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Alan Roura (La Fabrique), le plus rapide sur l'Atlantique Nord

La Fabrique, record Atlantique Nord
© Arnaud Pilpré / Studio Marléa

« Alan considère que le meilleur moyen de se préparer au prochain Vendée Globe est d’accumuler des milles à bord de son bateau dans sa nouvelle configuration. Le record procède de cette logique… » Julien Villion, qui a suivi le routage du navigateur en collaboration avec Gwénolé Gahinet a pu constater combien Alan était au point, même si les planètes se sont bien alignées pour cette tentative : « Il faut toujours un peu de réussite. On savait que le record était à portée si Alan parvenait à se maintenir dans les temps dans les six premiers jours de course. A l’époque, Marc Guillemot avait souffert pour boucler les derniers milles. Là, on a pu accrocher une nouvelle dépression qui a donné le coup de fouet pour les dernières heures de course… » Pour Julien Villion, il fallait aussi que l’équipe technique de La Fabrique ait pu mettre au point un bateau préparé aux petits oignons.

 

Un record en deux temps

Pour s’approprier le record, Alan Roura avait bien préparé son affaire. Un convoyage aller jusqu’à New York mené par une partie de l’équipe technique et Sébastien Audigane, son futur coéquipier pour les courses en double de 2019. Puis, un stand-by qui ne s’est pas éternisé en saisissant la première opportunité venue. Le choix d’Alan et de ses routeurs fut de partir en amont d’un système dépressionnaire qui s’installait sur les côtes orientales de l’Amérique du Nord et d’essayer de naviguer le plus longtemps possible en avant du front. Il fallait ensuite accepter de traverser une petite dorsale avant de finir sa route porté par une deuxième dépression jusqu’à la ligne d’arrivée entre Ouessant et le cap Lizard.

Durant toute la tentative de record, le skipper de La Fabrique a constamment veillé à maintenir une vitesse moyenne élevée, sans jamais repousser les limites du bateau. Finir avec un voilier en bon état était une des meilleures garanties de battre le record.

 

Sous pression permanente

Reste que pour battre un tel record, il faut accepter de lutter contre un adversaire invisible, le maitre des horloges. Dès lors, la tentation est forte, soit de baisser les bras, soit de vouloir forcer la machine au-delà du raisonnable. « Heureusement, j’étais en contact permanent avec mes deux routeurs qui gardaient la tête froide. Ils ont vraiment su m’écouter, me conseiller, c’était un véritable travail d’équipe… » témoigne Alan Roura. De cette tentative, le jeune navigateur solitaire rapporte une job-list conséquente : « quand on pousse le bateau dans ses limites, on a forcément un peu de casse. Jamais rien de rédhibitoire, mais ça veut dire qu’on est en permanence en train de faire du bricolage, un parfait entraînement pour le prochain Vendée Globe. » Ce record valide surtout les changements apportés au bateau grâce à la mise en place des foils qui modifient radicalement son comportement.

Après cette tentative remportée de haute lutte, Alan Roura va faire un arrêt express à Falmouth pour récupérer son équipe technique avant un convoyage retour sur Brest puis Lorient où l’équipe procèdera à quelques réparations avant le Fastnet. « Une chose est certaine, je vais passer l’essentiel du convoyage à dormir… »

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