Actualité

Clément Giraud : rapprocher Toulon de la Vendée

Team Fortil en navigation
© François Van Malleghem/Team Fortil

De la Mini-Transat aux équipages de TP 52, ces machines sophistiquées rassemblant quelques propriétaires régatiers fortunés pour des joutes au mètre près, Clément Giraud a presque tout connu. Équipier et préparateur modèle sur les trimarans ORMA, embarqué aux côtés de l’explorateur Sébastien Roubinet pour une découverte du passage du nord-ouest sur une sorte de catamaran de sport, il revendique cette accumulation de différents savoirs pour légitimer son envie de Vendée Globe. Rencontre avec un marin dont le parcours, s’il est atypique, ne manque pas d’arguments…© Hortense Hébrard/ Team Fortil

 

Sa première expérience de course au large

« Sans conteste, la Mini-Transat en 2005. J’avais racheté le prototype de Sébastien Roubinet, que j’ai retapé et amélioré moi-même. Faire la Mini-Transat t’apprend à devenir autonome dans toute une série de domaines. De ce que j’en sais, sur un Vendée Globe, on doit passer une bonne partie de son temps à bricoler, faire de l’entretien. Je pense que c’est aujourd’hui un de mes points forts. »

 

La philosophie du projet

« C’est un projet économe. On est une toute petite équipe, quatre personnes, mais on se sent tous très impliqués dans l’histoire. J’ai la chance d’être parfaitement entouré par des gens compétents et passionnés. Notre ligne de conduite, c’est de ne laisser personne de côté. Quelqu’un qui vient donner un coup de main, un partenaire qui s’investit quel que soit son niveau, tous sont bienvenus. Notre obsession tourne autour de ça. On se dit quotidiennement qu’il faut continuer d’avancer. Quelle que soit l’issue du projet, qu’on réussisse à aller au bout ou pas, cette histoire nous aura fait grandir. »

 

Le plus difficile

« Ce n’est pas tant la navigation à bord d’un IMOCA, c’est juste une question de taille et d’anticipation. Le plus compliqué, c’est le changement de statut qu’implique cette aventure : je passe de navigateur au large à chef d’entreprise. Cela veut dire : veiller à respecter la philosophie du projet, gérer le quotidien, continuer de chercher des fonds complémentaires pour poursuivre l’aventure. Le tout en simultané. »© François Van Malleghem/Team Fortil

 

Les ambitions sportives

« Il faut en avoir. Je sais que je dispose d’un bon bateau (l’ex PRB de Vincent Riou en 2008, devenu Akéna Vérandas, puis Initiatives Cœur). Je ne vais pas prétendre jouer les premiers rôles, mais je tiens à tenir mon rang en milieu de tableau. Jusqu’ici, on est plutôt dans les clous. Et je reconnais que j’aime bien cette idée de monter mon projet avec cette nécessaire prise en compte de tous les paramètres. Je ne suis pas certain que je serais très à l’aise dans une très grosse écurie. J’ai parfois le sentiment que les marins y sont cantonnés de plus en plus à une fonction de pilote. »

 

Les relations avec les autres concurrents

« Quand on vient du Sud de la France, qu’on arrive à Lorient, on a le sentiment de basculer dans un autre monde. On a l’impression que tout y est dédié à la course au large. Ceci dit, on a reçu un accueil très bienveillant des autres équipes. C’est peut-être dû au fait qu’on a cette volonté de rester humble, que c’est sur l’eau qu’on essaye de faire nos preuves. D’être à Toulon, c’est difficile car on ne bénéficie pas de la dynamique commune à toutes les équipes de course au large. D’un autre côté, on n’est pas influencé, ça permet de tracer son chemin. »

 

Un projet « made in Toulon »

« Cette dimension régionale est essentielle pour moi. Si notre histoire permet de faire monter une certaine culture du large chez les jeunes du coin, au sein des entreprises locales, on aura gagné. On sent qu’il existe une véritable demande : la semaine dernière, en quatre à cinq jours, on a pu faire naviguer à tour de rôle près de 300 personnes sur le bateau. 300 personnes qui vont pouvoir raconter ce que c’est de naviguer à quinze ou vingt nœuds sur un voilier de cette taille, qui vont devenir des ambassadeurs du projet. En ce sens, on contribue à rapprocher Toulon de la Vendée ! »

Snap code

Retrouvez-nous sur Snapchat
vendeeglobe2016