouveau bateau ? Quand la mise à l’eau est-elle prévue, quelle est la suite du programme ?

SS : « L’assemblage est quasiment terminé, on en est déjà à la peinture. La date programmée est autour du 12 juillet. Je suis confiant dans le timing, ça avance super vite. C’est une équipe de 34 personnes qui bosse dessus et ils font un boulot extraordinaire. Pour l’instant, on trouve ce bateau incroyable, nous sommes confiants dans les choix architecturaux et dans la qualité de construction qui est exceptionnelle.

Ensuite, l’objectif est de s’aligner sur la Rolex Fastnet Race au départ de Cowes le 3 août. On aura deux semaines pour mettre à l’eau, tout tester et être au départ. C’est un peu chaud, mais on fonctionne plutôt pas mal comme ça depuis le début ! Et puis cette première victoire a boosté tout le monde. Ensemble, on est capable de faire de grandes choses. »

 

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