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Fastnet : les enjeux et les forces en présence (part1)

Sam Davies et Paul Meilhat
© Initiatives-coeur

Un départ de Fastnet est toujours spectaculaire. C’est devant les pelouses impeccables du Royal Yacht Squadron que la ligne de départ est mouillée, cap à l’ouest vers les roches des Needles qui marquent la fin du chenal du Solent et le début de la haute mer. Au sein des quelque trois cents bateaux au départ, les vingt-et-un IMOCA engagés joueront leur propre partie, avec à la clé, l’acquisition de précieux milles dans la course à une éventuelle sélection au prochain Vendée Globe (si l’on compte plus de 30 candidats au 1er novembre, date limite des candidatures).

 

Un sprint hauturier

Ce sera la plus courte des courses des IMOCA Globe Series. Cet aller-retour entre les côtes d’Angleterre Sud et la pointe sud-ouest de l’Irlande s’avère souvent comme particulièrement technique. Depuis l’île de Wight, il faut tout d’abord longer les côtes du Devon et de la Cornouailles anglaise où certains caps emblématiques (Start Point, cap Lizard) peuvent provoquer des passages à niveau pour peu que le courant s’en mêle. Les forts coefficients de marée (104 et 103) peuvent créer des écarts importants si le petit temps est au rendez-vous. La remontée vers le phare du Fastnet depuis la pointe occidentale de l’Angleterre se fait le plus souvent contre les vents dominants et demande une bonne analyse stratégique pour jouer avec les prévisions météo. Le plus souvent, la descente du Fastnet vers Plymouth s’apparente, quant à elle, à une course de vitesse où il ne faut rien lâcher…

 

Forts de leur capital, ils sont sereins

Ils ont pu boucler la Route du Rhum, ont embrayé sur la Bermudes 1000 Race. Forts de leur avance dans la course aux milles, ils peuvent envisager le Fastnet avec sérénité, d’autant que la course ne rapporte que peu de points. Courue en double, le total des milles parcourus devra être divisé entre les deux équipiers, soit un capital maximum de 300 points. Ils sont quatre à avoir bouclé la Route du Rhum Destination Guadeloupe et la Bermudes 1000 Race. Forts de cet avantage, Boris Herrmann (Malizia – Yacht Club de Monaco), Damien Seguin (Groupe Apicil), Manuel Cousin (Groupe Setin) et Stéphane Le Diraison (Time for Oceans) peuvent partir sereins. Pour eux, la Rolex Fastnet Race devrait être avant tout l’occasion de peaufiner leurs automatismes avec leur coéquipier dans la perspective de la Transat Jacques Vabre.

Quatre autres concurrents partent sans aucune pression : Louis Burton (Bureau Vallée 2), Arnaud Boissières (La Mie Câline Artipôle), Fabrice Amedeo (Newrest – Art et Fenêtres) ainsi qu’Alan Roura (La Fabrique), nouveau recordman sur l’Atlantique, peuvent se targuer d’avoir terminé le dernier Vendée Globe. Ils sont donc sélectionnés d’office sous réserve d’avoir bouclé une transat comme parcours de qualification.

 

Conforter sa position

S’ils n’ont pas pu participer à la Route du Rhum, la Bermudes 1000 Race leur a permis de se constituer un capital de 2000 milles. Boucler le Fastnet leur permettrait de faire fructifier ce petit avantage sur la concurrence. Giancarlo Pedote (Prysmian Group) et Yannick Bestaven (Maître CoQ) voudront poursuivre dans la continuité de leur belle performance entre Douarnenez et Brest où ils avaient terminé respectivement troisième et deuxième. Sam Davies (Initiatives Cœur) qui avait fini au pied du podium sera sans doute partagée entre son envie de montrer qu’il faudra compter sur elle à l’avenir et une légitime prudence. Maxime Sorel (V & B) devrait être confronté au même dilemme. Pour tous ces concurrents, les conditions météo risquent d’être déterminantes : qu’elles soient maniables et chacun voudra pousser les feux de sa machine. Que le vent vienne à monter, comme c’est possible au mois d’août en mer d’Irlande, et l’on pourrait voir certains lever le pied pour s’assurer de boucler le parcours. Denis Van Weynberg (Eyesea) devrait, quant à lui, continuer d’assurer à son rythme pour garnir sa cagnotte de quelques milles supplémentaires.

 

Pour d’autres concurrents, cette Rolex Fastnet Race sera une sorte de baptême du feu. Tests de nouvelles unités ou démarrage de campagne, la course est une belle opportunité de prendre date avant la grande échéance de 2019, la Transat Jacques Vabre. Tour d’horizon de leurs ambitions la semaine prochaine.

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